Comment aider les victimes de violences sexuelles ?

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Table ronde sur les violences sexuelles en Nouvelle-Calédonie le 26 novembre 2021 ©Caroline Antic-Martin
A l'invitation du gouvernement, une table ronde sur les violences sexuelles se tenait ce vendredi 26 novembre au centre culturel du Mont-Dore. Parmi les questions abordées : le cadre légal, l'accompagnement judiciaire et la détection des victimes.

"En Nouvelle-Calédonie, les chiffres sont très alarmants, et ils sont cinq à six fois plus, rapportés à la population, qu’en Métropole. Et ils touchent toutes les communautés, les hommes, les femmes et les mineurs". Les propos sont d’Isabelle Champmoreau, vice-présidente du gouvernement, en charge de la lutte contre les violences conjugales, ce vendredi 26 novembre lors de la table ronde organisée sur les violences sexuelles.

La parole se libère


Au-delà des chiffres, l’objectif de cette table ronde est de présenter l’ensemble des actions et moyens disponibles pour accompagner les victimes, les auteurs et les témoins de violences sexuelles. Pour rappel, en Nouvelle-Calédonie, une femme sur huit a été victime d’attouchements sexuels, de tentatives de viol ou de viol avant l’âge de 15 ans.
Et si ces chiffres évoluent malheureusement peu, la parole, elle, se libère.
" Il y a toujours énormément de faits, mais ces faits sont de plus en plus souvent dénoncés" explique Anne-Marie Mestre, présidente de l’association SOS Violences. "Donc, j’aurais tendance à vouloir penser que le fait que ces faits soient dénoncés, ça va permettre petit à petit une prise de conscience collective qui existe, qui est là, et de façon à ce que finalement un jour, ils descendent (les chiffres)".

Cibler les primo-délinquants


La parole se libère et le cadre juridique évolue pour les victimes, mais aussi pour les auteurs de violences sexuelles, notamment les primo-délinquants.
" Pour les primo-délinquants, nous avons décidé, dans un partenariat avec la DPASS Sud, la mise en place d’un stage de responsabilisation des auteurs de ces violences conjugales" expliquait à la tribune Yves Dupas, le procureur de la République en Nouvelle-Calédonie. "Et donc c’est un stage qui vise à prévenir la récidive pour des auteurs primo-délinquants. Au 15 octobre, 120 personnes incarcérées l’étaient pour des violences conjugales".

Identifier les victimes


Encore faut-il que victimes et auteurs de violences sexuelles soient identifiés ; les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées constituent souvent un premier niveau d’alerte
" La consultation dans un dispensaire ou au centre de conseil familial ou auprès de l’infirmière scolaire pour dire : "j’ai peur d’avoir attrapé une IST" ou "j’ai peur d’être enceinte", c’est le premier pas, ça va être l’ouverture de la porte pour pouvoir être pris en charge plus globalement s’il y a eu des violences sexuelles" explique le Dr Brigitte Lèques, médecin responsable du centre de conseil familial jusqu'en 2016.
A noter que l’Etat et le gouvernement ont lancé une étude sur les violences conjugales portant sur 6 000 personnes dans les trois provinces. Les chiffres seront connus dès 2022.
Le reportage de Caroline Antic-Martin et Gaël Detcheverry 

©nouvellecaledonie