Grève à l'hôpital de Mayotte pour dénoncer le manque d'effectifs

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Hôpital de Mamoudzou
Hôpital de Mamoudzou ©RICHARD BOUHET / AFP
Les médecins et personnels hospitaliers du Centre Hospitalier de Mayotte (CHM) étaient en grève mercredi à Mamoudzou pour dénoncer des effectifs insuffisants pour faire face aux demandes de soins croissantes dans l'île, touchée par une forte immigration.
A l'appel d'une intersyndicale (CFDT, CGTma, FO, CFE-CGC, Sud Solidaire et le Syndicat des praticiens hospitaliers de Mayotte), près de 200 d'entre eux ont battu le pavé mercredi matin entre le CHM et la direction de l'antenne de Mayotte de l'Agence Régionale de Santé (ARS) Océan Indien, où ils ont demandé à être reçus, a constaté un journaliste de l'AFP.
 

Insuffisance des effectifs 

Les grévistes étaient plus nombreux mais beaucoup ont été réquisitionnés. "L'hôpital continue de fonctionner pour les urgences et les consultations", a expliqué le docteur Gérard Javodin, président du Syndicat des praticiens hospitaliers de Mayotte à l'AFP. La principale revendication des grévistes porte sur l'insuffisance des effectifs. "Nos capacités humaines et hôtelières sont saturées pour des raisons que tout le monde connaît aujourd'hui : l'immigration galopante", a-t-il souligné.
 

Un lit d'hôpital pour deux personnes 

"L'hôpital prévu pour 300 lits accueille aujourd'hui le triple des malades. Dans une chambre prévue pour un ou deux malades, le nombre est multiplié par deux. Un lit d'hospitalisation est occupé par deux personnes, les chambres et les couloirs de l'hôpital sont remplis à cause de l'afflux des malades de toute la zone de l'Océan indien. On a du retard de prise en charge correcte de certains malades qu'on doit opérer par manque de lit", a déclaré Mohamed El Amine, infirmier de bloc opératoire, agent hospitalier depuis 25 ans.
 

Le personnel est à bout 

Conséquence de cet afflux de malades, les conditions de travail du personnel se dégradent. "Les gens sont à bout physiquement. Ils ont peur de commettre des erreurs
médicales majeures. Ils ne veulent pas continuer de travailler dans ces conditions. Au niveau de la maternité, il y a eu 9.000 accouchements en 2015 et depuis le 1er janvier 2016, nous en sommes déjà à 1.500 accouchements. On fait 15 à 20 césariennes par jour ", a insisté le docteur Javodin.
 

Les grévistes réclament un "Plan Marshall"

Face à cette situation, les grévistes réclament un "Plan Marshall" pour améliorer la situation. Ils insistent aussi sur la nécessité et l'urgence de favoriser l'attractivité du territoire afin d'inciter plus de médecins à venir travailler à Mayotte. Pour compenser le déficit d'effectifs, le CHM fait appel à des contractuels, aux conditions plus favorables, ce qui entraine une dégradation des rapports avec les titulaires, affirment les grévistes.

Le 101e département français subit une forte pression migratoire venant principalement des îles voisines des Comores, qui ne sont qu'à 70 km de ses côtes. En 2014, la préfecture de Mayotte avait annoncé 19.991 reconduites à la frontière.
 
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