L'épidémie de Covid-19 met les crèches et les parents en difficulté

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Au village de Koné, l'Epo de Natira s'est adapté pour accueillir les enfants dans les meilleurs conditions de sécurité. ©Brice Bachon
Les cas de Covid-19 dans les crèches entraînent des pertes financières pour ces dernières. Suivant le protocole sanitaire, des salles entières ferment et les structures d'accueil doivent rembourser les parents dont les enfants sont confinés. Les faire dépister n'est pas aisé non plus.

Les parents sont remboursés si leur enfant se retrouve isolé à la maison après avoir été en contact avec un cas positif de Covid-19 dans une crèche. Ce qui entraine des pertes financières pour les structures d'accueil de la petite enfance. D'autant que, comme l'a confirmé le gouvernement, ce mercredi 19 janvier, les clusters s'y multiplient. Et faire tester les tout-petits n'est pas une sinécure.

"Si nous avons un cas positif chez les enfants, ou des cas contacts même chez les employés, nous devons fermer une salle entière, où il y a 10 à 20 enfants", confirme Claudia Jeandot, présidente de l'UPPE (l’Union des professionnels de la petite enfance), qui représente 54 crèches dans tout le pays. "On doit demander aux parents de reprendre leurs enfants, d'aller les tester et de les mettre en isolement. Ensuite, on rembourse les parents (…) C'est une perte sèche", fait valoir la président de l'UPPPE.

Peu de professionnels pour tester les tout-petits

Il est d'ailleurs déjà arrivé que toute une structure ferme, sur décision des services concernés, suite à la présence d’un cas positif de Covid-19. Prévus dans le protocole sanitaire, les tests antigéniques à réaliser sur les tout-petits ne sont pas faciles à mener.

"Ce sont des tests qui sont invasifs, douloureux, car dans le nez, et beaucoup de professionnels ne les pratiquent pas sur les enfants de moins de 3 ans", affirme Chloé Lincoln, directrice adjointe de la crèche Oboulaba. "Nous avons des enfants qui vont dans certaines structures dès l'âge de 3 mois. Beaucoup de pharmacies ne pratiquent pas non plus les tests et cela devient le parcours du combattant pour les parents de trouver un professionnel", poursuit-elle.

J'ai beaucoup de parents qui ont été en difficulté pour trouver un espace où faire tester leur enfant

Chloé Lincoln, directrice adjointe de la crèche Oboulaba

La situation est d’autant plus difficile pour les professionnels de la petite enfance, qui ne bénéficient pas d’aide financière. Toutefois, la question fait l’objet de discussion avec le gouvernement, selon l'UPPE. En novembre 2021, la seule crèche de Païta, pourtant soutenue par la province Sud et le gouvernement a ainsi dû mettre la clé sous la porte.

Retrouvez l'entretien réalisé par Marguerite Poigoune :

Chloé Lincoln, directrice adjointe de la crèche Oboulaba