Jace, père des Gouzous, dans le métro parisien

street art
Le graffeur Jace et ses Gouzous dans le métro
Le graffeur Jace et ses Gouzous dans le métro ©Outre-mer la 1ère
Le graffeur Jace a quitté les sommets de son île de La Réunion pour s’enfoncer deux nuits durant dans le métro parisien. Répondant à une commande de la RATP, il a embelli les escaliers de la station Hôtel de Ville de ses drôles de Gouzous qui font sa renommée internationale. "L’Oreille est hardie" a jeté un œil et suivi marche par marche le travail de l’artiste.

Quand nous retrouvons Jace, vers minuit à proximité de l'Hôtel de Ville de Paris, c’est tout d’abord la taille du monsieur (1m 97 !) qui surprend plus que sa mise de combat : ses vêtements tout tachetés de peinture n’ont après tout pas de quoi surprendre - il est artiste graffeur - et "l’heure du crime" sied bien à la performance qu’il s’apprête à réaliser : taguer et peindre tout un escalier de métro nécessite en effet une affluence inexistante. 

Constatez-le vous-même en regardant la performance de Jace dans le métro, retracée en vidéo par Carl Behary-Laul-Sider :

Ça tombe bien : les stations ferment au public entre 1 heure et 5 heures du matin ! C’est ce laps de temps dont disposera Jace sur deux soirs - avec le concours de deux autres graffeurs Mouarf et Renzo - pour répondre à la commande de la RATP. La Régie de Transports en commun a lancé auprès d’une douzaine d’artistes des appels à projet afin d’embellir les escaliers de stations et faire entrer le street-art par les bouches de métro. Celle dont Jace s'empare, c'est donc la station Hôtel de Ville (sortie rue du Temple).  

Jace à l'œuvre sur les marches du métro parisien
Jace à l'œuvre sur les marches du métro parisien ©Outre-mer la 1ère

Gouzous sans frontières

Jace est donc dans l’Hexagone et en profite pour multiplier les projets : parrain il y a peu du festival Solid’Art dans la Capitale, il filera donner un coup de graff à La Rochelle avant de rejoindre Nîmes. Entre-temps, petit crochet par le métro parisien. Celui qui a élu domicile à La Réunion - où il est arrivé avec ses parents à l’âge de 9 ans - est visiblement à l’aise partout ; il a intérêt, lui qui a fait de son nom d’artiste et des personnages oranges qu’il a inventés à La Réunion en 1992, les meilleurs des passeports pour l’international. 

Les Gouzous de Jace à l'assaut de l'espace métropolitain !
Les Gouzous de Jace à l'assaut de l'espace métropolitain ! ©Outre-mer la 1ère

Le bon esprit d’escalier

C’est que, mine de rien, au gré des humeurs qu’il donne à ses créatures privées d’expressions et de traits, il est devenu célèbre, Jace ! Ses fameux Gouzous lui assurant désormais une renommée mondiale qui n’a pas franchement l’air de lui monter à la tête. Et il n’y a qu’à voir la façon dont il entreprend son travail dans cet escalier de la station Hôtel de Ville pour s’en rendre compte.


Ses yeux malicieux derrière ses lunettes, fusant juste sous son bonnet et au-dessus de son masque, pétillent comme ceux d’un gosse ayant fait une bonne blague. Autre témoin de ce bon esprit, la complicité affichée avec deux autres graffeurs Mouarf (de Notorious Brand qui amené le projet à Jace) et Renzo, venus lui prêter main forte. 

Jace et Mouarf, venu lui prêter main forte
Jace et Mouarf, venu lui prêter main forte ©Outre-mer la 1ère

Du clandestin sur commande

Un héritage peut-être des jeux du chat et de la souris qu’il a joués avec les autorités, à La Réunion et ailleurs, comme tout bon graffeur qui se respecte. Le masque et la préservation jusqu’à maintenant de sa réelle identité font aussi partie du jeu. Et il a beau répondre à un travail de commande, loin de sa base de l'Océan Indien, on sent que le plaisir est le même que pour ses projets personnels.

Des Gouzous en marches 

Jace : mission accomplie !
Jace : mission accomplie ! ©Outre-mer la 1ère

À l’arrivée, un nouveau challenge relevé même si le coup des escaliers, il n’est pas assuré que Jace le refasse de sitôt ! L’artiste est exigeant et le résultat final n’est pas tout à fait à la hauteur de ses attentes. Ce que contredira l’œil - et l’Oreille... - amateurs de belles choses qui auront assisté à la naissance de ces Gouzous dans le métro.
La légère insatisfaction passée, Jace retirera tout de même 100% de plaisir à l’idée, plusieurs fois énoncée, que les usagers du métro passeront tous les jours au milieu même de son œuvre, la rendant du même coup, vivante ! Reste à savoir combien de temps survivra-t-elle au passage des milliers de personnes qui emprunteront cette bouche de métro… 

Il est 5 heures, les Gouzous s'éveillent...
Il est 5 heures, les Gouzous s'éveillent... ©DR

Écoutez l’Oreille est hardie avec Jace

L’homme n’est pas forcément coutumier des interviews-révélations. Mais si vous voulez l’entendre répondre aux questions qui concernent sa façon d’envisager l’art et le street art en particulier… Si vous voulez l’écouter évoquer sa Réunion chérie et sa relation avec cette terre et ses habitants… Si vous voulez comprendre pourquoi son nom d’artiste, comment un garçon sans histoire de 16 ans décide de faire le mur en le taguant ou saisir l’origine de ses Gouzous, eh bien… 
Écoutez le graffeur Jace se raconter dans l’Oreille est hardie, c’est par ICI !

Ou par là : 

Et pour admirer en vrai l’œuvre de Jace réalisée au cours de cette performance sur deux nuits, rendez-vous métro Hôtel de Ville (sortie rue du Temple) à Paris. Et cliquez ICI pour en savoir plus sur les Gouzous et Jace.