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Municipales Outre-mer : dix points chauds à suivre dimanche, au premier tour

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illustration vote
©PATRICE COPPEE / AFP
Parmi les 212 communes des Outre-mer, la1ere.fr vous propose un tour d'horizon de dix points chauds à suivre à la loupe dimanche soir. De la bataille de Nouméa, aux scores de Lucette Michaux-Chevry ou Victorin Lurel en Guadeloupe, en passant par Mayotte et la Polynésie. Décryptage 

¤ Réunion : la bataille de Saint-Denis

Saint-Denis de La Réunion est la plus grande ville des Outre-mer avec près de 150 000 habitants. Le maire socialiste sortant, Gilbert Annette, se représente. mais il a neuf listes face à lui ! L'UMP-UDI a tenté de mettre sur pied une liste d'union, menée par l'ancien maire UMP de la ville, René Paul Victoria, avec la présidente (UDI) du conseil général Nassimah Dindar en deuxième position. Mais un candidat se revendiquant lui aussi de l'UDI, Michel Lagourgue, a refusé de se désister.
René-Paul Victoria a fait le buzz en reprenant et créolisant Get Lucky, le tube planétaire de Daft Punk !

rene paul victoria


Gilbert Annette, maire de la ville de 1989 à 1994, puis réélu en 2008, a lui notamment promis des téléphériques pour désenclaver et désengorger la ville !

 


¤ Réunion : Quel avenir pour le PCR ?

En déclin depuis le début des années 2000, le Parti Communiste Réunionnais de Paul vergès détient à ce jour quatre des 24 communes de l'île :
  • La Possession (Roland Robert)
  • Le Port (Jean-Yves Langenier, qui ne se représente pas)
  • Sainte-Suzanne (Maurice Gironcel)
  • Saint-Louis (Claude Hoarau qui ne se représente pas)
Mais entre les dissidences de ces dernières années (Huguette Bello à Saint-Paul, Eric Fruteau à Saint André) et la condamnation judiciaire de Claude Hoarau à Saint-Louis, les derniers bastions du Parti de Paul Vergès, 89 ans, ne semblent plus imprenables. Le maire de La Possession, Roland Robert, élu sans discontinuer depuis 1971 est menacé par une jeune prof de maths, Vanessa Miranville, qui a monté une liste locale. A Saint-Louis, l'issue du scrutin est également très incertaine.

 


¤ Guadeloupe : Le pari de Lucette Michaux-Chevry

Malgré ses 85 ans, l'ex-"dame de fer" de la Guadeloupe est candidate à sa propre succession à Basse-Terre.  Nouveauté, elle a placé sur sa liste, en troisième position, sa fille Marie-Luce Penchard, ancienne ministre de l'outre-mer de Nicolas Sarkozy. Une manière de lui laisser le fauteuil de maire en cours de mandat pour lui assurer une implantation locale ?
Lucette Michaux Chevry
Lucette Michaux-Chevry, à la sortie d'une rencontre à l'Elysée en 2011 avec Nicolas Sarkozy ©ERIC FEFERBERG / AFP

 


¤ Guadeloupe : Victorin Lurel, ministre-candidat

Ne pas délaisser son fief guadeloupéen alors qu'il passe beaucoup de temps à Paris dans son ministère des Outre-mer, c'est le souci permanent de Victorin Lurel. Il le reconnaît bien volontiers : il y a une vie post-ministérielle qui doit s'envisager, et il songe fortement aux Régionales de 2015. Alors, pour bien signifier aux Guadeloupéens qu'il ne les abandonne pas, Victorin Lurel occupe la 29ème et dernière place, symbolique évidemment, dans "sa ville" de Vieux-Habitants, sur la liste socialiste
Victorin Lurel
Victorin Lurel ©JODY AMIET / AFP

 


¤ Saint-Pierre et Miquelon : un ou deux tours ?

Les candidats ne se bousculent pas dans la collectivité de l'Atlantique Nord. Deux listes divers gauche sont en piste à Saint-Pierre, dont celle de la maire sortante Karine Claireaux, et une seule est présente à Miquelon. A moins d'une égalité parfaite au nombre de voix, à Saint-Pierre, tout se jouera en un seul tour, mais à Miquelon, tout dépendra de la participation, comme l'explique Saint-Pierre et Miquelon 1ère.  
Mairie de Miquelon
La mairie de Miquelon, 600 habitants ©DR Mairie de Miquelon

 

¤ Nouvelle-Calédonie : la bataille de Nouméa

Jean Lèques, maire de Nouméa depuis 28 ans et cinq mandats, a décidé de céder son fauteuil. Et les jeux sont ouverts: six listes sont en lice. Aucun des deux grandes tendances calédoniennes, indépendantiste et non-indépendantiste, ne part uni à la bataille. Mais Nouméa, traditionnel bastion de droite, ne devrait pas échapper aux non-indépendantistes. La députée UDI Sonia Lagarde semble favorite, comme l'actuel premier adjoint au maire, Gaël Yanno, soutenu par l'UMP.
Regardez le débat sur NC1ère radio, entre les différents candidats à Nouméa : 
Au delà des élections municipales, les partis calédoniens ont les yeux rivés sur les élections provinciales du 11 mai prochain. Les municipales permettront aux différents camps de "se compter" et de perser davantage dans les éventuelles alliances aux provinciales. Lisez l'analyse de NC1ère sur ces enjeux. 

 

 

¤ Martinique : l'héritage d'Aimé Césaire

C'est un enjeu très fort pour le Parti Progressiste Martiniquais, fondé par Aimé Césaire : conserver Fort de France, dont le chantre de la négritude fut le maire de 1945 à 2001. L'héritier d'Aimé Césaire, Serge Letchimy, qui lui succéda dans la fonction, a quitté la mairie en 2010 pour devenir président du conseil régional. C'est aujourd'hui Didier Laguerre qui défend les couleurs du PPM à Fort de France, avec, face à lui, quatre candidats
Regardez le débat de Martinique 1ère radio sur cette bataille de Fort de France :

 


¤ Guyane : Léon Bertrand, malgré la justice ?

Outre la bataille de Cayenne, l'un des enjeux en Guyane est de savoir si Léon Bertrand, le vétéran des maires de Guyane, sera réélu à Saint-Laurent du Maroni. Invaincu dans son fief depuis 1983, Léon Bertrand, ancien ministre du tourisme de Jacques Chirac, a été condamné à trois ans de prison ferme pour "corruption passive", dans une affaire de passation de marchés publics. Mais il a fait appel du jugement et  cet appel étant suspensif, il a pu conserver son mandat de maire et se représenter.  Il aura face à lui deux candidats. 
Léon Bertrand
©guyane 1ère

 


¤ Mayotte : quel score pour la candidate Front National?

Le Front National ne présente que sept listes dans les Outre-mer, dont une à Tsamboro, au nord de Mayotte. La candidate FN, Faoulati Sandi , sera face à cinq autres listes. Tsamboro compte 7 800 habitants. Dans cette commune, l'immigration clandestine en provenance de l'île comorienne d'Anjouan est un phénomène récurrent. Mais les électeurs mahorais votent avant tout pour la personnalité du candidat plutôt que pour son étiquette politique. Il faudra donc interpréter ce résultat avec prudence. 


¤ Polynésie : Pirae, ce sera serré

Avec 14 000 habitants, Pirae est une commune située sur l'île de Tahiti. C'est l'ancien fief électoral de Gaston Flosse, actuel président de Polynésie, qui a été maire de la commune de 1965 à 2001. Il y réside toujours et c'est là qu'il vote.
pirae
L'actuelle édile, Béatrice Vernaudon, maire depuis 2008, est une ancienne ministre qui fut une proche de Gaston Flosse. Mais elle a aujourd'hui pris ses distances. Parmi les cinq listes qui se présentent à Pirae, le principal adversaire de la maire sortante sera Edouard Fritch, le gendre de Gaston Flosse, éternel dauphin, qui va tenter de reprendre cet ancien bastion du Tahoeraa Huiraatira, le "parti Orange", fondé par Gaston Flosse. 
Edouard Fritch et Gaston Flosse
Edouard Fritch (à gauche) et Gaston Flosse (au centre) à Pirae lors des territoriales de mai 2013, qui ont permis à Flosse de redevenir président du pays ©Grégory Boissy/AFP
Béatrice Vernaudon invitée du JT
Béatrice Vernaudon invitée du JT ©Polynesie1ere

Pas de Municipales à Wallis et Futuna ni dans les TAAF
A Wallis et Futuna, le scrutin municipal n'existe pas. Et pour cause : il n'y a pas de communes. Les 12 800 habitants de cet archipel du Pacifique ne voteront donc pas les 23 et 30 mars. Pas d'élections municipales non plus dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises, cette fois parce qu'il n'y a pas de population permanente en Terre Adélie (Antarctique), ni aux îles Kerguelen, Crozet et Amsterdam (sud de l'océan Indien). Les quelques dizaines scientifiques, militaires et personnels techniques qui y séjournent durant plusieurs mois, pourront voter par procuration dans leurs communes d'origines. 
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