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Mondiaux de judo. Lucie Décosse, championne hors norme sous pression

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Lucie Décosse 2
Lucie Décosse a déjà remporté deux médailles olympiques, dont un titre, 4 médailles mondiales dont 3 en or et quatre titres de championne d'Europe ©JODY AMIET/AFP
Vendredi 30 août sera le dernier jour de la vie sportive de Lucie Décosse, qui, après un titre olympique et trois titres de championne du monde, a décidé de se retirer, devant toute sa famille, à Rio. 
"Les gens me demandent souvent si c'est ma dernière. Moi, ça me fait plaisir de dire : oui c'est ma dernière. Mais je ne suis pas à me dire qu'il faut à tout prix que je prenne du plaisir parce que c'est la dernière. Ce n'est pas moi", confie Décosse.
           

Préparée à fond

La Guyanaise de 32 ans s'est préparée à fond pour ces Mondiaux, dans ce qui restera comme l'année la plus difficile de sa carrière. "Les Jeux de Londres ont changé beaucoup de choses, j'ai pris du repos. J'ai eu du mal à revenir. J'ai pris le risque d'aller aux Mondiaux et si je ne gagne pas, les gens seront durs avec moi".
           
La championne, qui pratique le judo depuis 26 ans, a bien envie d'une ultime médaille. L'or, bien sûr, le bronze, pourquoi pas, mais pas l'argent. Elle ne veut pas perdre en finale. Ce ne sera malgré tout pas facile. Toujours en proie au doute, elle sera sous la pression de vouloir bien faire.
           
"Son pire ennemi, c'est elle, a souligné son entraîneur depuis 5 ans chez les Bleus, Larbi Benboudaoud. Mais j'ai confiance en elle. C'est un monstre techniquement. Son problème est juste psychologique. Si elle blindée dans sa tête, personne ne l'arrêtera".
           

"The phénomène"

Décosse aurait pu faire ses adieux à Londres, en 2012, après la consécration olympique. Mais elle a voulu poursuivre une année de plus parce que les Mondiaux étaient à Rio, pas loin de tout ce qui fait son essence : la Guyane. Ses parents, ses deux soeurs, ses neveux mais aussi ses trois tantes et ses deux oncles de Guyane seront dans les gradins à Rio.
           
Pour son coach, la présence de la famille peut générer un stress. "J'ai peur que ça lui rajoute de la pression. Je lui ai dit, t'en as rien à foutre. Mais elle a peur de décevoir ceux qui l'aiment. Et puis quand t'as tout gagné, c'est dur". "Mais quoi qu'il arrive, ça restera la plus grande championne. C'est ce qu'on a fait de mieux. Lucie Décosse, c'est The phénomène du judo  mondial !", lance-t-il fièrement.
           
Deux médailles olympiques, dont un titre, 4 médailles mondiales dont 3 en or et quatre fois championne d'Europe, Décosse a tout réussi.
           
"Je ne me suis jamais vraiment occupée de ce que je représentais dans le judo. Mais là, ça me fait bizarre, parce que je me rends compte de ce que j'étais dans le judo; ça fait bizarre à tout le monde, surtout, les gens n'imaginent pas que je vais arrêter", raconte Décosse, avec une humilité non feinte.
           

Penser à son avenir

Elle aura une salle de judo à son nom à Vincennes, inaugurée le 6 septembre. Même si elle a très envie de passer à autre chose, la diplômée en école de journalisme ne va pas mettre son kimono au placard tout de suite. Elle veut aller à la rencontre des plus jeunes et faire quelques animations. Prendre de longues vacances, bien sûr, faire la grasse matinée surtout, et penser à son nouvel avenir.
           
Et pourquoi pas revenir à Rio pour les Jeux de 2016 ! "Cela fait plusieurs fois ces derniers temps que je me demande si je ne pourrais pas faire Rio dans un autre sport. Le problème c'est qu'il faut que je trouve un sport ! Qui ne soit pas trop dur et où je vais m'éclater quand même", dit-elle, avec un grand sourire avant d'ajouter : "A 35 ans, être au village olympique, c'est peut-être un peu ringard".
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VIDEO. Lucie Décosse réalise l'ippon le plus rapide des JO 2012 : attention ça va très vite !

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