Une rose pour Christiane Taubira

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Christiane Taubira (AN, février 2013)
La ministre de la Justice Christiane Taubira à l'Assemblée nationale le 12 février 2013, après le vote de la loi sur le mariage pour tous ©AFP/Jacques Demarthon
Christiane Taubira s'est vu remettre une rose "symbolique" pour son combat en faveur du mariage pour tous, et deux associations contre l'homophobie ont reçu plus de 11.000 euros, fruit d'une collecte organisée sur les réseaux sociaux pour remercier la ministre de la Justice.
La ministre a rendu visite lundi après-midi à Paris à l'association Le Refuge, qui vient en aide aux jeunes homosexuels rejetés par leur famille. Le Refuge et SOS Homophobie ont reçu chacun un chèque de 5.532 euros, issus d'une collecte sur Internet destinée à l'origine à offrir un bouquet de fleurs géant à la ministre, à l'occasion du débat parlementaire sur le projet de loi ouvrant le mariage aux couple de même sexe.
 
Initiée par Jérémy Patinier, militant homosexuel, la collecte visait les 500 euros. Mais en 15 jours, 2.040 personnes avaient fait un don, pour une somme de près de 12.000 euros. Informée, la ministre a souhaité ne recevoir qu'une rose symbolique, demandant que le reste soit offert aux associations.
 
"Votre discours du 29 janvier est entrée directement dans l'histoire de nos libertés", a déclaré Jérémy Patinier. "Vous nous avez émus, nous, nos familles, nos futurs maris, nos futures femmes", a-t-il dit, en reconnaissant que "les associations auront fort à faire" alors que le débat parlementaire "a libéré la parole homophobe".
 
Après un entretien à huis-clos avec une quinzaine de jeunes du Refuge, la ministre s'est dite "enthousiasmée par la façon dont ils affrontent la vie". Dorénavant, "ils auront l'arme de la loi pour se faire respecter et accepter". "J'espère que ce débat contribuera à mobiliser les énergies" pour lutter contre "les pensées archaïques", a ajouté Mme Taubira, car "nous n'aurons pas éradiqué tous les préjugés après l'adoption définitive de la loi".
 
"C'est une femme super", a estimé Gildas, 20 ans, accueilli après avoir été rejeté par sa famille quand elle a découvert son homosexualité, à la suite d'une indiscrétion. "Ils ne voulaient plus que je m'approche des enfants, il fallait que je lave mon linge à part. Pour eux, être homo, c'est une maladie", a-t-il raconté.

Le Refuge accueille 55 jeunes, dont 24 à Paris. L'argent reçu lundi "va nous permettre d'héberger à l'hôtel la quinzaine de jeunes qui sont sur liste d'attente et ont été orientés vers nous par le 115 (numéro d'urgence pour sans-abris)", a précisé Nicolas Noguier, président du Refuge. 
Le directeur de cabinet de Christiane Taubira quitte la Chancellerie
Christian Vigouroux, directeur de cabinet de la ministre de la Justice Christiane Taubira , quitte ses fonctions à la Chancellerie après avoir été nommé président de section au Conseil d'Etat mercredi en conseil des ministres.
   
Son départ sera effectif dès jeudi midi, a-t-on précisé à la Chancellerie, en soulignant qu'il s'agissait d'une "promotion" qui avait eu le soutien de la garde des Sceaux.
   
Christian Vigouroux avait activement participé à la campagne présidentielle de François Hollande en alimentant la réflexion sur les questions de justice. Fin connaisseur des rouages de l'Intérieur comme de la Justice, il était l'une des pièces maîtresse dans l'entourage de Christiane Taubira.
   
"Christian Vigouroux a participé à la première année de mise en place de la nouvelle politique de la garde des Sceaux qui s'est traduite par la loi sur le mariage pour tous, la conférence de consensus sur la récidive, le lancement de la réforme constitutionnelle", a souligné le porte-parole de la Chancellerie, Pierre Rancé, sans commenter les échos faisant état de tensions entre le directeur de cabinet et la ministre, deux fortes personnalités.
   
Son départ intervient en même temps que celui de Jean-Louis Géraud, chef de cabinet de la ministre, également ancien membre du cabinet Guigou, qui va devenir préfet de Tarn-et-Garonne. Au début de l'année, c'est la magistrate Valérie Sagant, cheville ouvrière de la conférence de consensus, qui avait quitté ses fonctions de conseillère au cabinet de la Chancellerie.
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