Les 100 jours sans gouvernement résumés en 7 dates clés

gouvernement de nouvelle-calédonie
L'entrée du gouvernement calédonien, mardi 2 mars.
L'entrée du gouvernement calédonien, mardi 2 mars. ©Coralie Cochin / NC la 1ere

La Nouvelle-Calédonie est dépourvue de gouvernement de plein exercice depuis la démission de ses membres indépendantistes le 2 février. Le 16e exécutif gère les affaires courantes et le 17e se fait attendre... Une période d'immobilisme passée par plusieurs étapes. 

Cent jours et aucune éclaircie à l'horizon. En échouant de nouveau, mercredi 12 mai, à élire un président pour son gouvernement, la Nouvelle-Calédonie a prolongé l'impasse institutionnelle dans laquelle se trouve le territoire depuis maintenant trois mois. Retour sur les dates principales qui ont marqué ces 100 derniers jours. 

  • 2 février : la chute controversée de l'exécutif

Les 5 membres indépendantistes du 16e gouvernement démissionnent au début du mois de février. Le départ des représentants de l'UC et de l'UNI provoque la chute de l'exécutif en place depuis dix-huit mois. Une décision qu'ils justifient par une "dynamique institutionnelle en panne", des discussions interrompues avec l'Etat et un "niveau d'écoute, d'attention et d'expertise" qui a changé au niveau du gouvernement français.

Les réactions sont vives : une "politique de la terre brûlée irresponsable et dangereuse", fulmine L'avenir en confiance, un "coup d'Etat des indépendantistes" aux yeux de Générations NC et une preuve de "l'incapacité politique de L'avenir en confiance de créer le choc de confiance sur lequel il s'était engagé", affirme Calédonie ensemble.

  • 17 février : une égalité surprise UC-UNI et un premier échec à l'élection du président

Sur convocation du président Rock Wamytan, les 54 élus du congrès procèdent à l'élection des 11 membres du 17e gouvernement. Une élection qui donne la majorité aux indépendantistes, comme attendu. Mais la surprise vient de la répartition des sièges : deux voix de plus que prévu se reportent sur l'UNI et lui donnent trois sièges sur les onze, à égalité avec l'UC. 

Le même jour, à 18 heures, les nouveaux membres sont convoqués par le Haut-commissaire pour élire le président à la majorité absolue. Louis Mapou pour l'UNI et Samuel Hnepeune pour l'UC sont à égalité de voix, trois partout. Par ailleurs Thierry Santa draine quatre voix pour L'avenir en confiance et Calédonie ensemble s'abstient. L'élection est reportée.

  • 2 mars : deuxième tentative d'élection et nouvel échec

Un mois après la chute du précédent gouvernement, le Haut-commissaire convoque de nouveau les onze membres élus du 17e gouvernement pour une deuxième tentative d'élection du président. Chaque parti campe sur ses positions, et chaque candidat recueille trois (UC), trois (UNI) et quatre (AEC) voix. Un statu quo qui laisse planer le spectre de la mise sous tutelle de l'Etat. Sans gouvernement d'ici à la fin mars, c'est lui qui établira le budget 2021. Les indépendantistes se veulent alors rassurants.

Au niveau du FLNKS et avec nos amis du Palika, on poursuit les discussions.

Gilbert Tyuiénon


L'avenir en confiance, de son côté, tire la sonnette d'alarme. Tout cela se fait "au détriment de la gestion de la vie quotidienne des Calédoniens en matière de chômage, mais aussi de gestion de la crise sanitaire, également de la gestion des comptes sociaux sur la question du Ruamm", résume Isabelle Champmoreau. 

  • 9 mars : le confinement géré par les démissionnaires

Après la détection sur le Caillou de neuf cas de Covid-19 hors quatorzaine, le confinement général de la population est décrété à partir de minuit. Une décision annoncée par Thierry Santa, président du gouvernement démissionnaire, et Laurent Prévost, le haut-commissaire. Le 16e gouvernement en charge des affaires courantes gère ensuite la situation de crise pendant quatre semaines. 

  • 1er avril : un troisième échec à élire un président et la mise sous tutelle de l'Etat 

Nouvelle convocation des membres du 17e gouvernement et nouvel échec à élire un président. L'UC et l'UNI ne parviennent pas à s'entendre. Chaque parti revendique la légitimité de la présidence. L'UNI déplore que les loyalistes ne départagent pas les candidats indépendantistes. L'avenir en confiance et Calédonie ensemble renvoient, eux, les indépendantistes à leurs responsabilités. Pour Samuel Hnepeune, "les indépendantistes ont bien conscience que les enjeux sont très importants"

Conséquences de ce nouvel échec : le 16e gouvernement continue de gérer les affaires courantes et la crise sanitaire dans un pays toujours confiné. Et, en l'absence d'un gouvernement de plein exercice, c'est l'Etat qui se charge d'élaborer le budget 2021 de la Nouvelle-Calédonie. Le Haut-commissaire saisit la Chambre territoriale des comptes.

  • 11 mai : le budget 2021 acté 

Le budget 2021 de la Nouvelle-Calédonie est arrêté par le Haut-commissaire. Le budget de reversement est un peu plus élevé que l'année passée (70,5 milliards de francs), le budget de répartition est stable (110 milliards de francs après déduction des charges) et le budget propre, à 82,5 milliards de francs, intègre la coûteuse gestion de la crise sanitaire.

  • 12 mai : l'UNI boude l'élection, le scrutin repoussé sine die

Quatrième et dernière tentative en date. En dépit des discussions, conventions et comités directeurs, l'UC et l'UNI ne se mettent toujours pas d'accord. L'impasse gagne encore en intensité : les trois élus UNI ne se sont pas présentés pour l'élection. Soulignant la rupture du dialogue avec l'UC depuis la convention du FLNKS le 1er mai, Louis Mapou explique ce choix.

Les conditions n'étaient pas réunies pour que cette demande du Haut-commissaire puisse aboutir à un résultat positif.

Louis Mapou

 

L'élection est remise sine die, le Haut-commissaire expliquant qu'il était "difficile d'imaginer une nouvelle réunion" avant le départ pour Paris et la séance de travail programmée par le Premier ministre du 25 mai au 3 juin.