Blocages, intempéries… La SLN dresse le bilan d’un premier semestre compliqué

nickel
Usine SLN de Doniambo, 2020
Vue de l'usine SLN à Doniambo. ©Françoise Tromeur / NC la 1ere
La société enregistre une baisse de trésorerie de 3,6 milliards de francs CFP. En cause : les blocages et conditions climatiques difficiles avec les fortes pluies, qui ont réduit la capacité d’extraction sur mines et la capacité de fonctionnement de l’usine.

Malgré le contexte favorable sur le marché du ferronickel, le cours du nickel ayant augmenté de 40% au LME depuis un an, la Société le Nickel a dressé, vendredi 30 juillet, un bilan mitigé pour son premier semestre 2021. "En terme de production métallurgique, on est à 18 500 tonnes, c’est à dire une baisse de 18% par rapport à la même période l’année dernière", précise Guillaume Verschaeve, directeur général de la SLN. "Sur la production minière, on a 2,3 millions de tonnes au total, soit 5% de hausse par rapport à la même période l’année dernière". 

Une production minière en augmentation, mais les exports de minerais non-valorisables localement ont subi de forts impacts climatiques, atteignant 1,1 million de tonnes au premier semestre 2021. "Les difficultés proviennent des blocages qu’il y avait eu en fin 2020 avec une situation de stock à l'usine à la limite de la rupture et des conditions climatiques, qui ont fortement réduit la capacité d’extraction sur les mines, mais aussi la capacité de fonctionnement de l’usine", poursuit le directeur général de la SLN.

Une situation qui a engendré une baisse de trésorerie de 3,6 milliards de francs CFP. "C’est très inquiétant. On est à la limite de tirer la dernière tranche sur notre prêt État-Eramet, ce qui rend la situation préoccupante", ajoute Guillaume Verschaeve. 

Guillaume Verschaeve, directeur général de la SLN

 

Mois de juin plus favorable

Au mois de juin en revanche, alors que la météo est redevenue plus clémente, le record d’exportation de minerai a été battu et la situation a permis de retrouver des conditions opérationnelles normales. Les objectifs pour le second semestre 2021 devraient être respectés.

"On va essayer tant bien que mal, de rattraper le retard", assure Guillaume Verschaeve. "Sur les centres miniers, on pense pouvoir rattraper le retard et terminer à 3,5 millions de tonnes de minerai à l’export et 26 000 tonnes de production de ferronickel sur l’usine". Au total, ce sont 53 000 tonnes de ferronickel qui sont produites sur le site de l'usine de Doniambo chaque année.

Sécuriser le plan de sauvetage 

Après la mise en place de la procédure de mandat Ad hoc engagée en septembre 2020, la procédure de conciliation lancée en janvier 2021, a dû être clôturée en mai, faute d’interlocuteurs institutionnels "en mesure de prendre les décisions attendues pour sécuriser les deux leviers du plan restant en suspens : les autorisations pour 2 millions de tonnes d’exportations supplémentaires et une réduction du coût de l’énergie". 

Nous appelons l’ensemble des institutions à examiner cette demande le plus rapidement possible.

Guillaume Verschaeve, directeur général de la SLN

 

Au second semestre 2021, la SLN devrait avoir atteint un rythme d’exportations de 4 millions de tonnes. "Il est donc urgent d’obtenir les autorisations pour les 2 millions de tonnes supplémentaires, pour lancer les investissements et recrutements nécessaires à la progression des exports l’année prochaine", martèle Guillaume Verschaeve.

Renouvellement de la centrale de Doniambo 

Concernant le renouvellement de la centrale de Doniambo, des appels d’offres sont en cours. Les dossiers devront être remis au 31 août. "Nous les attendons avec une grande impatience, pour pouvoir rentrer rapidement dans le projet de réalisation de démarrage de cette centrale, qui est absolument cruciale pour le site", poursuit le directeur général de la SLN. "Aujourd’hui, la sécurité d’alimentation en électricité de l’usine est instable et à risque. On a sur la centrale B de Doniambo, suite à un dramatique accident, une tranche qui est à l’arrêt et qui le sera pendant plusieurs mois ou plusieurs années". 

Une situation dans laquelle l’alimentation n’est pas garantie au-delà de la mi-2022, "ce qui va nous obliger à trouver des solutions de secours, pour couvrir les trois quatre années qui viennent, de façon à être sûr d’avoir la puissance disponible tous les jours", conclut Guillaume Verschaeve.