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Riner est d’or

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Teddy Riner a décroché l’or, il a dominé en finale le Russe Alexander Mikhaylin par waza-ari. Quintuple champion du monde et désormais champion olympique des +100kg, il a tout gagné, à seulement 23 ans.
Vingt-trois ans et plus rien à prouver. A personne. C’était déjà le cas avant les Jeux, mais avec ce titre olympique, Teddy Riner est rentré dans la légende du sport français. Ce vendredi 3 août est désormais une journée en or pour le Guadeloupéen, installé au sommet de l’Olympe. Douze ans après Sidney et David Douilet, Teddy Riner a remporté l’or chez les +100kg. En finale, il retrouvait son "grand ami", le Russe Alexander Mikhaylin qui l’avait critiqué au début de sa carrière. Avant même le début du combat, l’ambiance était électrique, Riner snobant volontairement la main tendue du Russe. Les mots de Mikhaylin étaient toujours dans la tête du Français ("Riner aura une carrière courte", ndlr), décuplant sa rage de vaincre. S’il n’a pas envoyé au tapis son adversaire, Teddy Riner a imposé sa puissance physique à son adversaire, obligé de reculer et d’accumuler les pénalités. Trois au total pour le Russe, un waza-ari, suffisant pour décrocher le seul titre qui manquait à son immense palmarès.


Ambiance française


Dans une salle acquise à sa cause depuis le début de la matinée, le Guadeloupéen a explosé de joie à la fin du combat. Après un salut à son adversaire, il a foncé sur son entraîneur Benoît Campargue. Pour le symbole, il lui a embrassé ses chaussures dorées avant de filer saluer ses supporters (plus de 120 personnes de son clan étaient présentes à Londres), sa famille, d’embrasser sa fiancée, puis sa mère, Marie-Pierre, qu’il a longuement enlacée. Sous le coup de l’émotions, il ne réalisait pas encore vraiment la portée de cette journée historique : "je suis déchargé (sic), maintenant je veux voir ce que cela fait d’avoir cette médaille autour du cou". Quatre ans d’attente ont pris fin ce vendredi, une victoire qu’il est allée chercher face à des adversaires la plupart attentistes, de peur de se faire balayer par cette tornade bleue de 2m03 et 131kg. "Je m’étais entraîné à faire du judo, je suis tombé face à des mecs qui restaient en retrait. Je la méritais cette médaille", a-t-il lancé. "Maintenant, je vais me reposer, je suis fatigué", a-t-il conclu. Quatre ans d’attente, c’est long et exténuant, c’est vrai. Tout comme sa médaille, ce repos du guerrier, il ne l’a pas volé.


Les félicitations pleuvent


Laurent Fabius, ministre des Affaires Etrangères, David Douillet, double champion olympique et Patrick Balkany, maire de Levallois (la ville où Teddy Riner est licencié) avaient tenu à faire le déplacement pour assister au sacre annoncé. Ils ont félicité l’athlète, suivi par le président de la République via un communiqué publié par l’Elysée. "J’adresse mes félicitations les plus sincères à Teddy Riner pour sa victoire en judo dans la catégorie des plus de 100 kg", a écrit François Hollande. Selon le chef de l’Etat, "cette performance éclatante confirme la force du talent", du Guadeloupéen. "Favori de l’épreuve, il a résisté à la pression et démontré toute la variété de sa technique. Son exemple est un encouragement pour tous nos athlètes et un modèle pour tous les sportifs", conclut-il. Les deux hommes s’étaient croisés à l’INSEP le 16 juillet dernier, lors de la visite du président de la République qui avait reçu des mains de Teddy Riner et de Lucie Décosse, un kimono signé par les 14 judokas engagés à Londres. "Quatorze médailles" avait-il espéré. Pas quatorze non, mais sept, dont deux d’or ramenées par Lucie Décosse et Teddy Riner.
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