Le collectif «Usine du Sud» dresse un point d'étape

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Collectif Usine du Sud avec Ican et FLNKS, belvédère de Goro, 26 janvier 2021
©Bernard Lassauce / NC la 1ere

Ils étaient tous représentés, mardi, au belvèdère qui surplombe le complexe industriel de Vale Nouvelle-Calédonie : l’Ican, le FLNKS et le collectif «Usine du Sud = usine pays», rassemblés pour faire le point sur la mobilisation contre le projet Prony Resources.

[MISE A JOUR AVEC REACTION DE VALE] 

Mardi matin, à Goro, le collectif au grand complet s'est présenté devant la presse. Depuis le belvédère de Goro, avec l'usine du Sud en arrière-plan, il s'agissait de faire le point sur le dossier. Et surtout de parler d'une seule voix. Celle, en l'occurrence, de Pierre-Chanel Tutugoro pour le bureau politique du FLNKS, qui a repris la main.

Le reportage de Bernard Lassauce et Claude Lindor :

 

Discours plus politique

Le discours s'est voulu plus politique. Sonia Backès et la province Sud ont été des cibles de choix. La présidente serait «responsable» de cette situation où l'usine Vale est à deux doigts de la fermeture. Elle est accusée de vouloir passer en force avec l'offre Prony Resources.

Toujours «non» à Prony Resources

Offre dont le collectif ne veut toujours pas. Raphaël Mapou parle d'«éliminer Trafigura-Beurrier» du dossier. Pour le reste, c'est l'offre, et rien que l'offre, de reprise transitoire avec le trio SPMSC (Société de participation minière du Sud calédonien), Etat et Vale NC qui est privilégiée. 

La solution qu'on préconise est une solution transitoire. Mais on souhaite que la solution finales soit une solution partagée par tous. Et non pas imposée. Et ce sera pas la solution du FLNKS. Ce sera une solution de tous les Calédoniens. 

- Pierre-Chanel Tutugoro, porte-parole du bureau politique du FLNKS

 

Négocier

Et la négociation reste possible, estime Pierre-Chanel Tutugoro. Seulement, le temps presse. L'Etat sollicité par courrier sur ce problème depuis le 29 décembre n'a pas encore donné suite. Et le 12 février, date butoir fixée par Vale Toronto, approche à grands pas. 

Avant de parler du choix du candidat qui doit reprendre l'usine, c'est ce qu'on a appelé la sécurité environnementale.

- Raphaël Mapou, Instance coutumière autochtone de négociation

 

Collectif Usine du Sud, drapeau kanaky indépendantiste belvédère de Goro, 26 janvier 2021
©NC la 1ere

CICS le 4 février

Prochain rendez-vous, le jeudi 4 février, avec la réunion du CICS -  c'est le Comité d'information, de concertation et de surveillance sur les impacts environnementaux du site industriel de Goro. Seront alors rendues publiques un certain nombre d'études environnementales, et les conclusions de la table ronde du 12 janvier dernier. Peut-être un coin de ciel bleu au-dessus de l'usine du Sud, où l'activité, aujourd'hui, est au point mort. 

Aujourd’hui, ce dossier a rassemblé le peuple kanak. Je crois que c’est ça qu’il faut souligner, et c’est l’essentiel.

- Louis Kotra Uregei, président du MNSK

 

«Extrêmement choqués»

Au lendemain de ce point de situation, Vale NC réagissait au lieu retenu pour l'organiser. «Nous, l’ensemble des personnes qui travaillent sur le site de Vale NC, sommes extrêmement choqués par le fait que le FLNKS ait choisi le belvédère pour tenir une conférence de presse.» Rappelant les violences récurrentes de ces dernières semaines à proximité du complexe, le communiqué souligne en effet que «beaucoup de ces agressions sont menées depuis le belvédère». Selon l'industriel, un lance-pierre avait même été fixé sur la rambarde pour augmenter la portée des jets de cailloux.

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