Campagne présidentielle de Pécresse : une enquête ouverte pour détournement de fonds publics

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Valérie Pécresse lors de sa victoire au congrès de LR, le 4 décembre 2021, à Paris. ©(CARINE SCHMITT / HANS LUCAS / AFP)
Une enquête a été ouverte après un signalement de Julien Bayou (EELV). Il se fonde notamment sur les réserves de la Guadeloupéenne Babette de Rozières, qui s'était retirée de la campagne de Valérie Pécresse en dénonçant un "mélange des genres" entre la présidente de Région et la candidate à la présidentielle.

Une enquête préliminaire a été ouverte lundi à Paris pour détournement de fonds publics dans le cadre de la campagne présidentielle de Valérie Pécresse après un signalement de Julien Bayou (EELV). L'entourage de la présidente LR de la région Ile-de-France qualifie ce signalement de "dénonciation calomnieuse".

Le signalement du secrétaire national démissionnaire d'EELV, adressé le 19 avril au parquet et dont l'AFP a eu connaissance, visait également les infractions de financement illégal de campagne électorale, financement illégal de parti politique, abus de biens sociaux et/ou prises illégales d'intérêts. Les investigations ont été confiées à la brigade de répression de la délinquance économique (BRDE), a précisé le parquet de Paris.

Une dénonciation en partie fondée sur les réserves de Babette de Rozières

Dans ce signalement, Julien Bayou s'appuie notamment sur la démission de la conseillère régionale Babette de Rozières de l'équipe de campagne et de toutes les commissions en raison de "désaccords qu'elle a manifestés à l'égard de la campagne présidentielle de Valérie Pécresse". Dans sa lettre de démission datée du 8 mars, la Guadeloupéenne "explique agir dans l'intérêt de Valérie Pécresse" en ajoutant: "mais le mélange des genres entre la présidente de Région et la candidate à la présidentielle semble complet". Elle avance également "le manque d'intérêt allégué de la candidate pour l'Outre-Mer ainsi que le niveau de la campagne".

Julien Bayou mentionne également une interview de Mme de Rozières à Outre-Mer news dans laquelle elle dénonce "des arrangements à la région Ile-de-France" avec l'élu régional Patrick Karam, Guadeloupéen lui aussi, accusé de "pratiques clientélistes", des accusations qui mériteraient, selon lui, "d'être précisées ou infirmées".

M. Bayou s'interroge aussi sur le Salon de la gastronomie des Outre-Mer et de la francophonie, fondée par Babette de Rozières et qualifié de "pompe à fric" par Patrick Karam. "Je n'ai fait aucun événement pour Mme Pécresse" durant sa campagne, a affirmé à l'AFP Mme de Rozières. "La région n'a pas versé un centime" à ce salon, a soutenu la restauratrice guadeloupéenne. Il n'y a "pas de financement de la région" pour ce salon évoqué dans le signalement, a également souligné auprès de l'AFP l'entourage de Mme Pécresse.

Pécresse va porter plainte

L'entourage de Valérie Pécresse assure que "toutes les règles (avaient) été scrupuleusement respectées". "Les Verts utilisent toujours la même méthode de dénonciation calomnieuse", explique un proche de la candidate. "Nous sommes sereins et faisons confiance à la justice".

"Mme Pécresse a chargé mon cabinet de préparer une plainte en dénonciation calomnieuse", a indiqué à l'AFP l'avocat Thibault de Montbrial. "Ce n'est malheureusement pas la première fois que les écologistes utilisent ce genre de méthode dans le cadre de leur combat contre la majorité en Île-de-France", a ajouté le conseil de l'élue LR.

La candidate LR Valérie Pécresse a consacré 14,3 millions d'euros pour un seul tour de scrutin, mais sans atteindre la barre des 5% de voix qui lui aurait permis d'obtenir le remboursement de ses frais de campagne. Après sa défaite, elle avait lancé un appel aux dons pour combler un trou de cinq millions d'euros.