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Prony-Pernod : le nickel et sa part d'ombre…

La richesse de Prony et de Pernod, les deux grands gisements du sud calédonien, est estimée à 6 millions de tonnes de nickel contenu sur 50 ans d'exploitation. Le protocole minier conclu par la province Sud avec Eramet et Vale pour l'exploration des deux massifs est-il une bonne idée ? Pas si sûr.

Traders du Nickel au London Metal Exchange de Londres © Alain Jeannin/FTV
© Alain Jeannin/FTV Traders du Nickel au London Metal Exchange de Londres
  • Alain Jeannin
  • Publié le , mis à jour le
Ce sont les deux grands gisements de nickel du sud calédonien. La richesse de Prony et de Pernod est estimée, au minimum, à 6 millions de tonnes de nickel contenu sur 50 ans d'exploitation. Le protocole minier conclu par la province Sud de la Nouvelle-Calédonie avec Eramet et Vale pour l'étude et l'exploration des deux massifs est-il intéressant pour le territoire ? Pas forcément. 

Une usine ou son mirage ?

Ouvrir un gisement de classe mondiale à deux grandes entreprises minières dans un marché du nickel encore déprimé n'est pas forcément une bonne idée. D'autant que l'opération ne prévoit pas de versement immédiat de "cash" pour le territoire. Les conditions financières pour la province-sud de la Nouvelle-Calédonie ne seraient donc pas si intéressantes, surtout si on les compare avec ce qui se fait ailleurs dans le monde.
Si la décision de construire une usine hydro-métallurgique est prise, encore faudra-t-il choisir entre deux procédés, celui d'Eramet ou celui de Vale, pour produire du nickel métal et du cobalt. Et si l'usine ne voit pas le jour, la province-sud de la Nouvelle-Calédonie recevra-t-elle au moins une indemnité ? Autant de questions auxquelles Didier Julienne apporte des réponses dans un article paru dans le quotidien Les Echos.

Un partenariat spéculatif ?

L'intérêt pour Eramet et Vale est plus évident. D'abord, il peut paraître étonnant que les deux entreprises envisagent de construire une nouvelle usine à quelques kilomètres seulement de la récente usine hydro-metallurgique de Vale à Goro. L'explication en serait avant tout financière et spéculative. Dans la présentation de leur bilan annuel 2014, les deux entreprises minières pourront augmenter et valoriser leurs résultats de plusieurs millions de tonnes de nickel supplémentaires, le nickel des mines de Prony et de Pernod. Les actionnaires et les analystes vont sans doute apprécier. Le "petit Qatar" du nickel comme l'appelle Didier Julienne aurait donc un intérêt immédiat : valoriser les actifs de Vale et d'Eramet, et donc faire remonter le cours de leurs actions en bourse. L'usine hydro-metallurgique ? Une possibilité et rien d'autre. Quoi qu'il en soit, l'objectif en matière de communication a été atteint, les grandes agences mondiales d'information et de communication financières ont toutes largement évoqué le projet minier de Vale et Eramet avec la province sud. Et si pour eux c'était l'essentiel ?

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