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Pollution des océans : la première estimation globale des déchets plastiques flottants fait peur

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Image du site de l'Institut des 5 gyres, basé en californie
Image du site de l'Institut des 5 gyres, basé en californie ©DR
Pour la première fois, les déchets plastiques flottants ont été quantifiés et les chiffres font peur. 5,25 mille milliards de particules flottent à la surface des océans. Une étude à laquelle l’Ifremer très présent Outre-mer est associé. 
L’entreprise paraissait impossible et pourtant des chercheurs ont réussi à quantifier la masse de déchets plastiques qui flottent sur nos océans. C’est le docteur Marcus Eriksen de l’Institut des 5 gyres associé à des chercheurs de 6 pays dont la France qui s’est lancé dans cette vaste entreprise. L’Institut des 5 gyres se trouve en Californie et l’un de ses conseillers scientifiques n’est autre que le navigateur Charles Moore, le premier homme à avoir découvert en 1997 une plaque énorme de déchets dans le Pacifique nord.
 
Les cinq gyres où se concentrent les déchets plastiques (Océan Indien, Pacifique Nord et Sud, Atlantique Nord et Sud)
Les cinq gyres où se concentrent les déchets plastiques (Océan Indien, Pacifique Nord et Sud, Atlantique Nord et Sud) ©DR

Des chiffres inquiétants

Au total, selon cette étude publiée hier dans la revue scientifique américaine en ligne, PLOS One,  près de 269.000 tonnes de déchets plastiques flotteraient à la surface des océans dans le monde, soit 5,25 mille milliards de particules. François Galgani, chercheur à l’Ifremer a participé à ces travaux. Pour lui : "ce n’est pas le poids qui est inquiétant. Au regard des 280 millions de tonnes de plastique produites par an, ce n’est finalement pas si important. En revanche, le nombre de particules est beaucoup plus inquiétant. Des espèces, des bactéries vont pouvoir se déplacer encore plus facilement à travers le monde, sans que l’on ne connaisse très bien les conséquences".
 
François Galgani
François Galgani invité de l'émission Transversale Sciences-environnement en octobre 2013 ©Outremer 1ère

24 expéditions effectuées pendant 6 ans

Pour parvenir à ce résultat, les chercheurs ont assemblé, modélisé des données rassemblées au cours de 24 campagnes océanographiques réalisées ces 6 dernières années. Les données portent sur les micro-plastiques récupérés dans des filets et sur les grands débris de plastique observés de visu. Toutes ces informations ont été utilisées pour calibrer un modèle informatique de la répartition de ces déchets sur les océans.
 
Image d'oiseau mort aux îles Midway dans le Pacifique
Image d'oiseau mort aux îles Midway dans le Pacifique ©Chris Jordan

Le plastique pollue tous les océans

Les grands morceaux de plastique paraissent être abondants près des côtes, et se réduisent en micro-plastiques dans les cinq grands gyres, expliquent les auteurs. Les chercheurs se sont rendus compte que ces zones de convergence ne sont pas des zones d’accumulation permanente des déchets, mais plutôt des zones de transfert. Les déchets plastiques y sont broyés et ensuite éjectés par les courants partout dans les océans. Du coup, la pollution plastique est mondiale. Au chapitre des bonnes nouvelles, l’étude révèle que les densités de plastiques dans les gyres océaniques sont plus faibles qu’attendues ou décrites précédemment.  En revanche, les zones côtières sont très affectées. C’est le cas notamment de certaines îles du Pacifique, des Antilles et de l’océan indien. 

Déchets aquatiques
©Surfrider foundation

 

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