Braquages et home jacking : les accusés se renvoient la balle

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En 2017, un braquage a eu lieu dans un Super U de Saint-Paul.
Après le braquage raté du Super U le 3 août 2017, les malfaiteurs vont se recycler dans le cambriolage de coffres-forts. ©Réunion La 1ère
Jugés depuis lundi aux assises pour le braquage du Super U de Saint-Paul, celui de la station Total de la Saline et un home-jacking à Saint-Leu en juillet et août 2017, les trois accusés se renvoie la responsabilité des faits les plus graves ou nient leur participation.

 La cour d'assises continue d'examiner ce mardi l'affaire du braquage sanglant du Super U de Saint-Paul le 3 août 2017. Dans le box, trois hommes âgés de 28, 33 et 47 ans, jugés cette tentative de vol avec arme, mais aussi un autre braquage commis le 18 juillet au préjudice de la station Total de la route des Tamarins, ainsi qu'un violent home-jacking perpétré le 9 juillet à Saint-Leu. 

Lundi, la première journée s'est avérée frustrante pour les parties civiles, alors que les accusés semblent se rejeter la responsabilité des faits. 

Regardez le reportage de Réunion La 1ère : 

Premier jour de procès dans l'affaire du braquage du Super U de Saint-Paul en 2017. L'un des braqueurs n'avait pas hésité à tirer sur le vigile, le blessant grièvement. Explications

 

"De fieffés menteurs"

"Nous avons affaire à trois fieffés menteurs qui n'arrêtent pas de se renvoyer la balle", s'est indigné Me Rémi Boniface, avocat du Super U et de son vigile, grièvement blessé ce soir-là. "Ils verront bien au verdict si ça plaît aux jurés qu'on continue de mentir comme on l'a fait tout au long de l'enquête."

"Il y avait deux hommes effectivement dans la pièce, après on joue sur le deux ou le trois, mais il y a un des accusés qui déclare clairement qu'ils ont fait le coup à trois", veut retenir la bâtonnière Isabelle Lauret, avocat de la famille saint-leusienne agressée le 9 juillet 2017.

Le 3 août 2017, deux hommes armés d'un fusil à pompe et d'un 22 LR, gantés et cagoulés, faisaient irruption dans les bureaux du supermarché Super U de la Chaussée Royale au moment de la fermeture du magasin, vers 19h45. S'y trouvaient encore le responsable du supermarché, la cheffe de caisse ainsi qu'un agent de sécurité, occupés à rentrer la recette du jour.

Ayant fait feu sur le vigile, les malfaiteurs prenaient la fuite après avoir fouillé en vain le bureau où devait se trouver l'argent. De longues investigations, à l'aide de la téléphonie notamment, permettront de mettre en cause deux Saint-Pierrois déjà bien connus de la justice pour des faits de vols et violences. Il s'agit d'Anthony Robert, 28 ans, et Ludovic Fontaine, 33 ans.

Jusqu'à 30 ans encourus

Mis en examen en septembre 2018, pour ces faits, ils sont rejoints deux mois plus tard par Charles Latchimy Peroumal, 47 ans, soupçonné d'avoir joué le rôle du guetteur. Mais ce dernier conteste toute participation à l'affaire, pour laquelle lui et Ludovic Fontaine encourent 20 ans de réclusion criminelle. Poursuivi pour la tentative d'homicide sur le vigile, Anthony Robert encourt lui une peine de 30 ans. Le verdict est attendu vendredi. Défendus par le bâtonnier Georges-André Hoareau, Me Jean-Jacques Morel et Me Sébastien Navarro, les trois hommes doivent répondre également de deux autres faits de nature criminelle.

avocats super U
Les avocats Georges-André Hoarau, Jean-Jacques Morel et Sébastien Navarro assurent la défense des braqueurs présumés. ©Géraldine Blandin

 

Une séquestration et le braquage d'une station également jugés

D'une part une affaire de vol avec arme et séquestration commise le 9 juillet 2017, soit un peu moins d'un mois avant les faits.  Cette fois, le trio s'attaque à une famille de commerçants de Piton Saint-Leu. S'introduisant au domicile des victimes, ils vont violenter la grand-mère de 75 ans, allant jusqu'à briser son dentier. Mis en fuite par l'intervention du gendre, ils repartiront de la maison avec deux fusils de calibre 12 et 14 mm.

En 2017, une série de braquages a eu lieu dans l'Ouest.
En 2017, une série de braquages a eu lieu dans l'Ouest. ©Réunion La 1ère

La troisième affaire qui leur vaut de comparaître devant la juridiction criminelle est un autre vol à main armée, commis dans la nuit du 17 au 18 juillet 2017 à la station Totale de la Saline, sur la route des Tamarins. Vers 1h du matin, deux individus cagoulés et armés faisaient feu sur la porte vitrée de la station verrouillée, mettant en fuite le pompiste de garde à l'intérieur. Entrés dans la boutique, ils faisaient main basse sur de l'argent liquide et des cigarettes, pour un préjudice s'élevant à 2235 euros.

Beaucoup de risques pris et de vies mises en danger pour des butins finalement dérisoires, ce qui conduira les suspects à faire évoluer leur mode opératoire pour toute une autre série de cambriolages qui seront commis dans les mois suivants, au préjudice notamment de jardineries ou des restaurants Les 3 Brasseurs. Des faits qui leur vaudront de comparaître à nouveau en justice avec d'autres complices en début d'année prochaine, cette fois devant le tribunal correctionnel.