Présidence du Congrès : le Rassemblement parle de "chantage" et compte maintenir sa candidate

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Thierry Santa interviewé en avril 2021.
Thierry Santa interviewé en avril 2021. ©NC la 1ere
Alors que le camp non indépendantiste espère l'unité, à quatre mois du référendum, l'élection du bureau au Congrès met à jour les dissensions. Accusé par les autres partis de refuser un compromis, le président du Rassemblement contre-attaque en parlant de "chantage" et en ciblant Calédonie ensemble.

Seul contre tous ? Le Rassemblement-Les Républicains pointé par les autres composantes du groupe Avenir en confiance au Congrès, au soir du lundi 26 juillet. Les Républicains calédoniens et le MPC ont décrit une série de propositions négociées entre partis non indépendantistes, et ont exhorté Thierry Santa à les accepter "en retirant la candidature de Virginie Ruffenach". Une injonction appuyée par Calédonie ensemble et Générations NC. 

Le président du Rassemblement a eu la réponse cinglante, ce mardi. "Ce soit-disant compromis diffusé par tous les autre partis (…) n'est pas un compromis, c'est un chantage", a-t-il déclaré dans la matinale radio de NC la 1ere. "L'objectif unique est de faire élire la candidate de Calédonie ensemble." Pas question d'entériner ce principe de tandem sur deux ans, donc. 

"Respecter les équilibres"

Thierry Santa l'assure, "mon seul objectif est de faire en sorte qu'une Loyaliste soit élue à la tête du Congrès parce que je considère que c'est ce que les Calédoniens ont décidé". Et d'évoquer le poids de l'AEC dans l'hémicycle, avec ses dix-huit élus, censés appuyer la candidate de son mouvement, face aux six membres CE.

"Il faut respecter les équilibres démocratiques", argumente-t-il. "La présidence doit revenir à un Loyaliste. La vice-présidence, ou la commission permanente, à Calédonie ensemble. Et je n'oublie pas l'Eveil océanien puisqu'on a besoin de leurs trois voix. Eux aussi, il faut les intégrer dans cette répartition des responsabilités."

"On est dans une mascarade"

Le président du Rassemblement est allé plus loin, ce matin. "Je vais voter Non le 12 décembre prochain à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, et aujourd’hui, d’une certaine manière", a-t-il formulé, "je dis Non aux manipulations, à l’irrespect des populations calédoniennes, au détournement démocratique. A toutes ces méthodes qui n’ont pas lieu d’être." 

"Faux prétexte"

L'invité de la matinale n'a pas hésité à parler de "diktat" et de "mascarade". "J'en appelle à la responsabilité de tous les élus loyalistes", a dit Thierry Santa. "Il faut garder à l'esprit le pourquoi de notre élection. On a été élus sur cette liste AEC contre la politique menée par Philippe Gomès. On ne peut pas l'oublier sous un faux prétexte, juste parce que, soit disant, cette présidence du Congrès va bouleverser le résultat du référendum."

Je demande à mes collègues loyalistes de ne pas se laisser embarquer par les sirènes de la division. Il n'y en a qu'un qui a intérêt à diviser les Loyalistes, c'est Philippe Gomès. 

Thierry Santa, président du Rassemblement-Les Républicains

 

En fin de journée, c'est la première concernée qui s'exprimait publiquement sur le sujet. "Demain, ma candidature à la présidence du Congrès sera déposée", a confirmé Virginie Ruffenach sur Facebook, en expliquant longuement ses raisons.