Reprise de l’usine du Sud : le consortium Sofinor-Korea Zinc annonce le retrait de son offre

nickel
Mosaïque retrait de l'offre Sofinor-Korea Zinc
©NC la 1ere
Au soir d'une journée extrêmement agitée en Nouvelle-Calédonie, le dossier «reprise de l'usine Vale» a connu un rebondissement fracassant, lundi : l'annonce du retrait de l'offre défendue âprement au nom du consortium Sofinor-Korea Zinc. Eléments d'explication, et réactions.
[AVEC REPORTAGE SUR LES REACTIONS]

Au terme d’une journée d’affrontements et de blocages, un coup de tonnerre. Par un communiqué, la Sofinor annonçait lundi soir qu’«eu égard à la situation, Korea Zinc, notre partenaire industriel dans le cadre de la proposition de reprise de l’usine du Sud, nous a fait part, ce jour, de son souhait de se retirer du projet»
 

«Avec regret»

Et que par conséquent, «il en résulte le retrait de l’offre portée par le consortium Sofinor-Korea Zinc». Cette même offre qui était portée à bout de bras et de mobilisation sur le terrain. «Retrait opéré avec regret», développe le communiqué du groupe Sofinor, «puisqu’il porte depuis près de dix mois un projet résolument calédonien».
 

On accuse le coup.

- Ulrich Reber, pour la Sofinor, au JT de lundi


Communiqué complet ici :
Réaction d'Ulrich Reber au JT, avec Thérèse Waïa : 

Pour Raphaël Mapou, une décision «logique» et qui «ne change rien»

Une décision logique, pour l’Instance coutumière autochtone de négociation, l'Ican, qui n'a eu de cesse de soutenir ce projet de reprise de l’usine du Sud par le consortium Sofinor-Korea Zinc. Lundi soir, Raphaël Mapou, son porte-parole, parle de «pressions» qui auraient été excercées par l’Etat, la présidente de la province Sud ou encore Vale NC. Et il assure que la mobilisation continue, cette fois pour le retrait du projet Prony Resources / Trafigura.
Ses explications recueillies par Claudette Trupit :

Retrait Korea Zinc itw Raphaël Mapou

 

Calédonie ensemble «prend acte» et s'en remet à l'Etat

Dans la foulée, réaction de Calédonie ensemble. «Nous indiquions, depuis le lancement de la procédure de mise en vente, qu’il fallait lever l’hypothèque Korea Zinc en lui permettant d’accéder à la procédure de due diligence pour finaliser son offre», déclare le mouvement de Philippe Gomès via un communiqué. «Cette perspective est désormais caduque, puisque l’industriel s’est retiré du partenariat qu’il avait noué avec la Sofinor. Nous en prenons acte.»
Il poursuit : «Nous prenons acte également que l’Ican et les indépendantistes ont affirmé, qu’à défaut d’un repreneur accepté d’accord parties et d’un process industriel garantissant la valorisation optimale de la ressource, [ils privilégieraient] la mise en sommeil de l’usine. Si tel était le cas, ce serait un cataclysme politique, économique et social pour notre pays».
«Nous devons inventer un compromis sur la reprise de l’usine du Sud, comme cela a été le cas en 1998 avec la cession du massif du Koniambo ou l’entrée des intérêts calédoniens dans la SLN. Aucun dialogue politique ne pourra être réinitié sans un accord préalable sur l’usine du Sud», poursuit Calédonie ensemble.
«C’est pourquoi, notre appel au président de la République pour que l’Etat reprenne en main ce dossier afin d’en assurer un règlement pacifique, demeure plus que jamais d’actualité.» 
 

Le FLNKS «dans la stupeur»

«On est un peu dans la stupeur, ce soir», reconnaît Victor Tutugoro, porte-parole du FLNKS. «Nous avons besoin, maintenant, de nous coordonner avec l’Ican, le collectif, […] pour essayer de comprendre ce qu’il se passe. […] On ne serait pas surpris que le gouvernement français ait mis la pression sur Korea Zinc au regard de ce qu’il se passe dans le pays.»
Ecoutez Victor Tutugoro joint par Claudette Trupit :

Retrait Korea Zinc itw Victor Tutugoro

 

L'USTKE suspend la reconduction de sa grève

Dans la soirée, l'USTKE s'adaptait également à la situation, en tenant une nouvelle assemblée générale, devant son siège de la Vallée-du-Tir. Alors que l'appel avait été renouvelé pour mardi, «suspension du mouvement de grève de 24 heures» dans le privé. Une autre assemblée générale est prévue ce 8 décembre, en fin de matinée, «afin d'avoir un rendu de la situation actuelle».

Puis dans la nuit calédonienne, la réaction du ministre des Outre-mer : 

Sonia Backès évoque «le sauvetage» de l'usine

Mardi matin, Sonia Backès s’est exprimée sur le sujet, d’abord par le biais des réseaux sociaux, et en se référant à une lettre reçue de l’industriel coréen. «J’ai été destinataire hier soir de ce courrier de retrait de Korea Zinc du projet de rachat de l’usine du Sud. J’en prends acte», écrit la présidente de la province Sud.
«La responsabilité de chacun consiste désormais dans le sauvetage de cette usine et de ses emplois dans le cadre d’un projet partagé par le plus grand nombre», développe-t-elle. «La seule offre encore en course, celle de Prony Resources, permet la participation d’un actionnariat calédonien à hauteur de 50% qu’il nous appartient désormais de construire ensemble.»
«Le rétablissement de l'usine du Sud restera un défi pour plusieurs années», selon Sonia Backès, qui ajoute : «J’évoquerai jeudi, lors du groupe Leprédour, la manière dont nous pouvons écrire l’avenir et notamment la manière dont le nickel calédonien peut bénéficier du soutien de l’Europe. Je souhaite désormais que tous les acteurs calédoniens participent ensemble à ce projet qui doit appartenir à chacun de nous. Où chacun a sa place.» 

L'Eveil océanien appelle «à la raison et au consensus»

L’Eveil océanien aussi réagit ce mardi matin via les réseaux sociaux. «Avec l’annonce choc d’hier soir de Sofinor quant à l’abandon de la candidature de Korea Zinc, nous renouvelons l’appel à la raison et au consensus», écrit le parti de Milakulo Tukumuli. «Malgré la mauvaise gestion de ce dossier qui semble malheureusement se poursuivre, la guerre civile ne doit pas être une éventualité ni maintenant, ni à l’approche du 31 décembre, ni jamais. Le dialogue doit se faire et aboutir pour sauver les 3000 emplois en maintenant absolument la paix

Alors que la Sofinor annonce déjà un «plan B» pour la reprise de l’usine du Sud, le point sur les réactions de la classe politique, par Nathalie Rougeau et Claude Lindor: 
 
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