Un comité de vigilance pour les communes du nord de Martinique exposées au risque volcanique de la montagne Pelée

catastrophes naturelles
Volcan de la Pelée
Vue du sommet de la montagne Pelée. ©Jean-Marc Kennenga

Depuis son passage au seuil d’alerte jaune, les communes proches du volcan de la Pelée s’interrogent sur l’éventualité d’une nouvelle éruption. Comment protéger les populations le cas échéant ? Une question débattue ce mercredi 6 janvier 2020 entre les élus en première ligne.

Le 5 décembre 2020, le premier seuil d’alerte jaune a été activé par le préfet de Martinique et des scientifiques de l’IPGP (Institut Physique du Globe de Paris). Ces derniers ayant observé les semaines précédentes plusieurs séismes sous-marins sur le site ont donc pris les devants, même si "ce ne sont pas les signes précurseurs d’une éruption" ont-ils souligné lors d’une conférence de presse, afin de dissiper toute psychose.

Saint-Pierre, Morne-Rouge et Prêcheur sous la menace

 

C’est dans ce contexte que les villes de Cap Nord très directement concernées (Saint-Pierre, Morne-Rouge, et Prêcheur en première ligne) proposent la création d’un "comité de vigilance" composé d’élus, de représentants d’associations martiniquaises qui œuvrent déjà dans le domaine de la culture du risque et de l’écologie, de collectifs citoyens martiniquais et de scientifiques.

Cet espace permettrait d’exercer un véritable contrôle citoyen et des élus sur l’activité de surveillance du volcan et sur l’efficience des décisions qui pourraient être prises dans une situation de crise, notamment par l’Etat (…).

Il favoriserait un vrai dialogue qualitatif avec les représentants de l’Etat et ceux de l’IPGP.

(Marcelin Nadeau – maire du Prêcheur)

 

Le premier magistrat écologiste du Prêcheur qui avait déjà lancé la réflexion dans un courrier rendu public le 6 décembre 2020, propose également la mise en place d’un "pôle martiniquais de développement des connaissances sur les risques naturels en général et sur les phénomènes géologiques et volcaniques en particulier".

Comité de vigilance du volcan de Martinique
Les élus de Cap Nord et leurs invités réunis au Millénium du Morne-Rouge, pour la mise en place du comité de vigilance du volcan (6 janvier 2021) ©Patrice Chateau-Degat

Les "retombés touristiques" du volcan

Il importe d’avoir un véritable dispositif autonome d’observation du volcanisme relevant du type péléen mais également des rivières dites de la Pelée, de leurs crues torrentielles et plus particulièrement de leurs lahars, potentiellement dévastateurs.

(Marcelin Nadeau)

 

Enfin, Marcelin Nadeau considère que "ce pôle scientifique pourrait être également un excellent axe de développement du Nord avec ses retombées touristiques. Il favoriserait l’émergence d’un tourisme basé sur la culture scientifique en relation avec tous les risques auxquels notre pays est exposé. Ainsi, nous ferions de notre apparente faiblesse, notre force."

Toutes ces propositions sont donc soumises à l’appréciation des autorités et de la Communauté d'Agglomération du Pays Nord Martinique (Cap Nord) et pas seulement le Prêcheur, le Morne-Rouge et Saint-Pierre. Cette dernière baptisée ville d’art et d’histoire a vu sa population décimée le 8 mai 1902 lors de la plus meurtrière explosion du volcan martiniquais, qui a fait au moins 30 000 victimes.