Coronavirus: "nécessité absolue" que l'épidémie arrive le plus tard possible en Guyane

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Hôpital de Cayenne
L'hôpital de Cayenne ©Karl Constable
La directrice de l'Agence régionale de santé de Guyane  a reconnu lors d’un point presse jeudi 26 mars sur le Covid-19, que "L'absolue nécessité est que la vague arrive le plus tard possible en Guyane"
 
L'ARS et ses partenaires ont élaboré un premier "scénario" de réponse sanitaire en cas de flambée épidémique dans ce territoire français d'Amérique du sud, qui est pour l'instant toujours au stade 1 et compte 30 cas confirmés pour plus de 300.000 habitants.


Capacité en lits insuffisante

Ce scénario s'appuie sur une "hypothèse", un "plan d'aide à la décision", basé sur un maximum de "40 malades en besoins réanimatoires en même temps", a établi l'ARS, ce qui correspond à la capacité actuelle en lits de réanimation qu'offriraient les trois hôpitaux régionaux (Cayenne, Kourou, Saint-Laurent du Maroni). Au-delà, la Guyane, territoire grand comme le Portugal, ne pourrait pas faire face et nécessiterait la solidarité nationale et dans une moindre mesure la solidarité régionale, a expliqué la directrice Clara de Bort.
           
"Si la vague est déjà passée en métropole, nous savons que des lits en métropole seront disponibles et que les équipes françaises seront disponibles pour si nécessaire prendre en charge les patients au-delà du scénario", a-t-elle ajouté. Mercredi, le chef de l'Etat Emmanuel Macron a annoncé l'envoi à compter d'"avril" du porte-hélicoptères de l'armée Dixmude dans la zone Antilles Guyane en soutien à ces territoires dans la lutte contre le coronavirus.


Dispositions

"Le scénario d'aujourd'hui semble tenir grâce aux nombreuses déprogrammations" hospitalières, aux "très nombreuses activités sanitaires interrompues" ainsi qu'au "renfort" annoncé en Guyane "d'infirmiers libéraux et étudiants en dernière année" et au rôle de "délestage" hospitalier que proposent les cliniques privées, a aussi souligné l'ARS, qui évoque cependant le besoin de "renfort en matériel". "Nous avons le personnel et le matériel qui fonctionne, les gens sont dans les starting block s'il le faut", a ajouté Christophe Robert, le directeur du centre hospitalier de Cayenne et directeur par interim du centre hospitalier de Kourou.

Le syndicat UTG-Santé avait déploré il y a quelques jours le manque de lits en réanimation, qu'il estimait à 11 à 13 seulement pour l'ensemble de la Guyane.