Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie : comment doivent se dérouler les discussions sur l'avenir institutionnel ?

Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, avant sa rencontre avec le président du gouvernement Alcide Ponga, le lundi 24 février 2025.
C'est le cœur de la visite du ministre des Outre-mer en Nouvelle-Calédonie. Mercredi et jeudi, Manuel Valls va tenter de rassembler tous les acteurs politiques du pays autour de la table. Mais avant cela, il va présenter sa méthode devant les élus, au Congrès ce lundi.

"Je crois qu’il y aura tout le monde lors de cette plénière qui fixera la méthode." Dimanche soir lors de son entretien accordé à NC la 1ère, le ministre des Outre-mer n'a pas caché son optimisme quant à la réunion de ce lundi après-midi au Congrès de la Nouvelle-Calédonie, à Nouméa.

Au programme, la présentation d'une méthode de travail devant les membres qui composaient les différentes délégations présentes à Paris en janvier dernier, avant de nouvelles bilatérales, dans la foulée, pour d'éventuels éclaircissements. Avec cette "plénière de méthode", le ministre espère arriver à de réelles négociations mercredi et jeudi.

Mais qui sera présent autour de la table pour ce qui doit enfin ressembler à des discussions tripartites : Etat, loyalistes et indépendantistes ?

Des loyalistes présents...

Les membres de l'alliance Loyalistes-Rassemblement annoncent leur présence. Sonia Backès, élue au Congrès dans l'Intergroupe Loyalistes, l'a encore réaffirmé devant Manuel Valls samedi après-midi au Mont-Dore, lors d'une passe d’armes avec le ministre à Plum.

Même tendance pour le Rassemblement. "Nous l'avons dit au ministre, les bilatérales, c'est fini ! Dorénavant, ce seront des discussions plénières ou rien !", avait lancé Virginie Ruffenach, présidente du groupe politique au Congrès, lors d'une réunion publique organisée par les non-indépendantistes.

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... moins de certitudes côté indépendantistes

En revanche, la situation est moins claire du côté des indépendantistes. Pour Emmanuel Tjibaou, chef de file de la délégation FLNKS à Paris, il est d'abord important que le ministre clarifie sa méthode. "On a des formats de discussions différentes à chaque nouveau gouvernement depuis Jean Castex, commente celui qui est aussi député de la seconde circonscription de la Nouvelle-Calédonie. La suite des discussions dépendra donc beaucoup de ce que Manuel Valls dira."

Le FLNKS se réunira ensuite ce mardi pour arrêter une position pour d'éventuelles négociations.

Pour la délégation UNI, la présence aux négociations est prévue confirme ce lundi matin Jean-Pierre Djaïwé, membre de la délégation UNI à Paris. Mais pour lui, "il est important que tout le monde soit là".

Aujourd'hui, si on veut un accord, il est important que les trois parties soient présentes : Etat, indépendantistes et loyalistes. C'est le seul moyen d'avoir un consensus solide, comme on l'a connu avec les accords de Matignon et l'Accord de Nouméa.

Jean-Pierre Djaïwé, membre de la délégation UNI

Pour ce qui est du contenu des discussions, "l'élément fondamental ce sont les nouveaux liens avec la France", pose Jean-Pierre Djaïwé. Tout en rappelant l'importance de définir "un nouveau contrat social" ajoute-t-il.

Les membres des délégations non-indépendantistes Les Loyalistes et Rassemblement, mettent en avant deux points, rappelés dans une lettre envoyée au ministre des Outre-mers avant sa visite. Le maintien "sans équivoque" de la Nouvelle-Calédonie au sein de la République "dans le respect du processus démocratique d'autodétermination", comprenez le respect des résultats des trois référendums. Il demande aussi une révision "des compétences gérées localement par les provinces".

Quel calendrier ?

Quant au calendrier, il devra aussi être présenté par le ministre aujourd'hui. Si le premier ministre François Bayrou avait défini le 31 mars comme horizon pour trouver un accord, Manuel Valls s'est montré plus souple. "Je n'ai pas de date butoir," a-t-il déclaré dimanche soir sur NC la 1ère.

Nous prendrons le temps nécessaire, mais le temps presse aussi. Parce que s'il n'y a pas d'accord avant le 31 mars, sans principe, il peut peser un risque sur les provinciales.

Manuel Valls, ministre des Outre-mer

Manuel Valls a mis en garde contre un échec des discussions : "S'il n'y a pas d'accord politique, s'il n'y a pas une perspective claire, il n'y aura pas les investissements économiques". "Et puis les braises de la violence sont toujours là. Il pourrait y avoir à ce moment-là de nouveau des affrontements, une forme de guerre civile", a encore redouté l'ancien Premier ministre.