Eramet : d’importants progrès encore nécessaires pour la branche nickel en Nouvelle-Calédonie

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Usine SLN-Eramet de Doniambo en Nouvelle-Calédonie ©Alain Jeannin
Au troisième trimestre 2018, le chiffre d’affaires de la branche nickel progresse de 25 % en raison de la hausse des cours. La Nouvelle-Calédonie reste un motif d'inquiétude pour Eramet qui subit le poids et le coût des conflits, la hausse du fuel et la remontée du dollar.
 
Le groupe métallurgique et minier Eramet a enregistré des ventes globales en progression de 8 % au troisième trimestre, bénéficiant de prix en hausse malgré des volumes en retrait, et a annoncé viser un excédent brut d'exploitation (Ebitda) stable en 2018. L'EBITDA est un indicateur financier américain qui correspond approximativement à un excédent brut d'exploitation (EBE) français.
 

Croissance de 4 %

Le chiffre d'affaires de toutes les branches du groupe a atteint 951 millions d'euros sur le trimestre écoulé, aidé aussi par l'intégration complète et réussie de l'activité de sables minéralisés après le succès cet été de son OPA sur son partenaire australien MDL, a indiqué le groupe dans un communiqué. La croissance organique sur le trimestre, à périmètre et change constants, est d'environ 4 %, a précisé Eramet. Christel Bories, PDG d'Eramet, cité dans le communiqué, a observé que les marchés du groupe "restent bien orientés pour les activités minières, avec une demande toujours soutenue, malgré les incertitudes pesant sur les échanges commerciaux mondiaux".
 

Au troisième trimestre, Eramet a pu tirer parti d'un contexte de prix en hausse, avec notamment +11 % pour le minerai de manganèse et +26 % pour le nickel dont le prix est fixé par la Bourse des métaux de Londres (LME). A noter toutefois que ces prix sont désormais en baisse pour le nickel.

Difficultés en Nouvelle-Calédonie

La PDG d'Eramet a toutefois relevé que la progression du chiffre d'affaires avait été pénalisée par "des problèmes opérationnels entraînant une baisse des volumes vendus de minerai de manganèse et de ferronickel". Les ventes étaient aussi en recul dans certains secteurs de la branche Alliages.
Le groupe a enregistré des difficultés de production et des incidents en Nouvelle-Calédonie dans le centre minier de Kouaoua, qui produit 20 % du minerai de la SLN. Le site "commence à reprendre son activité". Un autre site, Tiébaghi, a été arrêté pendant quelques jours. L'ensemble de ces perturbations devrait se traduire par un impact sur le résultat opérationnel courant d'environ 15 millions d'euros en 2018, a précisé Eramet qui précise à la 1ere.fr "d’importants progrès sont encore nécessaires pour atteindre l’équilibre en Nouvelle-Calédonie"…
 

« Dans ce contexte, la production métallurgique de nickel à Doniambo est en retrait de 4 % sur les neuf premiers mois de l’année, tandis que les volumes de ventes de ferronickel restent stables (+1 % par rapport à la période correspondante de 2017) et s’élèvent à plus de 40.000 tonnes en cumul à fin septembre. Grâce à une bonne production minière (hors Kouaoua), la SLN a néanmoins atteint un niveau record d’environ 411.000 tonnes de minerai exporté au 3e trimestre 2018, soit + 38 % en cumul à fin septembre ». Eramet


Bons et mauvais chiffres du nickel

Dans le détail, les ventes de la branche Nickel sont en hausse de 25% à 179 millions d'euros, tandis que la branche Alliages est quasi-stable (-1%) à 239 millions d'euros. Le groupe souligne, concernant encore le nickel, que la production mondiale d'acier inoxydable a été "très dynamique" (+5,9 % sur les neuf premiers mois). Cependant, le coût de production (cash-cost) de ferronickel à la SLN s'est établi à 5,75 dollars la livre sur le trimestre, et 5,88 dollars en cumul à fin septembre, pénalisé par l’évolution négative de la parité euro/dollar et le renchérissement du prix du fuel qui alimente l’usine de Doniambo. Eramet évoque aussi "les difficultés dans les opérations minières" autrement dit les blocages de sites miniers et les sabotages subis par la SLN...

Mais Eramet se veut optimiste et souligne que le marché mondial du nickel est soutenu notamment par les "bonnes perspectives offertes par le développement du secteur des batteries pour véhicules électriques qui progresse significativement sur les neuf premiers mois de l'année par rapport à la même période en 2017". La Bourse de Paris réagit positivement à la publication transparente du géant métallurgique et minier français. Ce jeudi en fin de matinée, l’action Eramet progresse de 2,70 %.