Le dossier usine du Sud provoque un début de semaine mouvementé

social nouméa
Lundi matin de blocage, 16novembre, dossier usine du Sud
©NC la 1ere
Comme annoncé, la Nouvelle-Calédonie a débuté la semaine sous le signe des blocages et du bras-de-fer en cours quant au rachat de l’usine du Sud. Perturbations routières, paralysie du port autonome, lettre du ministère des Outre-mer, comité d'entre prise de Vale NC : le résumé de la journée. 

 

La voie express en partie barrée

Un blocage routier, et des kilomètres d’embouteillages dans le Grand Nouméa : tôt ce lundi matin, une cinquantaine de manifestants barrent une partie de la voie express, à la limite Sud de Dumbéa, avec troncs d’arbre et équipements de chantier. Comme annoncé durant les trois derniers jours, il s’agit d’accentuer la pression concernant la cession de l’usine du Sud : à l’appel du collectif «Usine pays» et de l’Ican, les militants défendent l’offre Sofinor - Korean zinc.
 

Les blocages répétés […] empêchent des milliers de Calédoniens de travailler, dans un contexte économique et social déjà difficile, et des centaines d’élèves de préparer leur baccalauréat dans les meilleures conditions.

- Les quatre maires de l'agglo nouméenne

 

Dans les bouchons par milliers

Les usagers de la voie de dégagement Ouest doivent s’armer de patience, dès 5 heures, patientant parfois très longtemps avant de rallier la capitale. La circulation est fortement ralentie, et déviée par Normandie. «On fait petit à petit !», philosophe l'un, avec toutefois une pensée inquiète pour sa mère, âgée et sans «personne pour la garder» du fait de ces problèmes de circulation.
 

Je trouve ça aberrant, de mettre les gens en retard comme ça pour le travail.

- Une automobiliste coincée dans les bouchons

 

Les gendarmes interviennent

Aux alentours de 9 heures, le triple blocage de la voie express barrage est levé, après intervention d’un escadron de gendarmerie.
 

Des militants déterminés

Selon les manifestants, une telle action est essentielle, «pour interpeller l’ensemble de la population», sur ce sujet du rachat de Vale NC. Un bras de fer loin d’être terminé, puisque d’autres actions sont annoncées, tout au long de la semaine. Les Calédoniens doivent s’attendre à de nouvelles perturbations, sur l’ensemble du pays.
 

On interpelle l'Etat […] et on attend des retours. Maintenant, s'ils veulent utiliser la force, ils nous auront en face. On ne lâchera pas. Tant au niveau de l'usine que dans la capitale, dans tout le pays.​​​​​​

- Maurice Dhou, membre du collectif et de l'Ican


Le reportage de Lizzie Carboni et Christian Favennec :
 

La mise au point de l'Etat 

En cours de journée, une lettre fait le tour du Caillou. Elle porte l'en-tête du ministère des Outre-mer et contient la réponse de l'Etat aux sollicitations des manifestants. «L’offre portée par le consortium “Prony Resources” est la seule offre viable dont l’Etat ait eu connaissance», écrit le directeur de cabinet de Sébastien Lecornu. «De manière générale et, plus encore, dans le contexte politique calédonien actuel, force doit rester à la loi», dit-il aussi. 

Les atteintes aux biens et aux personnes constatées ces derniers jours ne conduiront à aucune solution positive pour la Nouvelle-Calédonie.

- Philippe Gustin, directeur de cabinet du ministre des Outre-mer

 

Une «lettre ouverte» venue de Vale

Autre courrier diffusé, dans la soirée, cette «lettre ouverte» émise par le comité d’entreprise de Vale NC. Elle interpelle quant au blocage de l'usine du Sud, dont l’accès est fortement restreint depuis jeudi : «Depuis la semaine dernière, l’usine n’est plus alimentée en minerai. […] Faute de minerai, les trois autoclaves ont été arrêtés»... Un fonctionnement au ralenti qui pourrait avoir de lourdes conséquences, alertent les représentants des salariés.
Résumé par Lizzie Carboni :
 

Nous devrions décider ce jeudi, si la situation perdurait, de l’arrêt complet des unités avec des coûts de redémarrage et des risques de perte d’intégrité des équipements qu’il faudra assumer.

- Comité d'entreprise de Vale NC

 

Actionnariat salarié : l'USTKE se désengage

On l'apprendra ensuite : l’USTKE, l’un des principaux syndicats de Vale, se désengage de l’accord d’actionnariat salarié proposé par Prony Resources…. Selon le syndicat, l’accord ne serait plus conforme à ce qu’il aurait signé il y a quelques semaines.
 

Le port autonome paralysé

Autre mobilisation : celle au port autonome de Nouméa, dont l’accès est bloqué depuis jeudi matin. A ce jour, très peu de marchandises sortent de la zone portuaire. Tour d’horizon des conséquences, sur l’économie et les entreprises.
Un point de Caroline Antic-Martin et Laura Schintu:
 

Le port autonome, c’est le poumon économique du pays. Les containers de première nécessité ont été sortis, les explosifs et autres. Là, il y a des containers de la SLN qui vont être roulés pour être embarqués. On n’est pas là pour tuer l’économie du pays.

- Roger Noraro, membre de l'Ican

 

Préalable minier et invité du JT

Le journal télé de ce lundi soir est par ailleurs revenu sur le sens de l'expression «préalable minier» que l'on entend à nouveau, dans le contexte de cette mobilisation autour de l'«usine pays». Et il avait pour invité Raphaël Mapou, qui s'est exprimé au nom de l'Ican et du collectif.
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