Référendum : les indépendantistes ne veulent pas rencontrer le ministre

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Référendum : urne vide bureau de vote de la tribu de Tiendanite à Hienghène
'urn edu référendum encore vide, le 12 décembre 2021, tribu de Tiendanite, à Hienghène. ©Brice Bachon / NC la 1ère
Au lendemain de la troisième consultation prévue par l’Accord de Nouméa, boudée par les indépendantistes, leurs représentants réagissent aux résultats. Ils contestent la "légitimité" et la "validité" du scrutin, confirment attendre "le renouvellement du gouvernement français" et ne comptent pas rencontrer Sébastien Lecornu, de passage en Nouvelle-Calédonie.

Quelques voix se sont exprimées malgré le silence radio annoncé aux médias, notamment celles de Roch Wamytan ou Charles Wea depuis Paris et Jacques Lalié depuis Wé. Pour le reste, c’est plutôt par communiqué que le comité stratégique indépendantiste de non-participation réagit à la consultation d’autodétermination dont les résultats officiels ont été proclamés ce lundi 13 décembre.

"Les chiffres parlent d'eux-mêmes"

Aucune des structures qu’il représente "ne rencontrera le ministre des Outre-mer actuellement en visite", est-il confirmé dans celui qui a été diffusé ce lundi soir. "Les chiffres des résultats parlent d’eux-mêmes ; nul n’a besoin de les commenter avec le ministre qui (…) a désavoué nos réalités culturelles et n’a jamais entendu notre argumentaire afin de maintenir nos liens de discussions et de paix." Et d’ajouter : "Le discours d’Emmanuel Macron pour ‘valider’ les résultats ne fait pas honneur à la France."

Les enseignements du scrutin

Quant aux "enseignements politiques" du référendum : "Tout d’abord, le Non a reculé dans tous les bureaux de vote et justifier cela sur de quelconques pressions est une légende urbaine qui ne tient plus la route", développe-t-il en réponse aux propos tenus par des responsables loyalistes au soir du scrutin. Par ailleurs, "le comportement de notre jeunesse a été exemplaire, à la hauteur de l’enjeu et démontre qu’elle est digne de confiance face à la provocation", poursuit-t-il, en se réjouissant ensuite de la forte abstention qui a fait écho à la consigne de non-participation.

Les indépendantistes regroupés sous la bannière du CSI-NP ne reconnaissent pas la légitimité et la validité de ce scrutin qui leur a été confisqué.

Comité stratégique indépendantiste de non-participation

"Plus engagé" dans "le calendrier Lecornu"

"Ce référendum n’est pas conforme à l’esprit et à la lettre de l’accord de Nouméa, processus de décolonisation, et pas conforme également aux résolutions de l’ONU qui a inscrit la Nouvelle-Calédonie sur la liste des pays à décoloniser", enchaîne le communiqué.  "Le calendrier Lecornu est dorénavant chamboulé. Le CSI-NP n’y est plus engagé. Les dix-huit mois annoncés ne sauraient commencer avec un gouvernement français en fin de mandat. La présence du ministre des Outre-mer chez nous relève plus de la campagne présidentielle qu’[elle n’est] porteuse de solutions d’avenir." 

Signataires

Et de répéter : "nous attendons le renouvellement du gouvernement français pour engager de véritables discussions sur l’accession du pays à sa pleine souveraineté." Un communiqué signé de :

  • Pierre-Chanel Tutugoro, pour l’Union calédonienne
  • Marie-Pierre Goyetche, Parti travailliste
  • André Forest, USTKE
  • Aloisio Sako, RDO
  • Jean-Marie Ayawa, DUS
  • Wassissi Konyi, Palika
  • Victor Tutugoro, UPM.