Justice : sept affaires devant les assises pour la deuxième session de l'année

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3ème session d'assises
Christian Pasta, avocat général auprès de la cour d'appel de Nouvelle-Calédonie ©Natacha Lassauce-Cognard / NC la 1ère
La deuxième session d’assises de l’année débutera lundi prochain pour se terminer le 22 juillet. Avec trois sessions de quatre semaines en 2022, la cour d'appel tente de rattraper le retard accumulé en 2020 et 2021 pendant la pandémie de Covid-19. Cette fois, sept affaires et dix-sept accusés seront jugés.

Dix-sept jours d’audience pour juger quatre crimes de sang et trois procédures de nature sexuelle. La grande majorité se déroulera à huis clos.

Du 28 juin au 1er juillet : le meurtre de l’homme à la tronçonneuse

Nouméa, Porte d’Argent, mai 2020 - Un conflit de voisinage dégénère sur fond d’alcool généralisé. Un homme sort de chez lui excédé par une bande de jeunes, une tronçonneuse à la main. Des pierres volent dans sa direction. S’ensuivent de multiples coups et la mort. Les cinq accusés sont poursuivis pour meurtre. Il y a un mineur parmi eux, c’est la cour d’assises des mineurs qui est compétente. "Une affaire qui avait créé une grande émotion dans ce quartier à l'époque", se souvient Christian Pasta, l'avocat général.

Le 4 juillet : viol et viols sur mineurs de 15 ans

Pouébo, tribu de Tchamboène, janvier 2021 - Un individu s’introduit dans la chambre à coucher d’un couple qui dort et abuse de la femme. Le mari se réveille, l’individu prend la fuite. Le couple va immédiatement porter plainte à la gendarmerie, laissant les enfants à la maison. Deux enfants de 7 ans qui seront eux aussi victimes de ce même homme en leur absence.

Les 5 et 6 juillet : double meurtre

Mont-Dore, Vallon-Dore, janvier 2021 - Un jeune homme de 19 ans tue sa belle-mère et sa copine à l’aide d’un fusil. Il était père depuis deux semaines. Il risque la perpétuité pour meurtre (la belle-mère) et meurtre par une personne ayant été conjoint ou concubin de la victime (la copine). "Il s'était livré aux gendarmes, raconte Christian Pasta, l'avocat général. C'est un dossier délicat parce qu'il y a deux victimes, et de par la personnalité de l'auteur, qui était un tout jeune homme au moment des faits."

Les 7 et 8 juillet : viol incestueux sur mineurs

Canala, juillet 2020 - Une lycéenne décrit les agressions et viols que lui fait subir son père. Les faits se sont passés entre 2018 et 2020. Sa demi-sœur se dit elle aussi victime du même homme, qui n’est pas son géniteur.

Du 11 au 13 juillet : meurtre

Païta, mars 2021. Un jeune est tué de plusieurs coups de couteau. A quatre contre deux, le ton est monté, jusqu’aux gestes qui ont coûté la vie à cet adolescent de 15 ans. "Il y a du ressentiment, qu'on n'arrive pas à expliquer entre ces jeunes, confie Christian Pasta, l'avocat général. C'est une affaire qui avait suscité beaucoup d'émotion, avec deux vies gâchées." Parmi les quatre accusés, un est détenu, accusé de meurtre. Les trois autres sont poursuivis pour violences volontaires en réunion avec arme, la complicité n’a pas été retenue. Ils comparaissent libres.

Du 18 au 21 juillet : assassinat

Koutio, Dumbéa, septembre 2019 - Un chauffeur de taxi est retrouvé mort lardé de coups de couteau, dans sa maison partiellement calcinée. Son ancienne maîtresse, le nouveau compagnon de celle-ci et un complice mineur (16 ans) sont arrêtés au bout de neuf mois d’enquête. Eux sont accusés d’assassinat, elle pour complicité d’assassinat (c'est la femme de l’ombre qui a donné l’ordre). Une autre femme avait été mise en examen pour non dénonciation de crime et placée sous contrôle judiciaire. C’est la cour d’assises des mineurs qui est compétente. L’ancienne maîtresse et son compagnon accusé d’assassinat devaient se marier en prison. Apprenant qu’il l’avait trompée, elle a annulé la noce et promis de "tout déballer aux assises", annonce Christian Pasta, l'avocat général.

Le 22 juillet : récidive de viol sur mineur de 15 ans

Nouméa, mai 2021 - Une adolescente porte plainte en 2019 pour viol, à propos de faits commis entre 2015 et 2017. L’accusé était alors le concubin de sa mère, qui profitait des absences de cette dernière. Déjà condamné en 2002 à dix ans de réclusion criminelle pour le viol d’une fillette de 4 ans, il encourt la perpétuité pour viol aggravé. La justice parle de "grande récidive criminelle".