Woulo Matinino encourage la sélection martiniquaise (1/5)

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Portrait 1/5 Woulo Matinino
Les supporters de Woulo Matinino se déplacent avec la sélection, comme ici en République Dominicaine. ©WOULO MATININO
À l'occasion de la Coupe du Monde, nous vous proposons une série de portraits de passionnés de football local. Gros plan aujourd'hui sur Woulo Matinino, l’association des supporters de la sélection de la Martinique.
Ils suivent comme leur ombre les joueurs de la sélection de Martinique de football. En tout cas, ils essayent d'être présents à tous les matchs. "Quand elle joue en Martinique, c'est bien plus facile. Davantage de monde peut venir", explique Christian Jean-Laurent, le président de Woulo Matinino. Pour les rencontres à l'extérieur, "les gens font l'effort sur leurs propres deniers. En tant que président, j'ai fait le choix de ne pas demander de subventions parce que j'estime que l'argent public n'a pas à financer les loisirs des privés".

Pour voyager, il faut donc s'organiser. Surtout que ces supporters ne bénéficient pas de tarifs de groupes.

Comment s'organiser ?


République Dominicaine, Suriname, Barbade... Le dernier voyage en date était aux États-Unis lors de la Gold Cup 2017. Un tel séjour coûte beaucoup d'argent. "Pour l'édition 2013 et les 11 jours de compétition, j'avais dépensé plus de 4 000 euros", calcule Edouard Angély, le secrétaire de l'association.

Source d'informations


Woulo Matinino compte aujourd'hui une soixantaine de membres. Mais à leurs débuts, il y a huit ans, ils étaient une dizaine. "À l'occasion de la Coupe du Monde de 2006 en Allemagne, nous avions constaté qu'il y avait un déchirement entre les pro-Brésiliens et les pro-Français. On s'est dit, "C'est un peu bizarre, on a une sélection, on a un pays. Pourquoi les gens se déchirent pour des sélections qui ne sont pas de la Martinique ?", se souvient Christian Jean-Laurent.

Au fil des années, l'association est devenue une source fiable d'informations. Elle possède un compte sur Facebook, qu'elle pourrait transformer en page avec, pourquoi pas, une chaîne Youtube. En attendant, elle actualise régulièrement son profil. Il est question de la sélection masculine mais aussi des femmes et des jeunes."Nos joueurs jouent dans des clubs, lorsque nous pouvons relayer des informations sur le championnat martiniquais, nous le faisons", précise Christian Jean-Laurent.

Remplir les stades


"Ce qui nous intéresse, c'est constituer un réseau pour que l'information circule le plus possible", ajoute Édouard Angély. À l'heure actuelle, Woulo Matinino collabore avec le site Globall Foot et la web TV, CVC Foot. Elle compte aussi sur le soutien de la Ligue de Football.

"Vous ne pouvez pas aimer quelqu'un que vous ne voyez pas", Christian Jean-Laurent, le président de Woulo Matinino.


Mettre en avant le football martiniquais, c'est le leitmotiv de l'association qui veut attirer le public dans les stades. "Je suis optimiste. Par rapport à d'autres époques, ça progresse. Il y a un peu plus de personnes qui viennent. Lors du match qualificatif pour la Gold Cup face à Trinidad, le stade était bien rempli", se rappelle le président de Woulo Matinino.

"Il n'y a pas suffisamment d'images autour de la sélection et des joueurs eux-mêmes"
, estime Édouard Angély. "Il faudrait aussi plus de matchs", ajoute Christian Jean-Laurent. Si la sélection ne joue pas, c'est difficile de mobiliser les gens, pour les fidéliser. Pour supporter la sélection, il faut se sentir impliqué et pas seulement venir voir les matchs pour un moment de détente. Il faut la voir plus souvent. Vous ne pouvez pas aimer quelqu'un que vous ne voyez pas". Cela tombe bien. Avec la nouvelle compétition, la Ligue des Nations de la CONCACAF, la Martinique jouera régulièrement. Trois matchs officiels sont d'ores et déjà prévus entre septembre et novembre 2018.
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