Route coupée à Païta : les acteurs du dossier se renvoient la responsabilité du chantier

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Paita éboulement
Eboulement dans le col de Katiramona, en mars 2021, suite au passage de la dépression Lucas. ©NC la 1ère
Quatre mois et demi que la RT1 est impraticable au niveau du col de Katiramona, côté Païta, suite aux glissements de terrain survenus après la dépression Lucas. Le chantier à mener bute sur le financement et la question de la responsabilité.

Les travaux ne semblent pas près de commencer, sur la RT1, dans le col de Katiramona. Pourtant, les quelque 150 000 mètres cubes de terre qui ont glissé sur la chaussée, à partir du 7 février, posent un problème de taille aux automobilistes qui veulent passer de Dumbéa à Païta. Ils sont contraints de passer par la voie express, au grand désarroi des riverains. Seule éclaircie, la route de Nakutakoin est désormais rouverte à la circulation.

Le gouvernement pointe le propriétaire

Les opérations de confortement et de dégagement sont évaluées à un milliard de francs. Et la situation cristallise les divergences entre les différents acteurs du dossier, concernant la responsabilité du chantier. Pour le gouvernement, l’éboulement provient d’un terrain privé situé au-dessus de la route territoriale. Les travaux reviennent donc au propriétaire foncier, ou sont de la compétence de la mairie qui a l’autorité en matière de sinistre. 

Le propriétaire renvoie à la création de la route

L'exécutif du pays a d’ailleurs déposé plainte contre Xavier Cevaër, le-dit propriétaire, qui s'exprime pour la première fois sur cette affaire. Gérant de la société qui exploite le site, il renvoie à l'ouverture de la RT1. "Le premier responsable, c'est le territoire", estime-t-il. "Quand, il y a cinquante ou soixante-dix ans, ils ont décidé de faire une servitude sur la propriété, on n'était pas encore propriétaires. Ils ont coupé la propriété pour faire cette route-là et la RT1, et ils ont coupé totalement la montagne." 

"Et ils nous attaquent, nous, au tribunal, considérant qu'ils font une expertise pour vérifier si on n'est pas quelque part responsables", poursuit Xavier Cevaër. "A nous de la payer parce que c'est notre propriété qui est tombée sur la route. C'est hallucinant."

Ce n'est pas les deux plateformes qu'on a faites en hauteur qui ont pu avoir une incidence.

Xavier Cevaër, propriétaire du terrain incriminé

 

La mairie veut un arrêté sans clause financière

Du côté de la municipalité, le maire doit signer un arrêté pour déléguer la maîtrise d'ouvrage au gouvernement. Mais sous certaines conditions, insiste-t-il. "Cette convention sera modifiée. Je vais l'amender", annonce Willy Gatuhau. "La Nouvelle-Calédonie traite aussi les conditions financières dans lesquelles cette convention devait être signée. C'est-à-dire que la mairie de Païta devait payer et participer à hauteur de 200 millions." 

Quels que soient les arguments avancés par les uns et les autres, la commune n'a pas la capacité financière pour mettre la participation qui lui est demandée par la Nouvelle-Calédonie.

Willy Gatuhau, maire de Païta

 

Une solution via l'Etat ?

Il annonce être entré en contact avec l’Etat pour tenter de sortir sa ville de cette impasse. De son côté, le gouvernement a précisé, vendredi 25 juin, avoir donné son accord pour le financement des travaux à hauteur de 800 millions.

La Nouvelle-Calédonie ne peut pas engager cette participation financière, ni déclencher de travaux sur tout le périmètre du sinistre, sans un cadre légal dont la mise en place dépend d’une décision de la mairie.

Communiqué du gouvernement 

 

Un sujet épineux qui s'est invité jusqu'au Congrès lundi 28 juin, où il a été soulevé par le président de l'Eveil océanien Milakulo Tukumuli, élu municipal de Païta. 

La semaine prochaine, cela fera cinq mois exactement que la RT1 est bloquée au niveau du col de Katiramona et cinq mois donc que la mairie de Païta et le gouvernement se renvoient la responsabilité des travaux à réaliser pour libérer la chaussée. Dans l'attente, les usagers exaspérés ont lancé une pétition. 
Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry