Eboulement à Katiramona : la situation n'a pas évolué, le maire de Païta en colère

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©Caroline Antic-Martin

Depuis le 7 février, soit trois mois et demi après que la route a été coupée sur cette portion de la RT1, le maire de Païta Willy Gatuhau ne cache pas sa déception et sa colère. Les travaux n'ont toujours pas été réalisés. 

Sur la commune de Païta, la RT1 est fermée depuis début février, à hauteur du col de Katiramona, à la suite d'un glissement de terrain, survenu après le passage de la dépression tropicale Lucas. Depuis, rien n'a bougé : 150 000 m3 de terre se trouvent toujours au milieu de la chaussée. La police municipale patrouille toutes les six heures pour vérifier l’évolution de l’éboulement. Willy Gatuhau, le maire de la commune, craint que cette montagne de terre glisse et se déverse dans la rivière de Katiramona... touchant ainsi "la centaine de familles, située en aval."

Mairie et gouvernement se renvoient la balle

En avril 2021, le maire a signé un arrêté pour autoriser les travaux qui devaient démarrer une quinzaine de jours plus tard... sauf que rien n'a été entamé. La faute à une histoire de compétences. Entre le gouvernement et la mairie, chacun se rejette la balle.

Pour Willy Gatuhau, c'est le gouvernement qui est compétent pour entreprendre les travaux. Il se dit déçu qu'aucune suite ne soit donnée après plusieurs séries de réunions. "Je reçois une première position de la Nouvelle-Calédonie, une note juridique qui m'explique que parce que le péril est grave et imminent, c'est de la responsabilité de la commune", explique-t-il.

Une estimation a été faite de 954 millions. J'apprends par cette note que peut-être la RT1, c'est de la compétence d'une commune... C'est extraordinaire, je n'ai pas été informé de ce changement, au niveau de la législation.

Willy Gatuhau

Le maire de Païta souhaite une position claire et précise de la part des élus du gouvernement sur la question.

Willy Gatuhau, maire de Païta

 

Le reportage de Caroline Antic-Martin et Claude Lindor.

 

Plus de trois mois de galères

Pour de nombreux administrés, la situation au col de Katiramona ne manque pas de leur compliquer la vie et de rallonger tous les trajets de plusieurs dizaines de minutes. "Comment je peux continuer à accepter qu'un gamin de la commune de Païta, soit obligé de quitter le matin sa commune, faire 45 minutes de trajet... pour revenir dans sa commune pour être scolarisé ?", s'insurge le maire. La portion de route barrée est située à proximité de la carrière Menaouer. Il faudra plusieurs mois de travaux avant un retour à la normale de la circulation.