Inscription d’office des natifs : les réactions au rejet du texte par les députés

référendum
L'Assemblée nationale rejette l'inscription d'office de tou sles natifs sur la liste référendaire, 31 janvier
©Outre-mer la 1ere
La nuit dernière, horaires de Nouvelle-Calédonie, les députés refusaient la proposition de loi organique pour l'inscription d'office de tous les natifs sur la liste référendaire. Un rejet attendu qui déçoit malgré tout les formations loyalistes, mais satisfait les élus indépendantistes. 
 

Pierre Chanel Tutugoro : les élus UC-FLNKS «satisfaits et rassurés»

«On est très satisfaits du vote défavorable de l'Assemblée nationale, qui correspond à la proposition de rejet de la part de la commission des lois», confirme Pierre Chanel Tutugoro, secrétaire général de l'Union calédonienne, au nom du groupe UC-FLNKS et Nationalistes au Congrès. «On est plus que satisfaits, et rassurés, de conforter les décisions que l'on prend au sein du Comité des signataires.» Le FLNKS avait dénoncé cette proposition de loi organique.
 

Philippe Gomès : «La sincérité et la légitimité du référendum sera entachée»

«On a maintenu le flux des Calédoniens qui votent majoritairement en faveur de l'indépendance, qui continuent à être inscrits d'office», pose le député UDI Philippe Gomès, rapporteur du texte. «Et on a interrompu le flux des Calédoniens de droit commun qui eux, votent majoritairement pour rester au sein de la République française. Donc, oui : la sincérité et la légitimité du référendum du 6 septembre 2020 sera entachée.»
 

«Regrettable», pour Virginie Ruffenach

«Il est très regrettable que la majorité n’ait pas voté cette proposition de loi», estime Virginie Ruffenach, secrétaire générale du Rassemblement-LR et présidente du groupe Avenir en confiance au Congrès. «Parce qu’il y a une discrimination qui est établie entre les différents citoyens calédoniens : ceux qui, de statut coutumier, n’auront aucune démarche à faire pour être inscrits sur la liste du référendum et ceux qui ont eu à en faire et qui sont de droit commun, alors que ce sont des Calédoniens dans tous les cas de figure.»
 

Inscription d'office de tous les natifs : Avenir en confiance by Françoise Tromeur on Scribd


L'AEC insiste sur ces regrets dans un communiqué. La plate-forme loyaliste évoque «une rupture d'égalité entre les Calédoniens». Et n'en démord pas : «Nous espérons que, conformément à la loi, l’État fera le nécessaire pour que les 2877 jeunes majeurs [de droit commun] qui remplissent les conditions soient bien inscrits d’office sur la liste.»

Compte-rendu et premières réactions par Outre-mer la 1ere :
©nouvellecaledonie
 

Nicolas Metzdorf : «Une mascarade politicienne à la veille des municipales»

«Tout ce ramdam autour des natifs», écrit sur les réseaux sociaux Nicolas Metzdorf, «fait bien sourire» le président de Générations NC. «C’est au Comité des signataires qu'il fallait être réveillé», dénonce-t-il en ajoutant : «Quel échec des trois partenaires de l’Accord. Ce qui vient de se passer à l’Assemblée nationale n'est qu'une mascarade politicienne à la veille des élections municipales. Plus personne n'est dupe.»
 

Durant le Comité des signataires

Rappelons qu'en octobre dernier, durant le dix-neuvième Comité des signataires, les indépendantistes ont refusé que soit renouvelé le dispositif d'inscription automatique pour les non-Kanak. Le Premier ministre, Edouard Philippe, a promis que les électeurs concernés seraient «identifiés» et «contactés personnellement» afin qu'ils fassent la démarche de s'inscrire sur la liste spéciale référendaire en vue du 6 septembre.
 

Chiffres

Mais d'après Philippe Gomès, «les courriers envoyés par l'Etat pour inciter les natifs de droit commun à s'inscrire n'ont pas touché leur cible» et «sur les 5 400» personnes concernées, «moins de 20% seront, au bout du compte, effectivement inscrites sur la liste électorale spéciale». Des chiffres «totalement faux» selon la ministre des Outre-mer. Annick Girardin a dénoncé un texte qui «peut profondément déstabiliser l'équilibre consensuel construit depuis trente ans en Nouvelle-Calédonie».
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