Climat : la Communauté du Pacifique fait le bilan et dénonce des manquements

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Climat : la Communauté du Pacifique fait le bilan et dénonce des manquements
©NC1ère/ Claude Lindor/Archives
En pleine COP 26, la Communauté du Pacifique a pointé lors d'une conférence de presse les manquements aux promesses faites par les pays développés envers les pays en voie de développement dans cette lutte contre le réchauffement climatique. Zoom.

Alors que les principaux chefs d'État sont réunis à Glasgow pour la 26ème conférence sur le climat, les pays du Pacifique continuent d'en payer lourdement les conséquences. À l'occasion d'une conférence de presse à la Communauté du Pacifique, des responsables de la CPS pointent les manquements aux promesses faites sur les financements promis aux populations pour lutter contre les effets dévastateurs de ces changements climatiques.

Un gouffre entre les promesses et actes

À l’image de Simon Kofé ministre des Affaires étrangères des Tuvalu, les pays du Pacifique tentent d’alerter le monde sur la réalité du changement climatique. Mais quel peut bien être le pouvoir de moins de 10 millions d’habitants, responsables d’à peine 0.03% d’émission de gaz à effet de serre sur des décisions planétaires ? Pour la Communauté du Pacifique, l’accès aux financements climatiques représente un enjeu. Dans ce domaine comme ailleurs il y a un gouffre entre les promesses et les actes. 

Il y a une insuffisance des pays riches à fournir l'assistance qu'ils avaient promis aux pays en voie de développement pour leur permettre de mettre en oeuvre leur politique climat, tant pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre que pour mettre en place des projets d'adaptation aux changements climatiques - qui permettent de limiter les impacts attendus du changement climatique dans ces pays.

Anne-Claire Goarant, chargée de projet au changement climatique à la CPS 

Au-delà des sommes annuelles : 100 milliards de dollars, 10 000 milliards de francs CFP promis et jamais octroyés, c’est l’accès à ces fonds climat qui questionne. "Aujourd’hui, monter un projet pour le fonds vert pour le climat, c'est trois ans de procédure et il y a urgence, donc les pays du Pacifique n'ont souvent pas les capacités pour monter de tels projets", précise Anne-Claire Goarant, chargée de projet au changement climatique à la CPS. 

Les territoires non-indépendants du Pacifique eux ne sont pas éligibles à ces fonds. Ils peuvent néanmoins compter sur le projet  Protège et autre initiative Kiwa, près de 10 milliards de francs CFP sur 4 ans pour lutter contre les effets climatiques. Projets axés sur le développement durable et la coopération régionale.

C’est un projet qui vise à renforcer l'intégration des territoires dans la région donc à les faire travailler avec les pays de la région et également entre eux. Pour autant, on a une grosse partie de l'enveloppe qui est dédiée à des actions territoriales voire locales sur le terrain, des actions très concrètes et opérationnelles.

Peggy Roudaut, chef de projet "Protège"

Comme ce projet d’élevage d’holothuries à Touho ou l’adaptation aux changements climatiques de l’agriculture, la pêche ou la préservation des réserves en eau potable.

Un reportage de Bernard Lassauce et Claude Lindor : 

©nouvellecaledonie