Pourquoi les chiffres des cas de dengue restent bas

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Dengue

Depuis quelques semaines, les cas de dengue sont en très légère hausse. Entre janvier et début avril, on recense 61 cas, dont six hospitalisations. Mais ces chiffres restent très bas, comparés aux années d’épidémie. 

Même si un cas de dengue, c’est toujours un cas de trop, les chiffres de la Dass sont plutôt encourageants avec 61 cas recensés depuis le premier janvier, dont 37 de type 2. Par comparaison, en 2019, le pays comptait plus de 3900 cas
Depuis deux saisons chaudes, la Nouvelle-Calédonie n’a pas connu d’épidémie, alors que cet été encore les pluies ont largement arrosé le territoire. 

Evolution cas de dengue entre le 1er janvier et le 8 avril 2021
Evolution cas de dengue entre le 1er janvier et le 8 avril 2021 ©DASS-NC
  • L’effet Wolbachia

Première piste pour expliquer cette tendance : les lâchers de moustiques porteurs de la Wolbachia qui ont cours depuis presque deux ans sur Nouméa.  
Une bactérie qui réduit leur capacité à transmettre le virus.  
« Sur les quelques cas de dengue qu’on a à Nouméa où Wolbachia est bien installée, on n’a pas de transmission entre les individus. C’est à dire qu’on détecte un cas de dengue isolé mais on ne détecte pas de cas de dengue qui arrivent par la suite du fait d’une transmission entre le premier cas et les cas suivants » explique Nadège Rossi, chef de projet du World Mosquito Program. « Ça nous donne en tous cas une indication du fait que les moustiques porteurs de Wolbachia jouent leur rôle actuellement ».   
 

World Mosquito Program. Dengue
©Coralie Cochin
  • Une population immunisée

Autre facteur : la population calédonienne est de plus en plus immunisée contre la dengue de type 2, qui sévissait ces dernières années. 

L'an dernier déjà, Myrielle Dupont-Rouzeyrol, responsable Unité de Recherche et d’Expertise Dengue et Arboviroses de l’Institut Pasteur NC, mettait en avant cette hypothèse. « La dengue 2 circulait déjà depuis deux ans, depuis 2018. Donc on peut penser qu’on était en fin de courbe épidémique et que la population était déjà assez immunisée pour permettre au virus de s’éteindre naturellement » expliquait-t-elle alors. 

Larves moustiques Wolbachia. Dengue
Des larves et nymphes de moustiques infectés par la bactérie Wolbachia ©Coralie Cochin
  • L’effet Covid

Mais plus surprenant, un virus peut en chasser un autre. Ou tout au moins, indirectement. 
« En mars 2020, on a eu la fermeture des frontières. Il faut savoir que les épidémies de dengue en Nouvelle-Calédonie, elles démarrent souvent par des cas importés de dengue. Là, ça n’a pas pu avoir lieu ni en 2020, ni en 2021 du fait de la situation sanitaire (liée au Covid, ndlr), à une période qui est propice normalement à l’explosion des cas de dengue » souligne Nadège Rossi.

  • Un programme qui pourrait s’étendre 

Le World Mosquito Program pourrait s’étendre aux communes limitrophes, si les financements suivent.  

A Nouméa, il aura accompli sa mission d’ici à la fin de l’année. Au total, ce sont près d’une dizaine de millions de moustiques porteurs de la bactérie Wolbachia qui auront été relâchés en deux ans, dans les rues de la capitale.  

Répartition géographique des cas de dengue entre le 1er janvier et le 8 avril 2021
Répartition géographique des cas de dengue entre le 1er janvier et le 8 avril 2021 ©DASS-NC

Retrouvez ci-dessous les consignes à suivre en cas de dengue :