Province Sud : les requins-tigres et bouledogues bel et bien retirés de la liste des espèces protégées

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Requin-tigre, image d'illustration
Requin-tigre, image d'illustration ©Laurent Vigliola / IRD
Modifier le code de l'environnement pour retirer les requins-tigres et bouledogues de la liste des espèces protégées : la décision, déjà débattue et toujours clivante, a été adoptée ce mardi par le bureau de l'assemblée provinciale Sud. Enjeu : la pêche de ces squales mis en cause dans les attaques.

La décision a été adoptée par le bureau de l’assemblée provinciale mardi 26 octobre. Retirer les requins-tigres et les requins-bouledogues de la liste des espèces protégées en province Sud, en modifiant son code de l’environnement.

L’argumentaire est redonné dans le compte-rendu de cette réunion : il s’agit de squales, est-il écrit dans le communiqué, "qui sont en voie de prolifération et ne sont pas classés internationalement sur la liste des espèces menacées d’une part, et qui représentent une menace pour la vie humaine et d’autres espèces protégées (tortues, requins nourrices, dugongs…) d’autre part".

Evoqué dans l'hémicycle provincial 

Une décision clivante, mais attendue. Le sujet était encore débattu le mercredi 20 octobre, cette fois en assemblée de province. L’enjeu : que ces requins mis en cause dans plusieurs attaques récentes en Nouvelle-Calédonie fassent l’objet d’une pêche autorisée. Et pas seulement de façon ponctuelle et dérogatoire

Pour

Selon la présidente Sonia Backès, les tigres et les bouledogues, protégés depuis plusieurs années, ne sont plus en danger d’extinction. Par ailleurs, les faits divers des derniers mois justifient les "prélèvements automatiques", comme on dit. 

Avant 2013, on a eu deux attaques en Nouvelle-Calédonie : une en province Nord en 2007, une en province des Îles en 2011. Depuis 2013, depuis que ces espèces sont protégées, on a eu 23 attaques, dont seize en province Sud, notamment ces deux dernières années.

Sonia Backès, présidente de la province Sud 


Contre 

Les opposants aux "prélèvements" déplorent ces attaques et les victimes qu'elles ont causées. Mais estiment que les études scientifiques ne justifient pas une telle réouverture de la pêche. "Que nous disent tous les scientifiques qui ont été consultés ?", pose Nina Julié de Générations NC. "Qu’il n’y a aucune étude, dans toutes les études menées, qui prouve que pêcher les requins va baisser le risque. Au contraire."

Ça risque d’augmenter la probabilité de rencontre avec un requin parce qu’il va y avoir une pêche, et pour pêcher les requins, il faut les appâter.

Nina Julié, porte-parole de Générations NC


Ecoutez aussi la voix des associations environnementales opposées à cette décision, à travers l'association Sea Shepherd.

Les requins-tigres et bouledogues retirés des espèces protégées

 
Un dossier sensible qui ne manquera pas de revenir dans l’hémicycle de la province, et de susciter à nouveau de très vifs débats.