Un mouvement social au Médipôle dénonce l'insécurité

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Le personnel des urgences a débrayé ce lundi 12 septembre.
Le personnel des urgences a débrayé ce lundi 12 septembre. ©Coralie Cochin / NC la 1ère
Après de nouvelles agressions au sein de son service, le personnel des urgences du Médipôle a débrayé ce lundi après-midi pour protester contre le manque de sécurité.

Cinquante-cinq minutes de débrayage pour dire "non" aux violences sur le personnel de santé. Ce lundi après-midi, les urgences du Médipôle se sont mobilisées pour dénoncer deux nouvelles agressions au sein de l’établissement. En dix jours, une infirmière et un médecin ont été frappés par des patients.  

Mercredi dernier, un médecin urgentiste a été frappé au visage par un patient en manque de traitement, qui souffrait de troubles psychiatriques. Bilan : un jour d’ITT pour l’urgentiste et un placement au Centre hospitalier spécialisé (CHS) Albert-Bousquet pour le malade. Pour le personnel des urgences du Médipôle, c’est l’agression de trop. 

Il y a une dizaine de jours, une infirmière des urgences a également été frappée à l'abdomen par une patiente. Elle témoigne au micro de Coralie Cochin :

Interview d'Irène, infirmière au Médipôle

En juillet, déjà, une aide-soignante du service avait été blessée pendant sa garde de nuit. Un patient alcoolisé lui avait assené un violent coup de tête.  

Une désertification médicale grandissante 

Les urgences ne sont pas les seules à faire les frais de cette recrudescence de violences. Lundi dernier, un médecin libéral de Kaméré, à Nouméa, a été victime d’une lourde agression dans son cabinet. Dans la nuit de mardi à mercredi, le dispensaire de Canala a également été la cible d’une tentative de cambriolage. Face à la désertification médicale qui s’accentue dans tout le pays, les urgences du Médipôle se retrouvent en première ligne pour stopper l’hémorragie tant bien que mal. 

Enrayer le cercle vicieux

Non seulement parce qu’elles pallient le manque de médecins généralistes et spécialistes avec des malades qui viennent aux urgences en dernier recours, mais aussi parce qu’elles font face à des patients de plus en plus excédés par la défaillance de la prise en charge et par une file d’attente de plus en plus importante. Or, plus les patients seront en souffrance, plus les risques d’agression seront nombreux et moins il sera facile de recruter des médecins. 

Une sorte de cercle vicieux qu’il faut enrayer au plus vite, alertent les soignants. Ils demandent à ce que les problèmes d’insécurité soient pris à bras le corps. À l'image de la Polynésie, où le recrutement de médecins est moins difficile qu’ici, comme le confie le directeur du CHN, Joachim Tutugoro. 

Pour Guillaume Dureau, médecin aux urgences, ces violences sont avant tout le symptôme de la dégradation de l’offre de soins dans le pays. Il répond à Coralie Cochin. 

Interview du Dr Guillaume Dureau

Même constat du côté de la direction du CHT. Les urgences pallient la pénurie de soignants sur le territoire. Et les files d’attente s’en ressentent. C'est ce que constate Guy Allouard, directeur des affaires médicales au micro de Coralie Cochin :

Interview de Guy Allouard du CHT

Le reportage d'Yvan Avril et Nicolas Fasquel :

©nouvellecaledonie