Invitation à Paris, 17e gouvernement… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Jean-Pierre Djaïwe, porte-parole du Palika

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Jean-Pierre Djaïwe, porte-parole du Palika, invité politique du JT, 18 avril 2021
Jean-Pierre Djaïwe était reçu au JT suite à l'assemblée générale du Palika. ©N Cla 1ere

Le Palika ira-t-il à Paris pour échanger sur l'avenir de la Nouvelle-Calédonie ? Le Parti de libération kanak réserve sa réponse, a expliqué son porte-parole, invité dimanche du JT. Jean-Pierre Djaïwe a aussi abordé, entre autres, l'impasse actuelle pour élire le prochain président du gouvernement.

Ira, ira pas ? Le Palika réserve sa réponse, quant à l'invitation lancée par le Premier ministre Jean Castex aux politiques calédoniens, à savoir échanger à Paris du 25 mai au 3 juin. C'est ce qu'a expliqué Jean-Pierre Djaïwe, invité, dimanche 18 avril, lors de son passage au journal télévisé. Voilà ce qu'il faut retenir de son interview. 

  • Un déplacement à Paris sous conditions

Pour le Parti de libération kanak, réuni samedi à Canala, trop de questions restent en suspens. "On est prêt à y aller, mais on attend. On ne connaît pas le format, on ne connaît pas les sujets qui seront à l'ordre du jour", a souligné son porte-parole, en suggérant qu'un "représentant éminent" de l'Etat pourrait venir en Calédonie s'entretenir avec les uns et les autres.  

Si l’Etat nous dit précisément les points qui seront à l’ordre du jour, nous verrons précisément si notre participation est nécessaire ou pas.

Jean-Pierre Djaïwe

 

  • Quelles implications du "Oui"?

Le mouvement veut notamment des réponses sur les projets de la France en cas de victoire de l'option indépendance au troisième et dernier référendum, qui vient d'être déclenché. Jean-Pierre Djaïwe a défendu l’importance de "rencontres bilatérales" avec l’Etat, pour que celui-ci précise les implications du "Oui". Au-delà de la communication qui a été faite jusqu’à présent.

  • Des doutes "sur l'état d'esprit de l'Etat"

Le Palika, qui entend aller au terme de l'Accord de Nouméa, dit s'interroger "sur l'état d'esprit de l'Etat" : "Le ministre des Outre-mer a laissé entendre qu'il voulait emmener les Calédoniens dans la discussion pour trouver un nouvel accord. Nous ne sommes pas pour un nouvel accord", a formulé l'invité du JT.  

Si le "Non" l’emporte, l’Accord de Nouméa dit que les responsables politiques se mettent autour de la table pour prendre connaissance de la situation ainsi créée. A ce moment-là, on peut discuter, d’un nouvel accord. 

Jean-Pierre Djaïwe

 

  • Toujours pour une indépendance-partenariat

Pour Jean-Pierre Djaïwe, la solution de l'indépendance-partenariat que défend son parti peut offrir un terrain d’entente entre les deux choix d'avenir soumis au vote. "C’est une indépendance du pays, mais dans le cadre d’un partenariat où la France et la Nouvelle-Calédonie, en fonction d’un accord négocié, gagnant-gagnant, disent quelles sont les compétences que peut continuer à exercer la France, et quelles sont les compétences que peut exercer la Nouvelle-Calédonie."

  • Poursuivre les discussions avec l'UC pour la présidence

Deux mois que le dix-septième gouvernement est élu mais ne peut pas exercer faute d'avoir choisi son président (l'Uni-Palika et l'Union calédonienne n'arrivent pas à départager leurs candidats). L’assemblée générale de samedi, développe son porte-parole, a mandaté trois personnes pour poursuivre les discussions avec l’UC "dans les jours et semaines à venir". Et si cette question de la présidence n’est pas résolue d’ici le 1er mai, elle sera débattue lors de la convention FLNKS prévue à cette date : "On espère trouver à ce moment-là un candidat unique pour sortir de cette impasse."

Les Calédoniens ont vu des indépendantistes ensemble pour faire chuter le gouvernement et qui, après, ne s’entendent pas pour élire un président.

Jean-Pierre Djaïwe

 

  • Il défend la candidature de Louis Mapou 

Membre de l'exécutif sortant, Jean-Pierre Djaïwe a maintenu : "Un candidat Palika à la présidence du gouvernement est un enjeu politique majeur". Il a aussi défendu le parcours de Louis Mapou et son aptitude à diriger le gouvernement dans le contexte de sortie de l'Accord. "Aucune formation politique ne peut se prévaloir d’un poste sans l’aide de l’autre", a-t-il lancé en rappelant que Roch Wamytan, Union calédonienne, a été élu au perchoir du Congrès "grâce aux voix de l’Uni".  

  • Un appel à la vaccination

Concernant la pandémie, les membres du parti indépendantiste ont salué la gestion du confinement par les autorités, a rapporté l’invité politique. "La question qui revient souvent est la politique de vaccination" en statut de Covid free. "Nous avons encouragé nos militants, et nous encourageons la population, à poursuivre cette campagne de vaccination parce que ça rentre dans le cadre de la prévention."

  • Les coutumiers doivent se saisir du problème des caillassages 

Interrogé à ce sujet, Jean-Pierre Djaïwe pense que les caillassages récurrents au Mont-Dore dans la traversée de la tribu de Saint-Louis représentent un problème dont les coutumiers doivent pleinement se saisir. "C’est une question qui doit être discutée au sein du Sénat coutumier, de faire en sorte que nos coutumiers, surtout dans le Sud, puissent prendre davantage de responsabilités."


Retrouvez l'essentiel de cet entretien avec Nadine Goapana :