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Christiane Taubira invitée spéciale de Libération

christiane taubira
Taubira Uen Libération 19 mars
Une du journal Libération du 19 mars ©Jérôme Bonnet pour Libération
La ministre de la Justice est ce mardi l'invitée spéciale de Libération. Le quotidien lui consacre cinq pages, plus sa Une. La ministre la plus populaire à gauche dans le baromètre BVA s'est exprimée sur le mariage pour tous, le fonctionnement de l'éxécutif ou encore  la réforme pénale à venir.
Elle a droit à cinq pages. La garde des Sceaux Christiane Taubira, fait la Une de Libération qui titre son journal avec une citation de la ministre "Dans l'arène, je sabre!". Des mots extraits d'une interview fleuve qu'elle a accordé au quotidien et dans laquelle elle revient sur ses projets à la Justice, son combat pour le mariage pour tous où encore l'abolition de la prostitution.
 
De Christiane Taubira, on connaît ses positions parfois tranchées, son amour de la littérature et son éloquence indéniable. Dans l'interview, celle qui est devenue en ce début d'année la nouvelle icône de la gauche insiste sur  son nouveau coté discipliné, pourtant contre-nature. Elle refuse de commenter les déclarations du ministre de l'Intérieur Manuel Valls qui déclare la guerre contre "la barbarie", prend des pincettes pour expliquer que "d'une façon, conceptuelle" le droit de vote des étrangers aux élections locales "peut correspondre à un référendum".  Alors qu'elle travaille sur une réforme pénale très attendue, elle s'exprime sur les peines plancher et la rétention de sûreté. Qui seront abrogées affirme la ministre avant de préciser à  deux reprises: "si on me donne un ordre contraire, j'aviserai à ce moment là."
 

"Ce n'est pas simple de porter un bébé pour une autre personne"

Très critiquée à son arrivée au gouvernement, Christiane Taubira a essuyé les railleries et les commentaires désobligeants de la droite.  Laxiste, indépendantiste… l'UMP n'a pas manqué une occasion de minimiser la crédibilité de la Guyanaise, négligeant de rappeler que Nicolas Sarkozy lui avait déjà proposé un poste de Garde des Sceaux en 2007, proposition déclinée à l'époque par l'intéressée.
Aujourd'hui, critiques comme compliments se cristallisent avant tout sur son engagement pour le Mariage pour tous. "Depuis le début je sais que c'est une réforme importante, explique-t-elle au quotidien. Je n'ai jamais pris cela à la légère. J'ai conduit les auditions avec beaucoup de sérieux", justifie-t-elle. Avant d'ajouter en riant à la journaliste "Quand je suis dans l'arène, je sabre madame!".
Sur la procréation médicalement assistée elle se montre prudente "l'ouverture aux couples de femmes et aux femmes célibataires – j'estime que c'est une demande légitime, cela veut dire que j'y suis favorable – soulève un certain nombre de questions". Idem sur la GPA, ou on retrouve la ministre fidèle aux positions du chef de l'Etat: "Ce n'est pas simple de porter un bébé pour une autre personne (…) Le Président de la République a dit: hors de question! Moi j'ai la responsabilité de répéter: hors de question!".
 
Lire l'intégralité de l'interview de Christiane Taubira dans Libération (version abonnés)
 
 
Pour finir, la rédaction de Libération a posté un vidéo de la rencontre avec la ministre qui, à défaut de citer Léon Gontran Damas s'est même lancée dans une opération séduction en chantant quelques vers de Jean Ferrat.
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Taubira à Matignon?
Dans son éditorial consacré à la garde des Sceaux, Eric Decouty décrit une Christiane Taubira qui a "gonflé sa popularité et même forcé le respect de l'opposition". Ne voulant augurer du bon déroulement de la réforme pénale à venir, l'éditorialiste  note que le départ de ses collaborateurs, "pourrait fort la fragiliser".
"Mais si Christiane Taubira réussit à franchir ces obstacles, celle qu'on présentait comme "le maillon faible du gouvernement" pourrait alors rêver de Matignon", conclut-il.
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