Le Guyanais Damien Inglis et le Martiniquais Mathias Lessort remportent l'Eurocoupe de basket avec Monaco

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Monaco célèbre sa victoire. Deuxième à gauche, le numéro 7, le Guyanais Damien Inglis. A sa gauche, le numéro 26 Damien Lessort. ©ASMB

Damien Inglis et Mathias Lessort ont signé avec Monaco, vendredi à Kazan une entrée fracassante dans la cour des grands du basket français en remportant l'Eurocoupe, la petite soeur de l'Euroligue, compétition reine du basket européen où les joueurs de la Principauté évolueront l'an prochain.

Pour le Guyanais Damien Inglis, 25 ans et 2m03, et pour le Martiniquais Mathias Lessort, 25 ans et 2m06, c'est un rêve eveillé. Avec leur club, Monaco, ils ont remporté l'Eurocoupe de basket. En finale de l'Eurocoupe, vendredi 30 avril, Monaco a dominé le club russe de Kazan et son armada de joueurs américains tels que Isaiah Canaan ou Jordan Theodore, pour remporter le match retour sur les rives de la Volga 86 à 83, après un succès en Principauté 89 à 87.

Au panthéon du basket    

Deux victoires à zéro, voilà Monaco qui rejoint par la très grande porte le panthéon du basket français, succédant au CSP Limoges, dernier vainqueur de la deuxième Coupe d'Europe en 1988. A l'époque, la compétition s'appelait encore Coupe Saporta et les Limougeauds avaient battu Badalone sur une manche sèche 96 à 89.

Mathias Lessort
Mathias Lessort, vendredi après la victoire en finale de l'Eurocoupe ©Maksim Bogodvid / Sputnik / Sputnik via AFP

    

En prenant en compte toutes les compétitions européennes, y compris celles du 4e niveau créées dans les années 2000, seulement quatre clubs français avaient jusqu'ici remporté le titre: Limoges à cinq reprises dont l'Euroligue en 1993, Pau-Orthez, Nancy et Nanterre. Monaco élargit donc ce cercle très fermé.

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©Vitaly Timkiv / Sputnik / Sputnik via AFP

    
Irrésistible ascension

Lors de ce match retour, les Monégasques ont été en difficulté sous le panier, et ont raté de nombreux lancers francs. Mais comme pour le match 1 à Gaston-Médecin, ils ont montré un mental d'acier dans les moments décisifs. "Je pense que ça a été du grand basket, une grande performance. C'est ce qui est le plus important", a commenté l'entraîneur monténégrin de Monaco, Zvezdan Mitrovic, ravi de retrouver enfin du public et des fans pour assister à un match, même s'il s'agissait de plus de 5.000 fans de Kazan.

 

Pour Monaco, ce sacre européen est un aboutissement au terme d'une petite décennie d'une ascension fulgurante et irrésistible, favorisée par les investissements de l'homme d'affaires ukrainien Sergueï Dyadechko depuis de nombreuses saisons. En l'espace de neuf saisons, le club a joué en 4e division française, est remonté progressivement dans les divisions supérieures, s'est installé parmi les équipes de tête --trois Leaders Cup, trois fois en tête de la saison régulière de ProA puis d'Elite et deux finales de play-offs--, et s'est immiscé sur la scène européenne. Car en Coupes d'Europe, la Roca Team dans sa version des années 2010 avait déjà goûté aux frissons d'une finale européenne. En 2018, les joueurs de Zvezdan Mitrovic avaient cédé à Athènes contre l'AEK en Ligue des champions, le niveau en-dessous de l'Eurocoupe. Grâce à cette victoire en Eurocoupe, Monaco s'est montré sous son plus beau jour, à cinq mois de son entrée dans la compétition reine.
    

Après un retour en France et sept jours d'isolement en raison de la crise sanitaire, les Monégasques se lanceront dans le marathon de la fin de la saison régulière du championnat de France, où ils occupent la tête du classement et doivent encore jouer pas moins de seize matches avant la mi-juin.