Coupe du monde 2022 : Lilian et Marcus Thuram, champions du monde de père en fils ?

A gauche : Lilian Thuram lors de la finale 1998. A droite : Marcus Thuram lors de la demi-finale 2022
Ce dimanche 18 décembre, Marcus Thuram disputera la finale de la Coupe du monde au Qatar, face à l'Argentine. Comme son père Lilian, il va peut-être devenir champion du monde. Un destin hors du commun. En 1998, le petit Marcus avait 11 mois. Retour sur cette extraordinaire saga familiale dans les Archives d'Outre-mer.

Dans l'histoire du football, jamais un père et un fils ne sont devenus champions du monde. Ce dimanche 18 décembre, au Qatar, avec la finale France-Argentine, Marcus Thuram a l'occasion de rejoindre au sommet de la planète football, son père Lilian, titré en 1998.  

Mercredi 14 décembre, après la victoire en demi-finale face au Maroc, Marcus Thuram n'a d'ailleurs pas oublié d'adresser un clin d'oeil à son champion du monde de père, Lilian. Sur son compte Instagram, il a posté une émouvante photo de lui, bébé, dans les bras de son père, prise en 1998, quelques mois après sa naissance (le 6 août 1997). En dessous, une photo de Marcus lors de la demi-finale 2022.

La story Instagram de Marcus Thuram après la qualification pour la finale

1998 : Thuram raconte sa joie d'être père

Lors de l'épopée victorieuse des Bleus, en juin et juillet 1998, Lilian Thuram est un jeune papa. Son premier fils, Marcus, est âgé de 11 mois. Il l'évoque lors d'une interview à Clairefontaine, au micro de José Blezès, qui lui demande pourquoi il a renoncé à une carrière de prêtre, qu'il envisageait lors de son enfance en Guadeloupe.

Quand j'étais jeune, aux Antilles, je voulais être prêtre. Mais un prêtre ne peut pas avoir d'enfant. Moi je ne m'imaginais pas sans enfants. Je le vois avec mon fils Marcus qui a 11 mois, c'est la chose la plus belle !

Lilian Thuram, juillet 1998

Archives INA / RFO

©la1ere

Marcus et Kephren, dans les pas de leur père

Longtemps, Lilian Thuram a espéré que ses fils échapperaient à la réputation de "fils de..." et qu'ils ne choisiraient pas de faire carrière dans le foot. En 2020, dans une interview à L'Equipe, le Guadeloupéen expliquait à propos de Marcus et son frère Kephren :

Je voulais qu'ils fassent d'autres sports. Marcus a commencé avec le judo et l'escrime. On vivait alors en Italie. Je savais très bien que si je le mettais au foot, il allait devenir le fils de Thuram. A son âge, cela aurait été compliqué pour lui. Donc il ne jouait qu'à la maison, ou au parc avec ses copains

Lilian Thuram, en 2020

L'Equipe

Finalement, c'est en 2006, alors que son père est transféré à Barcelone, que Marcus commence le foot en club. Une passion dévorante qui ne le quittera plus. Formé à Sochaux, il est passé par Guingamp avant de rejoindre le club allemand du Borussia Mönchengladbach où il évolue comme attaquant. Invité en 2017 de l'émission "Couleurs Sport", sur France Ô, Marcus Thuram a raconté comment il a avoué à son père qu'il voulait réellement devenir footballeur professionnel, et quelle a été la réaction de ce dernier :

Il m'a demandé si c'était vraiment la chose que je voulais faire le plus au monde. Je lui ai répondu oui. Il m'a alors donné les armes pour réaliser mon rêve.

Marcus Thuram, octobre 2017

Couleurs Sport

Regardez cette interview réalisée en octobre 2017 par Ismael Mohamed Ali :

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"Fils de... et alors ?

Marcus Thuram est sans cesse questionné par les journalistes sur cette filiation, sur la difficulté d'être "fils de...". Son discours sur cette question récurrente n'a jamais varié. Ainsi, en 2017, il avait déjà la même philosophie :

On est tous fils de quelqu'un. Je suis habitué depuis tout petit. Mais sur le terrain, un adversaire ne se laisse pas dribbler parce que je suis le fils de...

Marcus Thuram, octobre 2017

Couleurs Sport

Regardez cette extrait de l'interview dans Couleurs Sport :

©la1ere

Marcus Thuram explique que son père lui a avant tout transmis des valeurs de travail et d'effort.

Le rôle de mon père, c'est de toujours me rappeler que le travail prime, me remettre en question, mais ne jamais douter de moi-même

Marcus Thuram

Couleurs sport

Marcus et son frère Khephren

Comme il l'explique dans Couleurs Sport, Marcus Thuram parle cinq langues (l'italien, l'espagnol, l'anglais, le créole et le français), son prénom est une référence à Marcus Garvey, figure du panafricanisme, et il a également un petit frère lui aussi footballeur (à l'OGC Nice), Khephren. Regardez ses confidences dans Couleurs sport :

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