La rivalité entre la Chine et les Etats-Unis menace d'éclipser le défi climatique au Forum des îles du Pacifique

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Discussions au 51e Forum des îles du Pacifique, à Suva, aux Fidji, mercredi 13 juillet
António Guterres, secrétaire général de l'organisation des Nations unies est intervenu en vidéo au 51e Forum des îles du Pacifique. Les discussions se poursuivent, mercredi 13 juillet, à Suva, aux Fidji. ©Fijian government
Le 51e Forum des îles du Pacifique se poursuit, mercredi 13 juillet, à Suva, capitale des îles Fidji. Les pays de la région, en première ligne face à la montée des eaux, redoutent que les tensions entre la Chine et les Etats-Unis n'éclipsent l'urgence climatique.

Le Premier ministre fidjien et président du 51e Forum des îles du Pacifique, Frank Bainimarama, a ouvert sa première réunion, mardi 12 juillet, à Suva, aux Fidji, en rappelant combien la "crise du changement climatique" menaçait la sécurité et la souveraineté de nombreuses nations du Pacifique. L'édition 2022 du Forum est la plus importante depuis des années : l'urgence climatique se fait de plus en plus pressante pour les îles de faible altitude. Le forum n'a pas pu se tenir durant la pandémie de Covid-19.

Mais au lieu de se concentrer sur la menace de l'élévation du niveau de la mer et des tempêtes de plus en plus puissantes, la décision des dirigeants de Kiribati, alliés de Pékin, de claquer la porte la veille du forum, pèse sur les débats. La rivalité entre Washington et Pékin occupe les esprits. Les îles Salomon ont signé en avril un accord de sécurité très décrié avec la Chine, bouleversant des alliances de longue date avec les puissances occidentales.

Une intervention vidéo de Kamala Harris

La vice-présidente des Etats-Unis Kamala Harris s'est exprimée en vidéo devant l'institution, d'ordinaire réservée aux pays du Pacifique, à l'Australie et à la Nouvelle-Zélande. António Guterres, secrétaire général de l'organisation des Nations unies est également intervenu en vidéo. Les questions de sécurité régionale "détournent un peu l'attention du changement climatique", regrette auprès de l'AFP Simon Kofe, ministre des Affaires étrangères des Tuvalu. Antonio

Les dirigeants des îles du Pacifique doivent discuter d'une stratégie pour la région jusqu'à 2050, principalement sur le réchauffement de la planète. Ils débattront aussi de l'annonce d'une urgence climatique dans le Pacifique et d'un éventuel soutien au Vanuatu dans sa demande à la Cour internationale de justice de se prononcer sur les obligations des nations en matière de climat.

Ecoutez les propos de Mickael Forrest, membre du gouvernement en charge des relations extérieures, recueillis par Marguerite Poigoune :

Des discussions bilatérales entre la Nouvelle-Calédonie et le Vanuatu

Le Premier ministre du Vanuatu Bob Loughman a souligné, mardi, que les peuples de la région "nous appellent, nous les dirigeants du Pacifique, à agir pour combattre cette urgence". Le sommet est également un test pour le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese, qui a promis d'agir davantage sur le climat et de rétablir les relations endommagées de son pays avec le Pacifique.

Lors du dernier sommet du Forum, en 2019, les négociations avaient terminé dans les cris et dans les pleurs, le précédent gouvernement australien ayant tenté de museler les dirigeants qui voulaient lancer un appel mondial à l'action climatique.

De son côté, la délégation de la Nouvelle-Calédonie, conduite par Louis Mapou, président du gouvernement, mène des discussions bilatérales avec le Vanuatu.

Ecoutez les précisions de Mickaël Forrest, recueillies par Marguerite Poigoune :