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Assises : dix ans de prison pour Iveric Gnibekan

Iveric Gnibekan, 29 ans, a été condamné mardi soir à dix ans de prison pour le meurtre de Ramon Noraro et tentative de meurtre sur Jérôme Wamytan. Le terme du procès destiné à éclaircir le drame survenu le 19 décembre 2016, à la tribu de Saint-Louis, dans un contexte d’extrêmes tensions.

© NC la 1ère / Claude Lindor
© NC la 1ère / Claude Lindor
  • Erik Dufour, avec F.T.
  • Publié le , mis à jour le
Le verdict est tombé mardi dans la soirée, après plus de trois heures de délibéré: Iveric Gnibekan est condamné à dix ans de réclusion criminelle. Il a été reconnu coupable du meurtre de Ramon Noraro et de la tentative de meurtre sur Jérôme Wamytan. La cour et les jurés l’ont, en revanche, acquitté de la tentative de meurtre sur Fernand Noraro.
 

Après la mort de William Decoiré

Le drame avait eu lieu le 19 décembre 2016. Un mois et demi plus tôt, William Decoiré, originaire de Saint-Louis, était mortellement blessé lors d’un contrôle de gendarmerie à La Coulée. Depuis, les exactions se succédaient aux abords de la tribu : affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, blocages de la route provinciale… La situation était explosive.
Le rappel d'Erik Dufour au premier jour du procès, lundi 10 septembre. 
ASSISES PROCES I. GNIKEBAN
 

Soupçons

C’est dans ce contexte qu’a éclaté, le 19 décembre, la fusillade faisant un mort et deux blessés graves au sein de la tribu. Ramon Noraro, la victime qui va décéder, est cet évadé du Camp-Est considéré comme le meneur des violences. Il reprochait à Iveric Gnibekan - lui aussi en cavale - de ne pas être sur les barrages, et le soupçonnait de servir d’indic à la gendarmerie. 
 

Témoignages confus

Durant ces deux jours, la cour d’assises a cherché à mieux comprendre les circonstances du drame, pour juger cet homme de 29 ans, multirécidiviste, père d’une petite fille et doué d’un talent de dessinateur. Les témoignages se sont avérés confus, voire contradictoires.
 
© NC la 1ère
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Thèse de la légitime défense

Iveric Gnibekan plaidait la légitime défense. Son avocat Frédéric de Greslan, n’a pas ménagé ses efforts pour développer cette thèse, invoquant le contexte insurrectionnel de la tribu de Saint-Louis au moment des faits. Des faits qui auraient contraint l’accusé à se défendre face à de dangereux agresseurs.
 

Peu d'arguments

Iveric Gnibekan disposait pourtant de peu d’arguments pour expliquer ses tirs, à l’exception de la peur et du stress, pour protéger sa famille - son père, sa compagne et son enfant. Enfin, pour le tir mortel sur Ramon Noraro, l’accusé persistait à dire qu’il avait tiré sans viser. Mais plusieurs témoins affirmaient qu’il avait épaulé avant de faire feu.
 
© NC la 1ère
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Pardon

Durant ce procès, il a formulé des regrets,  il a demandé pardon à la famille Noraro. «Essayez de vous mettre à ma place, essayez de me comprendre», a-t-il lancé. Reste que cette thèse de la légitime défense n’a pas convaincu. Pour Xavier Lombardo, l’avocat des parties civiles, la culpabilité de l’accusé ne faisait aucun doute : il était prêt à tuer, a-t-il estimé, sa famille n’avait pas besoin d’être défendue de la sorte.
 

Défense balayée 

Même tonalité pour le ministère public. L’avocat général Christian Pasta a rayé d’un trait l’idée de légitime défense. Il a requis entre seize et vingt ans de prison. Le verdict a été plus clément. 

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