Eruption volcanique de la Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines : c'était il y a un an

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Cendres de la Soufrière de Saint-Vincent, sur les habitations du Nord de l'île
Cendres de la Soufrière de Saint-Vincent, sur les habitations du Nord de l'île - 12/04/2022. ©Réseaux sociaux
Alors que la Soufrière est à nouveau apaisée, la vie reprend son cours normal très progressivement, à Saint-Vincent-et-les-Grenadines. Il y a un an, l’éruption du volcan avait impacté les infrastructures du Nord de l’île de Saint-Vincent, obligé les populations à fuir leurs foyers et ravagé les terres agricoles.

L’apogée de l’éruption de la Soufrière de l’archipel de Saint-Vincent-et-les-Grenadines remonte à il y a un an. En effet, en avril 2021, la région Nord de l’île de Saint-Vincent étaient couverte de cendres, 16000 habitants avaient été évacués de leurs foyers vers des sones de sécurité, les terres étaient brûlées et 60% des récoltes avaient été détruites.

Chronologie des évènements

Après 42 ans d’inactivité, la phase éruptive du volcan a débuté dès fin décembre 2020, lorsqu’un dôme de lave est apparu. Dès lors celui-ci n’a cessé de croître, en même temps que des séismes volcano-tectoniques sévissaient.

L’alerte rouge a été donnée à la fin de la journée du 8 avril. L’évacuation des populations des zones classée rouge et orange pour « aléa volcanique » a été lancée.

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Dans ce contexte, les équipes de surveillance ont su éviter le pire, grâce aux connaissances de ce volcan acquises au fil des évènements et des années.

L'expérience de l'éruption de 1979 qui avait débuté directement par une phase explosive, la bonne connaissance de l'histoire éruptive de ce volcan (déterminée par de nombreuses études de terrain faites ces dernières dizaines d'années), et l’expérience acquise dans le suivi, l’analyse et la gestion de l’éruption de Montserrat depuis 1995 ont également joué un rôle majeur dans la réussite de l’anticipation d’une transition rapide de l’éruption, d’une activité d’effusion de lave (croissance d’un dôme) vers une phase éruptive explosive majeure.

Institut de physique du globe de Paris (IPGP) – 29/04/2021

C’est le lendemain, le 9 avril, que la Soufrière est entrée dans une phase explosive majeure ; la colonne de cendres et de gaz a atteint les 8 kilomètres de haut et jusqu’à 20 kilomètres les jours suivants.

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Plusieurs épisodes explosifs se sont succédés, tandis que les habitants fuyaient ; cela a duré ainsi jusqu’au 22 avril. 32 explosions ont été dénombrées.

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Les cendres recouvriront, à terme, la totalité de l’île, mais atteindra aussi les îles voisines, à la faveur des vents.

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Aucun mort n’a été à déplorer.

Une lente avancée vers la fin de crise

De nombreuses actions de solidarité ont été organisées, pour venir en aide aux sinistrés. Une initiative a aussi permis d’acheminer sur place des vivres pour les animaux d’élevages et de compagnie, dont beaucoup ont été abandonnés, durant l’évacuation. La cendre, dans l’île, a rendu les aliments impropres à la consommation.

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En septembre 2021, le niveau d’alerte a été abaissé d’orange à jaune.
Et ce n’est qu’en décembre 2021 que les scientifiques ont annoncé officiellement la fin de la phase éruptive de la Soufrière de Saint-Vincent-et-les-Grenadines. La surveillance rapprochée du volcan n’était plus nécessaire.
Des capteurs, dont les données sont transmises au centre volcanologique de Trinidad et Tobago, y ont tout de même été posés.

 Après plusieurs mois passés dans des abris ou réfugiées chez l’habitant dans des zones sûres, les populations du Nord de Saint-Vincent ont pu rentrer chez elles ; celles en tout cas dont les maisons sont toujours habitables.

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Le coût des dégâts provoqués par l’éruption, notamment sur les infrastructures, a été estimé à 554 millions d’euros. Les professionnels de l’agriculture estiment à trois ans, le temps qu’il leur faudra pour remettre le secteur sur pied.