Réactions en chaîne après l’annonce du projet Prony Resources

nickel mont-dore
Vale réactions
Au lendemain de l’ouverture des discussions entre Vale et le consortium intégrant Trafigura, quelles sont les positions sur ce projet de rachat de l’usine du Sud ? Tour d’horizon des premières réactions. 

[MISE À JOUR 7 NOVEMBRE] 

Les salariés de Vale Nouvelle-Calédonie font partie des premiers concernés par l’avenir de l’usine. Pour le Soenc Nickel, l’offre du consortium incluant le Suisse Trafigura évite la mise en sommeil du complexe hydrométallurgique, envisagée par Vale en l’absence de repreneur. « On est content que Vale Canada ait accepté l’offre préliminaire qui a été remise le 21 octobre », témoigne Alexis Fale Matagia, du Soenc Nickel, rassuré par l’annonce faite par Antonin Beurrier de « maintenir les emplois et les conditions de travail ».
 

Un actionnariat salarial souhaité 

Autre point positif pour le syndicat : l’actionnariat salarial a été accepté. Un axe sur lequel les syndicats de Vale NC ont été forces de proposition « parce nous considérons que les salariés sont légitimes à avoir une part au capital de l’entreprise », poursuit Alexis Fale Matagia. Si le projet aboutit, les salariés réinvestiront une quot-part de leur rémunération pendant 4 ans pour acquérir jusqu’à 23 % du capital de l’entreprise. 
 
Vale NC
©Vale Nc / Marc Le Chélard
 

Dans l'attente d'un retour au calme

Concernant l’atmosphère sur le site industriel, dont l’accès a été bloqué ce vendredi matin par l’Ican et le collectif « Usine du Sud = Usine Pays », Alexis Fale Matagia confie : « C’est un peu compliqué car (les salariés) veulent travailler, ils veulent maintenir leurs emplois et autour, on a beaucoup d’agitation ».
« Nous espérons que tout va revenir au calme, que l’on va pouvoir redresser la barre de notre société et sauver des emplois pour les 3 000 familles en direct et 5 000 à 10 000 personnes en (emplois) indirects ».
Après le retrait de l’offre de la junior australienne New Century Resources en septembre, « ce serait une catastrophe de revoir le scénario se reproduire avec la nouvelle offre ».
Pierre Tuiteala, le secrétaire général du Soenc Nickel, était l'invité du journal télévisé ce vendredi soir. 


 

Des sous-traitants attentifs

Plus d’un millier de sous-traitants sont concernés par l’avenir de l’usine du Sud. Tous souhaitent que les emplois et les contrats soient maintenus. La SAS Goro Mines est néanmoins inquiète. En conflit avec Antonin Beurrier, le PDG de l’usine, depuis plusieurs années, la SAS dit avoir des difficultés à cerner les volontés de l’industriel. « On s’interroge par rapport à la prise en compte des populations du sud », confie Sylvestre Newedou, membre du conseil de surveillance de la SAS Goro Mines,  pour qui la démarche est la suivante : « Tout ce qui est domaine minier doit rester au pays. »
 
Vale Sous-traitants
 

Le projet Lucy très attendu 

Le GIE des entreprises de Yaté regroupe 11 entreprises qui travaillent toutes exclusivement pour Vale. Favorable au projet Lucy, ce groupement souhaite avant tout que les emplois puissent être maintenus. « On a pu acquérir de l’expérience depuis 20 ans. On a commencé chez Inco, aujourd’hui Vale, demain Trafigura… rappelle Robert Attiti, le président du GIE. Ce qu’on souhaite, nous, c’est du travail parce qu’aujourd’hui, beaucoup de nos jeunes sont impliqués dans ce chantier. »
Le GIE s’interroge également sur l’implication des coutumiers, qu’il juge absente de l’offre discutée avec Trafigura. Selon ses représentants, il y a encore beaucoup de choses à améliorer. 
 

Ce qu’on souhaite, nous, c’est du travail, parce qu’aujourd’hui, beaucoup de nos jeunes sont impliqués dans ce chantier.

Robert Attiti, président du GIE des entreprises de Yaté

 
Le reportage sur les sous-traitants de Lizzie Carboni et Laura Schintu :

 

L’Etat salue le progrès des discussions 

Du côté de l’Etat, on se dit « attentif à l’évolution de ce dossier majeur pour l’économie et l’emploi de la Nouvelle-Calédonie et vigilant sur les impératifs de responsabilité sociétale et environnementale ». Dans un communiqué envoyé ce vendredi par le haut-commissariat, l’Etat dit « prend(re) acte des engagements des repreneurs à garantir la pérennité du site et le développement du grand sud ».
Il prend également « note, avec satisfaction, des engagements pour une réalisation rapide et intégrale du projet Lucy », l’usine de stockage et traitement des résidus secs du site. 
Après avoir analysé l’offre du consortium dans le détail, le gouvernement national se dit « disposé à soutenir, devant le Parlement, la confirmation des engagements pris par l’État en faveur de Vale NC en 2016 ». Il y a quatre ans, il avait accordé un prêt de 24 milliards de francs à la société et donné sa garantie à hauteur de 26 milliards de francs pour la réalisation du projet Lucy. Et ce, dans un souci de « préservation de l’économie et de l’emploi en Nouvelle-Calédonie »
Un Etat confiant donc, mais qui « restera vigilant sur le respect des engagements pris en termes d’activité économique, d’emploi local et de respect de normes environnementales ». 

 

Une offre qui « sauve » l’usine du Sud, pour Sonia Backès

La présidente de la province Sud était l’invitée de notre journal télévisé jeudi soir. Pour Sonia Backès, l’offre proposée par le consortium « permet de sauver l’usine du Sud et ses 3 000 emplois ». « Une bonne nouvelle », à laquelle s’ajoute, selon elle, un autre point positif, la présence d’un actionnariat calédonien à 50 % du capital, complémentaire à un actionnariat international. « Cette offre a été beaucoup plus loin de celle de l’Australien (New Century Resources). » 

L’intégralité de l’interview de Sonia Backès à retrouver ici : 
 
 

Les partisans de l’Usine Pays «en colère»

Après plusieurs marches pour défendre le projet porté par Sofinor-Korea Zinc, le collectif « Usine du Sud = Usine Pays » et l’Ican (Instance coutumière autochtone de négociation) étaient mobilisés ce vendredi, au Mont-Dore, pour contester le projet porté par le consortium incluant Trafigura. 
Les deux organisations ont annoncé leur intention de saisir directement le président de la République. Ils déplorent que lors de sa visite sur le Caillou, Sébastien Lecornu n’ait « pas daigné (les) rencontrer », « alors que la question de l’usine du Sud est une question vitale pour l’avenir de ce pays », signale Raphaël Mapou. Le porte-parole de l’Ican, qui dit « attendre des réponses claires du président de la République ». 
Blocages
©Les actions du collectif ont fortement ralenti la circulation au Mont-Dore, ce vendredi.

 

L'UC soutient le projet d'Usine Pays 

Réaction également de l'Union Calédonienne, lors de son 51ème congrès qui s'est ouvert, ce vendredi, à Touho. Sur la cession en cours des parts de Vale dans l’usine du Sud, Daniel Goa, son président, a déclaré : « Nous ne devons rien céder sur ce dossier. L’Union calédonienne se dit prête à se battre pour que le complexe industriel devienne une usine du pays. Le parti annonce qu'il répondra présent « si l'Ican appelle à un préalable minier à toute nouvelle discussion politique ». 
 

Les Loyalistes dénoncent les blocages

Dans un communiqué publié le 7 novembre, les Loyalistes condamnent le blocage de la route du Mont-Dore et de l’usine du Sud qui sont intervenus vendredi. 
« Les loyalistes se satisfont qu’une offre crédible ait pu voir le jour » indique le communiqué qui appelle au calme et à la responsabilité. 
« Le ministre des Outre-Mer a d’ores et déjà fixé une réunion dans la continuité de celle qui a eu lieu sur l’îlot Leprédour le 26 novembre prochain pour aborder le sujet du Nickel. Dans ce contexte, il n’y pas de place pour un nouveau préalable minier » conclut le communiqué à lire ci-dessous.