Le BTP tire toujours la langue, malgré quelques chantiers attendus en 2022

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Chantier BTP
©NCla1ère
En ce début d’année, le monde économique calédonien regarde 2022 avec une certaine inquiétude, notamment dans le secteur du BTP, déjà sérieusement impacté depuis 2 à 3 ans par les incertitudes institutionnelles. Cette nouvelle année ne s’annonce pas plus sereine.

Le BTP calédonien, un secteur sinistré, encore. C’est en tout cas ce qu’estiment les professionnels de la construction, des bureaux d’étude et d’ingénierie jusqu’aux artisans du second œuvre. Avec des commandes en berne, du public au privé, 2022 ne s’annonce pas comme l’année du rebond.

"2022 sera la pire année jamais vécue par ce secteur". C’était l’alerte lancée, en juillet dernier, par le collectif Alliance construction. Regroupement de tous les maillons de la chaîne de la construction, il soulignait que 35 % des entreprises détruites en 2020 étaient issues de leur secteur. Depuis, le BTP reste un secteur sinistré, expliquent les principaux intéressés. Même si quelques opérations sont annoncées pour 2022.

Le privé ne pèse plus que 10% des commandes

"Lucy démarre, il y a l'échangeur de Païta nord, le FSH va lancer la construction de ses nouveaux bureaux, plus des logements, à Dumbéa-sur-Mer, la province Sud va lancer le réaménagement de son pôle technique, la Sic va relancer de la réhabilitation et ainsi de suite", liste Silvio Pontoni, président de la Fédération calédonienne du BTP (FCBTP).

Dans une année normale, le secteur privé – particuliers et entreprises – représente 60 % de l’activité du BTP. Cette part est tombée à près de 10%, ces dernières années, mais elle semble reprendre de très légères couleurs. "Le privé a un petit peu de ressaut, en ce moment, avec des échos un peu favorables, mais nous sommes un peu dans une vision avec un peu d'attentisme à tous les étages", évoque Guillaume Dubreuil, président de la chambre syndicale des bureaux d’études et ingénieurs conseil.

Des projets structurants en attente

Rien d’extraordinaire, néanmoins. Et pour les spécialistes de l’ingénierie, premier maillon du secteur, les conséquences ne sont pas que sur le chiffre d’affaire et les effectifs. "Aussi bien les politiciens sont attentistes que nous le sommes de même", reconnaît Guillaume Dubreuil. "Nous serons incapables de nous projeter sur les bases qui peuvent être les métiers de l'ingénierie. C’est-à-dire des formations et avoir de la continuité sur la veille normative et des choses comme ça. Nous sommes en train de stagner", avertit-il.

La balle est maintenant dans les mains des pouvoirs publics avec des projets structurants tant évoqués et tant attendus.

La 2x2 voies, le barrage dans le Nord, pareil avec la centrale électrique de Doniambo. Ce sont des projets qui sont dans les cartons depuis très longtemps. Nous aimerions bien qu'ils puissent aboutir

Silvio Pontoni, président de la FCBTP

En attendant, les chiffres de vente de ciment, baromètre de la santé du BTP, ne cessent de s’effondrer, depuis 2016. De 110 000 à l’époque, ils sont passées en-dessous de la barre des 70 000 tonnes, au troisième trimestre 2021.

Ecoutez Guillaume Dubreuil, au micro d'Anne-Claire Lévêque :

Guillaume Dubreuil, président de la chambre syndicale des bureaux d’études et ingénieurs conseil