De son salon aux couloirs du métro parisien, la Martiniquaise Kélia Paulin reprend le patrimoine musical de la Caraïbe

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Ingénieure de formation, la Martiniquaise Kélia Paulin avait délaissé la musique. À la faveur du confinement, elle a repris le micro pour reprendre des standards de la musique antillaise et caribéenne. Elle vient même d'être intégrée au label des musiciens du métro parisien.

Tout est parti d'un coup de nostalgie, d'un "cri de douleur" en plein confinement. Kélia Paulin, ingénieure en marketing digitale dans une multinationale, reprend le micro après une dizaine d'années loin de la musique. "Il me fallait enregistrer quelque chose", confie-t-elle deux ans plus tard. 

Et quoi de mieux qu'un classique de la musique antillaise pour retrouver le chant ? Accompagnée au piano par David Korompli, elle interprète Péyi mwen jodi de Mario Canonges. "J'ai quitté la Martinique il y a exactement dix ans, lorsque cette chanson a été écrite, je n'avais que quelques mois", écrit-elle en avril 2021 sur sa page Facebook. "Aujourd'hui, chaque parole me transporte, chaque mot a une résonance toute particulière et je la chante avec mes tripes, plus que jamais auparavant"

Pour sa seconde reprise, elle s'attaque à  Ké sa lévé, autre incontournable signé Kassav', en y ajoutant sa touche personnelle. S'ensuivent d'autres "covers", toujours dans la langue de son île d'origine, et c'est comme ça que naît le projet "Créole cover". Toujours avec David Korompli, elle reprend  Révé de l'artiste Paille, puis Ès ou sonjé de Fernand Donation, où elle prend place derrière le piano. 

Avant cette fois de passer au zouk en interprétant uniquement avec sa voix, le chant comme les instruments de Ki jan ké fè de Patrick Saint-Éloi. 

Il me manquait quelque chose, il me manquait la muisque donc j'ai voulu recommencer à chanter. Ça m'a paru naturel de reprendre les chansons phare de la Caraïbe.

Depuis ce premier confinement, Kélia Paulin n'a plus quitté la musique. Une sixième reprise est déjà en préparation pour celle qui a grandi entre un père prof de chant et une mère choriste. Elle a même rejoint le label Musiciens du métro, de la RATP et "égaie le trajet des voyageurs" presque toutes les fins de semaines dans les couloirs de la station Bastille. 

Le début d'une seconde carrière, loin des bureaux et au plus près de la musique ? "C'est un rêve d'enfant, mais il y a le rêve et la réalité", balaie Kélia Paulin. "Le rêve est en sourdine, peut-être que je vais le réveiller un jour..."