Congrès des maires : l’Outre-mer en pointe sur l’environnement

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Débat sur l'environnement au Congrès des maires en présence de Karine Claireaux, sénateur-maire de Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon) et de Marie-Laure Phinera-Horth, la maire de Cayenne
Débat sur l'environnement au Congrès des maires en présence de Karine Claireaux, sénateur-maire de Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon) et de Marie-Laure Phinera-Horth, la maire de Cayenne ©CB
Le congrès des maires se poursuit à Paris. Dans la matinée, les élus ont débattu sur les questions de traitement des déchets, de l’environnement et du climat. Des thèmes sur lesquels de nombreux maires d’Outre-mer ont fait part de leurs expériences. 
Ségolène Royal n’était pas au congrès des maires comme prévu. "La ministre de l’Ecologie a dû se rendre à Strasbourg pour accueillir le Pape", explique un peu gênée l’une des hautes fonctionnaires du ministère, Virginie Schwarz devant des centaines de maires qui grognent légèrement. A côté d’elle, sur la tribune, des maires se lancent dans le récit de leurs expériences en matière d’environnement.
 

L’exemple de La Réunion

Le président de l’association des maires de La Réunion, Stéphane Fouassin apparaît ainsi très en pointe. "Grâce à la bagasse, les résidus de la canne à sucre que nous envoyons dans deux centrales thermiques à Saint-Louis et Saint-André, explique-t-il, nous parvenons à alimenter 10 % de la population de La Réunion en électricité. Les cendres qui sortent de ces usines sont riches en phosphate et  peuvent donc servir d’engrais naturel pour les agriculteurs. Une prime est prévue pour les inciter à l’utiliser. Et puis nous travaillons aujourd’hui sur l’idée de brûler les déchets verts, explique Stéphane Fouassin à La1ère. Avec les cyclones, mais aussi tout simplement la croissance des plantes, nous avons beaucoup de branches, de feuilles qui pourraient servir à faire de l’électricité. Notre objectif, c’est que La Réunion devienne autonome en énergie d’ici à 2030 »  
 
Stéphane Fouassin, maire de Salazie à La Réunion
Stéphane Fouassin, maire de Salazie à La Réunion ©CB


Des femmes maires d’Outre-mer et mobilisées pour l’environnement

Karine Claireaux, sénateur-maire de Saint-Pierre (Saint-Pierre-et-Miquelon) a pris le dossier des déchets à bras-le-corps. Dans cet archipel situé au large du Canada où le tri n’était pas entré dans les mœurs, les habitudes changent à vive allure. "On a beaucoup avancé en quelques mois, explique Karine Claireaux, 27 % du verre est récupéré". Claudine Bajazet, s’inscrit dans cette démarche. La maire de Saint-Rose en Guadeloupe que La1ère a rencontré souhaite que les déchets de sa commune deviennent "une ressource". "Nous sommes très préoccupés Outre-mer par les questions d’environnement, ajoute Claudine Bajazet. A saint-Rose, nous allons nous lancer dans l’éolien ".
 
Claudine Bajazet, maire de Saint-Rose
Claudine Bajazet, maire de Saint-Rose ©CB

Et les Sargasses

"Ce n’est pas parce que nous sommes à 8 000 kilomètres de Paris, que nous ne nous intéressons pas aux questions d’environnement, au contraire", insiste Marie-Laure Phinera-Horth, la maire de Cayenne en Guyane. Les maires de Petit-Canal et de Morne à l’eau Jean-Blaise Mornal et Claude Lambion en Guadeloupe ont d’ailleurs interpellé la représentante de Ségolène Royal aux sujets des algues sargasses qui envahissent les côtes des Antilles. Cette dernière a expliqué qu’elle ne connaissait pas le dossier. C’est donc le maire du Fouesnant en Bretagne, Roger Le Goff qui ayant été confronté au problème des algues vertes a apporté une réponse : "c’est l’Etat qui est responsable en ce domaine, précise-t-il. Au Fouesnant avec l’aide de l’ADEME (l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie), nous avons mis en place une usine de retraitement des algues".
 
Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne
Marie-Laure Phinera-Horth, maire de Cayenne en Guyane ©CB


Le pape François

Pour conclure le débat, Nicolas Hulot est venu parler de la COP21, la Conférence climat qui aura lieu à Paris au mois de décembre. Celui qui a été nommé envoyé spécial pour la protection de la planète par François Hollande vient de suivre le voyage présidentiel en Nouvelle-Calédonie. "Après avoir été en Guadeloupe et à La Réunion, lance Nicolas Hulot aux élus d’Outre-mer, je me ferai le porte-parole de vos problèmes auprès de la ministre de l’Ecologie". Il ponctue son discours improvisé par une phrase du pape François qui l’avait marqué lors de son voyage au Vatican avec François Hollande :  "Les hommes pardonnent parfois, Dieu toujours, la nature jamais".  Une phrase que Ségolène Royal aura peut-être entendue à Strasbourg.