Les îles de Saint-Pierre et Miquelon vont-elles intégrer la bulle Atlantique ?

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©Werner Koehler / Licence CC

Dans un courrier daté du 1er avril adressé au préfet, le président de la collectivité territoriale, Bernard Briand défend l’intégration de Saint-Pierre et Miquelon à la "bulle Atlantique". Une idée qui a fait réagir au-delà des frontières de l’archipel, chez nos voisins canadiens.

Êtes-vous d’accord pour que Saint-Pierre et Miquelon intègre la bulle Atlantique ? C'est la question posée par le journal local terre-neuvien VOCM, sur ses réseaux sociaux. En quelques heures, la publication a récolté plus de 300 réactions, et les avis divergent. Beaucoup, adhèrent. Pour des raisons économiques d’abord. Depuis mars 2020, et la suspension des liaisons maritimes et aériennes entre Saint-Pierre et Miquelon et Terre-Neuve, l’économie touristique des deux territoires est à l’arrêt.

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Le maire de Fortune, Charles Penwell s’était déjà montré favorable à cette intégration, en octobre dernier. Le Consul général de France à Moncton lui avait opposé une fin de non-recevoir. Aujourd’hui, cette intégration est une solution d’urgence économique pour certains Terre-Neuviens.

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D’autres lecteurs pointent les risques sanitaires. Ouvrir la bulle reviendrait à laisser une nouvelle porte d’entrée au virus. Formée au début de l’été 2020, elle devrait de nouveau englober les provinces de Terre-Neuve et de Nouvelle-Écosse, le Nouveau-Brunswick, ainsi que l'Île du Prince-Édouard à partir du 19 avril prochain, selon Radio Canada. La "bulle Atlantique" est en fait un espace de libre circulation, où la quatorzaine stricte n’est plus en vigueur.

Réactions locales

À Saint-Pierre et Miquelon, la demande de la collectivité fait également réagir. Un point cristallise les débats. Dans son courrier, Bernard Briand affirme qu'une telle intégration ne se fera pas sans concessions : "afin d'assurer une protection quasi-totale des citoyens de la bulle", l’archipel devrait se doter de nouvelles mesures sanitaires, comme l’application d’une "quatorzaine stricte" pour les voyageurs venant de métropole et de Montréal.

En majorité, les "anti" bulle Atlantique s’inquiètent pour les étudiants de l’archipel, mais aussi pour la diaspora qui profite des vols direct de l’été pour retrouver leurs proches. Certains s’interrogent : devront-ils endurer quatorze jours de confinement au profit d’un espace de libre de circulation ?

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A contrario, les partisans de l’intégration soulignent, à l'instar des Terre-Neuviens, les bénéfices économiques liés au tourisme. D’autres regrettent de ne plus pouvoir se rendre dans leurs résidences secondaires ou auprès de leur famille.

Les explications de Raphaëlle Chabran :

 

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