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Quel impact ont les nouveaux prix de l'alcool sur les achats des Calédoniens?

En cette période des fêtes, la hausse des prix appliqués aux boissons alcoolisées a-t-elle un impact sur les achats des Calédoniens ? La question se pose, après la mise en place de la TGC et d’un plan d’actions destiné à lutter contre la surconsommation d’alcool. 

Image d'illustration. © NCla1ere
© NCla1ere Image d'illustration.
  • Loreleï Aubry, Cédrick Wakahugnème et Cédric Michaut, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le
L’alcool se vend-il aussi bien que d'habitude à cette période? Non, répondent plusieurs cavistes à mi-chemin entre Noël et le Nouvel an. Des commerçants qui évoquent une baisse de plus ou moins 20% dans leur chiffre d’affaires par rapport à 2017. Entre-temps, les boissons alcoolisées ont connu un double phénomène de hausse. D'abord en début d'année. Ensuite avec l'entrée en vigueur de la TGC qui taxe une partie d'entre elles au taux maximal de 22% depuis le 1er octobre
 

Faire changer les comportements

Objectif de la double augmentation: faire changer le comportement des Calédoniens, pour prévenir la surconsommation d’alcool qui impacte à la fois leur santé et leur sécurité. Un exemple: l’écrasante majorité des accidents de la route est le fait d’une conduite en ébriété. De quoi rapporter au passage environ 4,5 milliards CFP à l'Agence sanitaire et sociale.
 
© NC la 1ere
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Consommer moins cher

Une telle politique a fait bondir les prix de l'alcool de 35% en moyenne sur un an. Alors, à défaut de consommer moins, il semble que les Calédoniens consomment moins cher. «Ça induit des changements dans les comportements», constate Pierre Gayraud, directeur d’un magasin de vins et spiritueux à Nouméa. «Il y a des gens qui ont réduit leur budget sur les alcools et les spiritueux. Il y a des gens qui sont passés à d'autres types de consommation, qui ont abandonné peut-être les spiritueux pour se reporter sur le vin. Ou abandonner le champagne pour aller sur des crémants, plus accessibles.»
 

Seuils de prix

En parlant de champagne, «on a l’exemple de cette bouteille qui était à 2990 F et qui se retrouve à 3590 F. La barre des 3000 F est passée, les gens recherchent des produits en-dessous.» Autre exemple: «Sur les vins, on a le même phénomène. Des vins qui étaient en dessous de 10 000 F, des grands crus de Bordeaux, passent cette barre», poursuit le caviste en évoquant un Château Giscours désormais tarifé au-delà de 11 000 F.
 
Pierre Gayraud, directeur d'une cave nouméenne. © NC la 1ere
© NC la 1ere Pierre Gayraud, directeur d'une cave nouméenne.
 

«Deux types de clientèle»

Même son de cloche dans une autre boutique, du Motor-Pool. Elle enregistre une bonne fréquentation de clients, mais une baisse significative sur les ventes de spiritueux. Notamment les whiskies premiers prix, passés après la TGC de 3000 F à plus de 7000 F. «Nous avons deux types de clientèle, estime la responsable, Nathalie Di Martino. Celle avec des revenus confortables, qui va acheter moins mais reste sur la même qualité. Et celle qui a des revenus un peu moins confortables, et va essayer de regarder au plus bas prix.»
 

Et la bière?

En grande surface, toutefois, on affirme - hors caméra - que la hausse globale des prix sur l’alcool n’a pas modifié les habitudes des clients. Les achats de bière, en tête des ventes, auraient même progressé de 30%. Rappelons que la TGC s'applique aux bières brassées localement à un taux de 3%.

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