Nouvelle-Calédonie : pour l’indépendantiste Roch Wamytan, président du Congrès, le référendum est "nul et non avenu"

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Roch Wamytan
Roch Wamytan, le 12 décembre 2021 à Paris ©FTV
La figure historique du FLNKS indépendantiste était à Paris ce dimanche, alors que le peuple calédonien était consulté sur l'indépendance de son archipel. Il ne reconnaît pas les résultats du référendum et indique vouloir attendre que l'élection présidentielle soit passée pour négocier avec l'État.

Alors que 75 000 Calédoniens ont voté "Non" à l'indépendance dimanche 12 décembre, et que près de 56 % des électeurs ont boudé les urnes, boycottant le troisième référendum sur l'autodétermination de l'archipel, l'un d'entre eux était à des milliers de kilomètres de là, à Paris. Roch Wamytan, qui fut l'un des signataires de l'Accord de Nouméa en 1998 et qui est désormais président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie, revient d'un voyage à New York, où il est allé dénoncer le maintien du référendum auprès de l'ONU.

Pendant que les résultats tombaient, accordant une large victoire aux loyalistes (96,5 %), l'indépendantiste réfutait la validité du scrutin dans les médias. "Nous [les indépendantistes] ne reconnaissons pas le résultat de ce référendum", a-t-il martelé à Outre-mer La 1ère, évoquant un référendum "bidon", "nul et non avenu".

Les deux camps dos à dos

Pour l'élu de 70 ans, les deux camps - indépendantistes et loyalistes - ont gagné le référendum :

Nous avons lancé un appel pour dire à notre population de ne pas participer à ce vote. Ils nous ont suivi, puisqu'on est à plus de 50 % du taux de participation (...) Les autres [les loyalistes] ont participé à ce référendum, mais ils sont à moins de 50 % au niveau de leur résultat. Donc, nous sommes, nous, satisfaits, et eux, ils sont satisfaits.

Roch Wamytan, président du Congrès de la Nouvelle-Calédonie

"Les deux groupes sont renvoyés dos à dos", estime-t-il. Avant d'ajouter : "Si juridiquement [le référendum] est légitime, au niveau politique, il est complètement illégitime".

Roch Wamytan a par ailleurs annoncé que le FLNKS ne s'assoira pas à la table des négociations avec le gouvernement, qui désire réunir toutes les parties pour discuter de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie, avant la fin des élections présidentielle et législatives de 2022. "Nous attendons que le prochain président de la République soit élu, et que le prochain gouvernement soit en place, pour pouvoir venir à la table des négociations", a-t-il dit, assurant qu'il pourra dès lors présenter un plan d'indépendance au nouvel exécutif.

Malgré une défaite apparente, le militant kanak garantit que le 12 décembre ne marque pas la fin du mouvement indépendantiste calédonien : "La Nouvelle-Calédonie conserve sa vocation à être indépendante, un jour."

Regardez l'interview accordée par Roch Wamytan à Viviane Dauphoud-Eddos pour Outre-mer La 1ère :

©la1ere