Calédoniens ailleurs : Soana, Océane et Jean-Gilles, sportifs confinés, décidés à ne rien lâcher

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Calédoniens ailleurs : Soana, Océane et Jean-Gilles, sportifs confinés, décidés à ne rien lâcher
Calédoniens ailleurs : Soana, Océane et Jean-Gilles, sportifs confinés, décidés à ne rien lâcher ©DR
Ils ont quitté la Nouvelle-Calédonie il y a des années pour mener à bien leurs carrières sportives respectives. Les voilà aujourd’hui confinés en métropole et au Luxembourg. Comment vivent-ils ce quotidien chamboulé ? Soana, Océane et Jean-Gilles, sportifs de haut niveau, racontent.
 
Trois athlètes, trois disciplines différentes mais des interrogations qui sont les mêmes. Quand vont-ils reprendre la compétition ? Pourront-ils revenir s’entraîner et disputer des courses ou des matchs, en toute sécurité ?

« Est-ce que je pourrais reprendre le basket en toute sérénité ? », se demande Soana Lucet. La basketteuse professionnelle de 32 ans évolue au sein du club de La Roche Vendée. Sa saison s’est arrêtée brutalement le 11 mars. « Il nous restait cinq matchs dont quatre à domicile. Le 10 avril, nous avons eu la confirmation que la saison était finie », explique l’ailière forte. Seule consolation pour la Calédonienne : le classement est maintenu. Une décision majeure puisque La Roche Vendée était 7e du championnat au début du confinement, position qui lui donne accès aux matchs de Coupe d’Europe. Mais quand pourra-t-elle fouler de nouveau les parquets de France et d’ailleurs ? « La fédération ne communique pas. Le championnat pourrait reprendre le 19 septembre et les entraînements en août. » Des débuts de réponses qui engendrent d’autres questionnements. Et celui notamment de recouvrir sa forme physique. Il est vrai que passer de deux séances d’entraînement quotidiennes à des séances seules chez soi n’est pas sans conséquence. La trentenaire s’est imposée deux à trois heures de sport par jour les trois premières semaines. « J’ai récupéré du matériel et un vélo d’appartement. Je fais des challenges et notre préparateur physique nous envoie un programme à la carte. » Mais, depuis deux semaines, la jeune femme a décidé de lever le pied. Confinée avec sa mère qui était venue voir sa fin de saison, Soana reste lucide. "Cette situation est pesante mais c’est comme cela. Et puis je suis en bonne santé et je fais tout pour. »  
 
Quelle forme physique aura-t-il à son retour sur le terrain ? Sera-t-il aussi performant ? Jean-Gilles Hnamuko se pose les mêmes questions que Soana. Si le footballeur tente de garder la forme en s’entraînant dans son appartement ou à l’extérieur, en respectant bien sûr les mesures de sécurité, l’athlète avoue avoir « peur de régresser ». « Seul, on n’a pas la même pression. »  Et la pression est double pour le gardien de but. Évoluant au Luxembourg, le Calédonien a intégré en janvier un nouveau club, le FC Jeunesse Junglënster (l’équipe évolue en D2 luxembourgeoise). Lui aussi a vu sa saison s’interrompre quasiment du jour au lendemain même si « son championnat a été un des derniers à le faire ». « Pour moi, être confiné a été assez difficile à accepter. Cela ne faisait que deux mois que j’étais dans l’équipe. Je voulais prouver aux supporters et au staff du club que je pouvais aller loin », commente le Kanak qui précise toutefois « ne pas être déçu». « J’ai terminé sur de bons matchs. » Lui aussi n’a aucune idée de la date de reprise du championnat. « Les infrastructures sont fermées jusqu’au 31 juillet en tout cas. » En sélection calédonienne depuis février dernier, Jean-Gilles voit aussi ses projets avec l’équipe repoussés. « Nous avions un regroupement prévu en Estonie fin mars pour préparer la Coupe des nations mais il a été annulé. Je n’ai aucune idée de quand sera le prochain regroupement, peut-être à l’automne prochain. »
 
Jean-Gilles Hnamuko
Jean-Gilles Hnamuko est arrivé en janvier 2020 au FC Jeunesse Junglënster ©DR

Tout comme Jean-Gilles, Océane Tessier s’interroge sur son retour à la compétition. Quand va-t-elle remonter en selle ? Littéralement, la Calédonienne le fait déjà. A la maison. La championne a installé un dispositif avec son vélo pour continuer de s’entraîner. « J’ai un home trainer et un logiciel qui récolte les données de mes entraînements. » « Je garde une certaine cadence mais ça permet surtout de limiter la casse. C’est de l’entretien, plus que de la préparation. » Surtout que la sportive, spécialisée en cyclisme sur route et sur piste ne sait pas quand elle pourra à nouveau participer à des compétitions. « La fédération ne cesse de repousser la date de reprise. Elle dit ainsi que nous allons reprendre mi-juillet (le Tour de France aura lieu du 29 août au 20 septembre ndlr) mais on entend aussi parler de saison blanche (une saison sans compétition) et une reprise des courses en mars 2021. » Pas facile dans ses conditions pour l’athlète de « garder la motivation ». « Je suis dans l’attente, j’essaye de rester en forme, de mettre le réveil, de m’entraîner mais ça commence à être long et on s’entraîne sans objectif, en restant dans le flou. » En attendant, la jeune diplômée en nutrition a un autre défi à relever : celui de réussir le concours de professeur de biotechnologies santé environnement en lycée professionnel. « Mais là aussi, le concours a été reporté. Les oraux ont été annulés et les écrits auront lieu fin juin, début juillet. » « Moi qui voulais rentrer à Nouméa pour les vacances cette année, ça va être compliqué. »
 

par ambre@lefeivre.com 
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