Les violences conjugales battent des records en Nouvelle-Calédonie

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Féminicide
Collage, rue de Metz, en bas du Palais de justice de Nouméa. ©Coralie Cochin / NC la 1ère
A l’échelle nationale, la Nouvelle-Calédonie est le territoire ultra-marin le plus touché par les violences au sein du couple. Trois femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints, depuis le début de l’année. Une étude nationale sur les morts violentes au sein du couple vient de paraître.

Selon l'étude nationale sur les morts violentes au sein du couple, publiée par le ministère de l'Intérieur et des Outre-mer, le nombre de morts violentes au sein du couple a augmenté dans les territoires ultra-marins, entre 2020 et 2021. L’alcoolisation au moment des faits y est très présente, et c’est bien ce dénominateur commun que l’on retrouve dans les affaires calédoniennes.

D’après Yves Dupas, procureur de la République, l’auteur des faits a consommé de l’alcool dans 80 % des procédures pour violences conjugales. Une circonstance aggravante qui n’est pas la seule.

Ecoutez-le plus amplement, au micro de Lizzie Carboni :

Une société calédonienne "à forte dimension patriarcale"

"En Nouvelle-Calédonie, ce que nous avons constaté, c'est effectivement, sur certaines procédures domestiques ou conjugales, l'usage d'armes à feu. C'est d'ailleurs la raison qui nous a conduits à procéder à la perquisition systématique au domicile des auteurs de violences conjugales, justement pour rechercher ces armes et les saisir. Cela pour, bien évidemment, assurer la protection des victimes", explique le représentant de la société.

Mortes par arme à feu ou sous les coups de leur conjoint, les femmes sont les premières victimes de ces actes. Et pour le ministère public, c’est en partie un problème de société.

La société calédonienne a une forte dimension patriarcale, où l'égalité hommes-femmes est peu intégrée. Elle est en devenir et il y a, sur ce plan, et notamment par rapport aux jeunes générations des efforts à engager.

Yves Dupas, procureur de la République

Quelque 30 % des gardes à vue liées aux violences conjugales

Un point que dénonce également Valentine Holle, membre du collectif Femmes en colère. Pour elle, le travail de l’égalité doit se faire dès l’enfance. "Il faut faire évoluer notre culture. Les enfants ont besoin d'avoir une éducation par rapport au respect des uns et des autres. Les problèmes de violence, il faut les prendre en compte, à l'école, à partir de la maternelle", estime-t-elle. "Il faut que les enseignants aient une formation spécifique à cela". En Nouvelle-Calédonie, les violences conjugales représentent 30 % des gardes à vues réalisées en 2021.

Un détenu sur cinq du Camp-Est

Depuis le début de l'année, trois femmes sont mortes sous les coups de leurs conjoints, sur le Caillou. Au Camp-Est, un détenu sur cinq l’est pour des violences conjugales. La dernière, assistante de vie scolaire, a été retrouvée morte dans son lit, le 10 août, à Bourail. En Polynésie française, la situation n'est pas plus reluisante. Une quinquagénaire est décédée, le 29 août, à Bora-Bora. Elle aurait été victime de violences de la part de son compagnon.

Retrouvez, ci-dessous l'enquête nationale sur les morts violentes au sein du couple :