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Kouaoua sort de sa léthargie

Après l'accord provisoire trouvé la veille, l'activité a repris ce jeudi matin sur le centre minier SLN de Kouaoua. Une réouverture d'une semaine qui a commencé par un état des lieux. Reportage.

Le 25 octobre au matin, des cadres et des représentants des salariés retrouvent les installations de la SLN à Kouaoua. © NC la 1ere / Jean-Noël Méro
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro Le 25 octobre au matin, des cadres et des représentants des salariés retrouvent les installations de la SLN à Kouaoua.
  • Jean-Noël Méro et Coralie Cochin, avec F.T.
  • Publié le
Il est 6h30, à Méa, ce jeudi 25 octobre. L'accès au portail est déblayé des carcasses de voiture, branchages et pierres qui l'encombraient. Les membres du collectif qui le bloquaient depuis le 6 août observent. «On est calmes, décrit en porte-parole Hollando Nimoiri depuis le campement conservé sur le bord du chemin. On attend la discussion qui va suivre.»
 
Le collectif conserve un campement en bord de route. © NC la 1ere / Jean-Noël Méro
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro Le collectif conserve un campement en bord de route.
 

Inventaire

Collectif et coutumiers doivent encore se revoir, avant de rencontrer la SLN et de décider d'un accord définitif. Mais les salariés du Nickel, et ses sous-traitants, poussent d'ores et déjà un ouf de soulagement. Le site est ouvert pour une semaine. Les employés montent vérifier l'état de leur outil de travail. «Aujourd'hui, c'est une étape de réouverture, détaille Jeanne Setiano De Bascoche, chef de centre. Une équipe d'encadrement et des salariés vont assister à l'ouverture, réaliser un état des lieux complet et détaillé, qui sera contradictoire, pour vérifier l'état de la mine après ces 80 jours de blocage.»
 
Geste auprès des coutumiers au nom des salariés de la SLN. © NC la 1ere / Jean-Noël Méro
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro Geste auprès des coutumiers au nom des salariés de la SLN.
 

Geste

Avertis la veille, les travailleurs dispersés sur les autres centres de la SLN se trouvent sur le chemin du retour. Au village, leurs représentants ont tenu à remercier les coutumiers de leur patience tout au long de ces négociations, éprouvantes. «Ça a été un moment dur à porter, surtout à notre niveau, nous les coutumiers, parce qu'on dit toujours qu'on est entre le marteau et l'enclume, réagit Joël Diainon, président du district de Kaa Wi Paa. On essaie de satisfaire les uns et les autres mais on ne fait pas toujours des contents.» Quant à la population, elle sort d'une longue léthargie. 
Le reportage télé de Jean-Noël Méro.
REOUVERTURE MINE KOUAOUA
 

Rencontre de la dernière chance

La situation s'est débloquée ce mercredi, lors d'une rencontre de la dernière chance avant une éventuelle intervention des forces de l'ordre. Après environ sept heures de réunions et de navettes, les quatre parties en présence ont su s'entendre. Dans un communiqué de la SLN, diffusé ce jeudi matin, «l’entreprise regrette que ce conflit n’ait pu être résolu plus tôt et rappelle sa volonté constante de concertation. Ce blocage montre qu’il est impératif d’améliorer le processus de dialogue et de consultation avec l’ensemble des parties prenantes.»
 
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro
 

Eramet évoque une lourde somme

Au chapitre des conséquences, le groupe Eramet auquel appartient la SLN évalue à environ quinze millions d'euros (près d'1,8 milliard CFP) l'impact, sur son résultat opérationnel 2018, des blocages survenus à Kouaoua mais aussi Tiébaghi.
 

La SLN ne chiffre pas encore

«il est encore trop tôt pour quantifier l’impact global de ce blocage sur nos opérations», estime pourtant Le Nickel, qui rappelle toutefois: «La contribution du site qui était bloqué depuis le 6 août dernier est essentielle à la préservation et à la performance économique de la SLN.» Et de remercier l’Etat, la province Nord, la mairie de Kouaoua, le gouvernement calédonien, les coutumiers, les salariés et les sous-traitants «qui ont œuvré pour un dénouement apaisé à cette situation de crise». 
Ecoutez Olivier Béligon, responsable de la communication à la SLN. Il est joint par Coralie Cochin.
«Contribution essentielle»
 

Dispersés

C'est le 14 août que la SLN a fermé son centre minier de Kouaoua, jusqu'à nouvel ordre, estimant que la sécurité de ses équipes n'était pas assurée dans le contexte de blocage mais aussi d'incendies à répétition sur la serpentine. Une partie des salariés ont alors été placés en congé en attendant une éventuelle mesure de chômage technique. Les autres ont été répartis sur d'autres sites de la société, y compris dans des communes très éloignées: à Tiébaghi, Népoui, Doniambo et Thio. 
 
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro
© NC la 1ere / Jean-Noël Méro
 

Soulagement

«Depuis le début du blocage, nous avons accepté les camarades de Kouaoua par rapport à un élan de solidarité, pour ne pas qu'ils perdent leur salaire», raconte ainsi Mickaël Maperi, délégué syndical du STKE SLN à Thio. En précisant: «De notre côté, c'est un soulagement dans la mesure [où] il ne faut pas qu'il y ait un handicap par rapport à nos intérims qui sont sur place. Et en interne, on a besoin de nos jeunes en intérim, qui attendent de signer leur contrat d'embauche.»
Ecoutez Mickaël Maperi. Il est joint par Coralie Cochin.
«On a besoin de nos jeunes»
 

Le calme, pas la sérénité

La fermeture du centre minier à Kouaoua a affecté également les nombreux sous-traitants de la SLN, et plus largement la vie de la commune. Une commune qui a retrouvé le calme. Pour la sérénité, il va falloir attendre encore.

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