Quelles sont les conséquences du budget a minima, cinq mois après la chute du gouvernement ?

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Les conséquences du budget à minima, cinq mois après la chute du gouvernement
On fait le point sur le budget à minima de la Nouvelle-Calédonie 5 mois après la chute du gouvernement. ©Dave Waheo-Hnasson & Philippe Kuntzmann
De nombreux investissements sont suspendus et le gouvernement ne lance aucun chantier depuis.

Une attente qui pose de nombreux problèmes. Cinq mois après la chute du 16e gouvernement, le budget propre de la Nouvelle-Calédonie arrêté par l'État en avril s'élève à 82,5 milliards de francs CFP. Un montant a minima qui a des conséquences sur le développement économique, social et politique de la Nouvelle-Calédonie.

En clair, aucune nouvelle dépense n'est réalisée, aucun nouvel investissement n'est établi : le territoire ne paie que les dépenses obligatoires et essentielles pour assurer le service public. Et le gouvernement ne lance aucun nouveau chantier. Avec les dépenses d'équipements par exemple, on passe notamment de 8 à 4 milliards de francs CFP d'investissement cette année.

Avec le budget arrêté par l'État, on a des obligations juridiques sur l’investissement et les opérations commencées, telles que le musée de la ville, le nouveau pont de la Dumbéa. Nous avons aussi de nombreuses opérations qui n’ont pu être retenues, comme la requalification du site de Gaston-Bourret ou la rénovation des équipements sportifs autour du vélodrome et stade de Magenta.

Yoann Lecourieux, membre du 16e gouvernement en charge du budget et des finances

 

Les dépenses non-essentielles retirées du budget

Il a fallu opérer des arbitrages sur la partie fonctionnement. Des dépenses non-essentielles ont été retirées du budget, comme par exemple la réduction de 800 millions francs CFP sur les dépenses de direction et de 500 millions francs sur la masse salariale. Résultat : la Nouvelle-Calédonie ne pourra pas effectuer tous les recrutements cette année. Il faudra geler certains postes ou recruter une personne sur quatre. La Fédération des fonctionnaires craint du coup une détérioration du service public. 

Il y a une inquiétude sur la qualité du service public. Moins d'effectifs pour effectuer les mêmes missions, ce n'est pas possible. On travaille beaucoup sur la productivité mais on va vite atteindre les limites.

David Meyer, secrétaire général de la Fédération des fonctionnaires

 

Le budget a minima prend en compte les dépenses Covid jusqu’au 31 octobre 2021, ce budget consacre également 5 milliards de francs pour le Ruamm. Un montant insuffisant puisque le déficit de ce régime est estimé à 12 milliards de francs cette année. Toutefois, ce budget a minima pourra toujours être modifié dès que le 17ème gouvernement sera en exercice. 

Regardez l'analyse de Dave Waheo-Hnasson et Philippe Kuntzmann